Luttes sociales

Une employée kouraj

Nadine : serveuse

Jean Fabrice Nativel / 11 avril 2012

La di « Jessica na kouraj » ! Mi peu di a zot ke Nadine osi « na kouraj ». A la pou kosa !

“Témoignages” est le miroir de la société réunionnaise que l’on veuille ou non. La semaine dernière, nous a rencontrés cette femme harcelée par un collègue de bureau. On peut vous dire que les choses avancent. Ces agissements ne resteront pas impunis.

Debout avant le soleil

Aujourd’hui, on rencontre Nadine, “Une femme courage”. Pourquoi me diriez-vous ? Et bien tout simplement parce que depuis 4 heures du matin, elle est debout pour minuter sa journée : sa préparation, celle des enfants… et mettre un peu d’ordre dans l’appartement.

Nadine travaille tantôt dans un camion bar "7 jours sur 7", tantôt dans un restaurant pour le compte du même patron. Ce weekend, elle était de service. Le monde au bar et à table abondait en ces jours de fête. Fête pour les clients mais pas pour cette jeune femme.

"7 jours sur 7"

La mère de famille prenait les commandes, confectionnait les sandwichs variés, encaissait l’addition, tenait à jour le stock, passaient le balai… accompagnait les clients saouls à la porte. Et ce jusqu’au lever du jour. C’est dire qu’elle est rentrée chez elle lundi matin pour être opérationnelle dans l’après-midi même.

Des grillades étaient au menu. Comme la veille, les personnes affluaient. A Nadine de répéter les mêmes gestes. C’est comme cela du lundi au dimanche. En effet, elle bosse à mi-temps et ses horaires ont été planifiés du lundi au dimanche. Il arrive selon le bon vouloir de son patron qu’il lui accorde un jour entier de repos hebdomadaire. Tout dépend de son humeur.

Enfin aux petits soins

Arrivée chez elle en fin d’après-midi, elle se donne un temps pour accompagner ses bambins dans leur scolarité. Puis, il y a le linge à laver et repasser, le repas à mijoter, les enfants à dorloter avant le dodo. Vers 22 heures, Nadine peut enfin prendre soin d’elle. A peine, elle s’endort dit-elle « le jour pointe ».

Bien que les journées soient éprouvantes, Nadine aime son métier de serveuse. Lorsqu’elle s’est formée et a signé son contrat, elle savait ce qui l’attendait. La paie suit explique-t-elle. Les clients laissent aussi des pourboires. Ils sont aussi réglo avec nous, indique-t-elle.

L’esprit de famille

Ah ! Avant d’oublier. On tient à préciser que chaque jour, elle quitte le chef-lieu pour une ville de l’Est. Un membre de sa famille moyennant un dédommagement l’accompagne et vient la rechercher matin et après-midi. Une manière pour elle d’arriver à l’heure sur son lieu de serveuse et au foyer.

Son souhait est aujourd’hui de trouver le même emploi mais cette fois-ci à proximité de son domicile. Son job, elle l’apprécie. Mais elle constate qu’elle fatigue. Un trajet long plus des journées à 100 à l’heure, ça use. Elle est quasiment debout depuis son arrivée jusqu’à son départ.

Vous avez compris pourquoi Nadine « na kouraj » ? Bientôt, des vacances méritées.

JFN


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