Luttes sociales

Un rapport officiel confirme l’analyse du PCR sur l’aggravation de la pauvreté dans le pays

Politique et société

Témoignages.re / 25 janvier 2014

Dans un document remis jeudi au Premier ministre, François Chérèque et Simon Vanackere dressent un bilan contrasté d’un an de plan contre la pauvreté en France, qui suit une tendance « très préoccupante » selon l’IGAS (Inspection générale de l’action sociale). Un document qui pointe notamment des avancées « inégales » et souligne des évolutions « nécessaires ».

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Photo Toniox

Nous publions ci-après de larges extraits d’un article de presse paru à ce sujet en France car il confirme l’analyse du Parti Communiste Réunionnais sur l’aggravation spécifique de la pauvreté dans notre pays, dont François Chérèque avait été informé lors de son passage à La Réunion. Ce rapport confirme également la justesse des propositions spécifiques émises à cette occasion par le PCR pour combattre la pauvreté dont souffrent plus de la moitié des Réunionnais (contre 14,3% de la population en France). D’où l’importance du message exprimé ce jeudi par Yvan Dejean au nom du PCR suite aux vœux du Président de la République pour les Outre-mer…

L’évolution de la pauvreté en France suit une tendance « très préoccupante », estime l’ancien secrétaire général de la CFDT François Chérèque, aujourd’hui membre de l’Inspection générale de l’action sociale (IGAS), dans un rapport. Dans ce document remis jeudi au Premier ministre, l’ex-syndicaliste et un autre membre de l’IGAS, Simon Vanackere, évaluent les résultats d’un an de plan contre la pauvreté (61 mesures adoptées le 21 janvier 2013). Un plan, qui met l’accent sur la prévention, l’accompagnement, l’insertion et la gouvernance.
Dans la mise en œuvre du plan, « les avancées sont inégales » et « des évolutions sont nécessaires », estiment-ils cependant. En effet, si les chiffres les plus récents datent de 2011, la situation de la pauvreté se dégrade depuis lors, notamment sous l’effet de la conjoncture économique, écrivent François Chérèque et Simon Vanackere.

La situation s’est encore détériorée

En France, le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a atteint 14,3% (8,7 millions) en 2011, le taux le plus haut depuis 1997, après une élévation continue depuis 2004, expliquent-ils. Les témoignages d’associations et des chiffres plus récents mais parcellaires laissent penser que la situation s’est encore détériorée ces dernières années.
Ainsi, le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a augmenté de 6,8% entre juin 2012 et juin 2013, après une hausse de 3,1% un an auparavant, écrivent les deux auteurs. Selon la Caisse d’allocations familiales (CAF), le nombre de bénéficiaires du RSA atteignait environ 2,25 millions de foyers résidant en France et dans les DOM à fin septembre 2013.

Hausse massive des demandes d’aide

Les centres communaux et intercommunaux d’action sociale constatent une hausse massive des demandes d’aide, notamment financière, et le Secours catholique fait état d’une progression du nombre de personnes soutenues de 0,6% depuis 2012, tandis que la part des ménages sans aucune ressource augmente.
Les Restos du Cœur font, pour leur part, état d’une hausse de 5% des personnes accueillies entre les campagnes 2012 et 2013. La dégradation ces derniers mois des indicateurs de chômage de longue durée augure d’une augmentation du nombre de bénéficiaires des minima sociaux au cours des prochains mois, « et ce, indépendamment d’une éventuelle amélioration de la situation économique », ajoutent les deux inspecteurs de l’IGAS. Une situation qui touche de plus en plus d’enfants, en particulier ceux qui vivent dans des familles monoparentales.

Pour un « choc de simplification » pour l’accès aux prestations

Les auteurs du rapport formulent plusieurs recommandations pour améliorer la mise en œuvre du plan contre la pauvreté. Ils plaident ainsi pour un « choc de simplification » pour faciliter l’accès aux prestations sociales. « Une gouvernance et un système social trop complexes génèrent à la fois de l’exclusion sociale (...) et des dépenses inutiles ou redondantes », écrivent-ils. « Les premières victimes en sont les plus démunis ».
François Chérèque et Simon Vanackere recommandent également de porter une attention particulière en 2014 à l’insertion par l’activité économique (IAE).


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