Luttes sociales

Une baisse des prix de 35% est possible

L’ARCP présente une enquête pour dénoncer des dérives et les marges abusives

Témoignages.re / 24 septembre 2011

Puisque la lutte pour le pouvoir d’achat doit s’appuyer sur les deux facteurs essentiels que sont les prix et les revenus, l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté compte bien maintenir la pression.

Ce vendredi une partie des acteurs de l’ARCP donnaient une nouvelle conférence de presse sur les conséquences de l’aggravation de la pauvreté à La Réunion. Ils ont effectué une enquête portant sur les prix dans la grande distribution avec pour objectif de démontrer les abus. Les conclusions sont sans appel : il est possible de baisser les prix d’au moins 35% en dehors d’une remise en cause des taxes et des coûts d’approvisionnement, c’est-à-dire rien qu’en baissant des marges que l’observation permet dévoiler le caractère abusif.
En tout 12 enseignes de l’Est, du Nord et de l’Ouest ont été visitées, avec comme étalon une liste de plus de cent produits de consommation courante. C’est une équipe de trois personnes qui a sillonné l’île dans la semaine du 5 septembre afin de recueillir le maximum d’éléments de comparaison.
Le constat est édifiant, d’énormes disparités sont constatées d’un lieu géographique à l’autre, d’une enseigne a l’autre et trop souvent au sein de la même marque, tout en précisant que les prix en promotion ne sont pas prises en compte dans les analysent.
Les exemples sont nombreux, et hier l’ARCP en a présenté quelques-uns sous forme de tableaux.
Et de commencer par un produit pays : l’escalope de dinde par six de Crête d’or est a 10,19 euros au magasin Leclerc de Saint Benoit, alors qu’il est a 12,74 euros dans les magasins de Carrefour Sainte-Suzanne et Sainte-Clotilde, soit un écart de 20,02%. Pour les membres de l’ARCP, rien n’explique une telle différence de prix. Prenons un aliment pour bébé, la farine bébé 5 céréales Nestlé 400g croissance est à 3,19 euros dans les magasins Leclerc de Saint Benoit, Sainte-Marie, Savanna Saint-Paul, mais est beaucoup plus chère à Jumbo Sainte-Marie de 4,45 euros soit un écart de 39,50%. Sur l’ensemble des comparaisons, seulement cinq produits ne font pas apparaître de variation.
Pour L’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté le constat est fait « que les prix sont pratiqués a la tête du client et la grande vigilance de la part des consommateurs et consommatrice s’impose encore plus ».


Les prix COSPAR maintenus sous la pression de la population

L’autre volet de l’enquête était accès sur un échantillon de 75 produits de la liste COSPAR, l’ARCP voulait observer l’évolution des prix dans les magasins de la signature de l’accord à aujourd’hui. Là aussi, si cela change d’une enseigne à l’autre, mais d’après les membres de l’ARCP, il y a globalement une stabilité, ce qui fait dire aux militants que la pression de la population joue dans le bon sens.
« Dans les magasins de Leclerc, Jumbo et Carrefour, sur un panel de 66 produits, nous pouvons constater que 23 augmentent, et 35 ont continué à baisser et 8 reste stable. Globalement les magasins Leclerc jouent mieux le jeu pour l’instant ». Une affaire à suivre…


Vigilance face au chariot type de la préfecture.

En 2006 et 2007, une grande mobilisation d’associations, de syndicats, de politiques avait permis d’imposer l’installation de l’Observatoire des prix et des revenus. Une des autres revendications était la mise en place du chariot type. Il propose une photographie, à un moment donné, des prix pratiqués dans les rayons fréquentés par les consommateurs, dans des grandes surfaces à travers l’île, sur des produits de grande consommation. Ces relevés doivent être rendus publics tous les deux mois environ. L’ARCP constate que depuis le 20 mai 2011, la préfecture ne respecte plus les préconisations de l’arrêté concernant le relevé du Chariot type.
L’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté avait contesté à plusieurs reprises la méthodologie, elle avait néanmoins observé une amélioration de l’outil dans les relevés du mois de mai.
Toutefois « les résultats qui sortiront des travaux de la préfecture sur les chiffres du mois de septembre devront faire l’objet d’une attention particulière de la part de la population », note l’ARCP. Cette dernière ne manquera pas dans les jours à venir de comparer les résultats officiels avec les siens.


Les prix des carburants : non à l’augmentation, oui à la baisse

Décidément, le coup de la ridicule baisse du mois de septembre ne passe toujours pas, et par conséquent l’ARCP demande au préfet d’éviter toute hausse au 1er octobre prochain.
En effet la conjoncture du mois d’août pour la fixation des prix des produits pétroliers au 1er septembre était extrêmement favorable. Mais le Préfet, contrairement à la demande justifiée de l’ARCP, avait décidé de stabiliser les prix et ne pas répercuter la baisse qui aurait dû être aux alentours de 15 centimes par litre. En plus, l’autorité préfectorale a augmenté le prix de la bonbonne de gaz. L’ARCP avait crié au scandale
Elle fait le constat aujourd’hui que les facteurs conjoncturels se sont dégradés, avec un euro en chute par rapport au dollar et un baril de pétrole en hausse. Mais l’ARCP retient l’injustice du mois de septembre et demande le rétablissement du juste prix aux 1er octobre. Pour eux le Prefet de La Réunion doit impérativement annoncer une baisse. La justice doit être rendue et l’erreur corrigée, donc pas question d’invoquer des éléments de conjoncture pour remplir les poches des pétroliers sur le dos de la population.


27 septembre : tous aux rassemblements de l’intersyndicale

Devant l’aggravation de la situation sociale et pour faire face à la baisse programmée du pouvoir d’achat des travailleurs, l’ARCP soutient l’appel de l’intersyndicale.
« La disparition du bonus COSPAR ainsi que le RSTA entraineront pour certains salariés une baisse allant jusqu’à 150 euros nets au 31 décembre de cette année », l’ARCP dit non à cette injustice.
Un autre constat, c’est la non-application du bonus pour les emplois aidés et autres contrats de droit privé exerçant dans les établissements publics et associations, cela concerne plus de 30.000 salariés. L’État ne joue pas sont rôle et refuse la justice sociale envers les plus pauvres, une raison de plus d’être présent dans la manif de l’intersyndicale. Une fois de plus l’ARCP monte au créneau pour dénoncer la cherté de la vie a La Réunion.


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