Luttes sociales

« Une autre réforme est possible »

Manifestation à Saint-Pierre

Sophie Périabe / 25 juin 2010

Près de 2.000 personnes, selon l’intersyndicale, se sont rassemblées devant la Mairie de Saint-Pierre hier matin pour manifester contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement. L’objectif est atteint pour les organisateurs, et « ce n’est qu’un début », assurent-ils.

Chants, slogans, banderoles, menés par la CGTR en tête de cortège, les grévistes ont arpenté la ville de Saint-Pierre. CGTR, CFDT, CFTC, UNSA, Solidaires, FSU, organisations politiques, associations, l’intersyndicale a su mobiliser les troupes pour cet appel à la grève nationale contre la réforme des retraites. Selon eux, « une autre réforme est possible, il faut arrêter de mentir à la population ». Et les syndicats entendent bien créer un rapport de force pour empêcher l’adoption de cette réforme, qui s’est faite dans une « pseudo » concertation.
« Il ne faut surtout pas tomber dans le fatalisme », prévient Max Banon, porte-parole de l’intersyndicale. Les grévistes réclament donc de vraies négociations.
Repousser l’âge de la retraite à 62 ans est une aberration, selon les syndicats, « déjà que la majorité des séniors ne trouvent pas de travail et, dans le même temps, 1/3 des jeunes diplômés à La Réunion sont sans emploi. En 2016, ce sont un million d’emplois qui ne seront pas ouverts aux jeunes car les parents devront travailler plus longtemps », précise l’intersyndicale.
La pénibilité du travail n’a pas été prise en compte également, « on est loin du départ anticipé à taux plein et en bonne santé ».
Les fonctionnaires seront aussi concernés (+2,7% sur les cotisations), « les femmes avec 3 enfants n’auront plus la possibilité de partir à la retraite après 15 années de service. L’alignement des droits se fait par le bas ».

Prendre en considération les spécificités réunionnaises

Les syndicats proposent de prendre en compte les spécificités de la population réunionnaise. En effet, « 40% des pensionnés sont au minimum vieillesse et les jeunes connaissent un taux de chômage supérieur à 50% ». Dans sa plate-forme de revendications, l’intersyndicale réclame la pérennisation du système actuel de retraite basé sur un régime par répartition, « un système solidaire ». « Nous réclamons le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, avec une retraite décente pour chaque salarié ». Il faut donc rechercher d’autres financements, « en taxant notamment les revenus financiers des entreprises, les stocks options. Chaque retraité doit percevoir une pension supérieur au SMIC net ».
Pour Max Banon, il faut créer le rapport de force maintenant, « l’intersyndicale se réunira la semaine prochaine pour décider des actions à venir et maintenir la pression ». Le 13 juillet, l’avant-projet doit être examiné en Conseil des ministres et sera soumis au vote de l’Assemblée nationale au mois de septembre. La mobilisation reste donc de mise et « le combat continuera jusqu’à l’abandon de ce projet dans sa forme actuelle ».

 Sophie Périabe 



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  • La mobilisation reste donc de mise et « le combat continuera jusqu’à l’abandon de ce projet dans sa forme actuelle ». donc sous une forme cette réforme qui a déjà coûté beaucoup aux travailleurs serait admise. Ne serait pas plus simple de demander tout simplement le retrait purement de ce projet de loi, l’accepter sous une autre forme quelconque, c’est déjà admettre qu’il est négociable....

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