Luttes sociales

Une loi « sans substance, ni ambition »

Mobilisation des syndicats contre le projet de refondation de l’école

Céline Tabou / 29 janvier 2013

L’intersyndicale Education a tenu une conférence de presse dans les locaux de la CGTR à Saint-Denis. A cette occasion, les trois représentants de l’intersyndicale ont demandé le retrait du projet de loi sur la refondation de l’école, dont le décret sur les rythmes scolaires.

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La CGTR Educ’action, Saiper Pass 974, CFTC Education, SNE FGAF, Fnec FP FO, Action démocratie et Sud Education ont également annoncé l’organisation d’une grève le 31 janvier et d’actions à venir.

Patrick Corré, Stéphane Chekouri et Anthony Payet ont dénoncé une loi qui « manque de substance et d’ambition et est sur certains aspects dangereuse pour le service public national d’éducation ».

En ce qui concerne le calendrier cyclonique, Patrick Corré a indiqué qu’il fallait « une réflexion collégiale avec l’ensemble des acteurs, Rectorat et enseignants, afin de débattre dans le fond. Le Rectorat a imposé un calendrier de plus en plus métropolisé » , a-t-il ajouté.

Une loi régressive

L’intersyndicale a dénoncé le projet de loi de Vincent Peillon, Ministre de l’Éducation, indiquant que « la loi tourne le dos à la régression mise en place par l’ancien gouvernement, il n’y a pas de rupture, ni de remise en cause de l’ancienne politique », dont la loi Fillon de 2005. Ces derniers ont pointé du doigt l’absence des RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) dans le 1er degré, le maintien de la réforme Bac pro 3 ans, contesté par les syndicats l’an dernier, de même que la réforme des lycées.

Les syndicalistes ont dénoncé « l’absence de concertation de la part du gouvernement. Les enseignants n’ont pas été consultés », a expliqué Stéphane Chekouri de la Saiper Pass 974. Pour l’intersyndicale, le gouvernement a décidé de présenter une proposition de loi, sans prendre en compte la taille des classes, les RASED, le calendrier cyclonique ainsi que les programmes scolaires.

Conscients des créations de postes, ces derniers regrettent qu’elles soient faites au détriment des autres secteurs de la fonction publique, « nous voulons que l’ensemble de la fonction publique soit pris en compte ». Les syndicalistes dénoncent un rythme scolaire « inacceptable, car cela ne règle pas le rythme de l’enfant ». « Les journées des élèves seront plus courtes de 6h à 5h30, mais la charge de travail sur la semaine reste la même », a expliqué Patrick Corré.

« Une politique électoraliste »

La gestion d’une demi-journée supplémentaire est à la charge des collectivités qui devront trouver des moyens pour pouvoir répondre aux besoins : transports et cantines scolaires. Dans un contexte de crise, l’État décharge sa responsabilité sur les collectivités. Les syndicalistes ont dénoncé la « désintox du gouvernement dans l’opinion publique. Ce n’est pas une question de mercredi ou de samedi matin, mais un problème de fond qu’est la territorialisation de l’Éducation nationale ». L’idée est de « faire évoluer l’école autour d’un projet éducatif territorial », a indiqué François Peillon dans sa circulaire.

Dans un tel cadre, l’enseignement se territorialise, de même que le périscolaire, qui sera à l’entière charge des communes. L’intersyndicale dénonce les inégalités qu’il va y avoir dans le domaine du périscolaire. En effet, certaines communes plus aisées auront la possibilité d’offrir des enseignements plus complets que d’autres, de même, le périscolaire pourra être tarifié auprès des parents selon les moyens des collectivités. « La qualité du périscolaire dépendra des finances des communes », a indiqué Patrick Corré.

De son côté, Anthony Payet, du Syndicat national des écoles (SNE), a dénoncé « la volonté du gouvernement d’acheter les mairies avec une enveloppe de 250 millions d’euros pour les 36.000 communes de France. D’autant que le décret sur les rythmes scolaires est l’arbre qui cache la forêt ».

Céline Tabou

FO appelle à la grève : Tous au Rectorat jeudi à 9 heures !

Hier, FO a diffusé un communiqué dans lequel elle appelle à la mobilisation jeudi pour le retrait du projet de refonte des rythmes scolaires.

Après la grève massive des enseignants à Paris (80% des enseignants et une école sur deux fermée) le mardi 22 janvier et les nombreux rassemblements qui ont eu lieu le mercredi 23 janvier dans toutes les inspections académiques, rectorats et au ministère à Paris, le Ministre Vincent Peillon s’est obstiné à présenter ses projets de destruction de l’école de la République au Conseil des ministres.

Ce samedi 26 janvier, le décret sur les rythmes scolaires est paru au Journal officiel !

Ce décret, c’est la territorialisation de l’école dont nous ne voulons pas !

Ni l’école, ni le lycée professionnel, ni l’orientation scolaire ne doivent passer sous la coupe des mairies ou Régions.

Les personnels refusent :

La double tutelle qui en découlerait,

L’école du socle de compétences au détriment des connaissances. L’enseignant ne serait plus prof de sa discipline "mais prof de socle",

Les contrats d’objectifs tripartites (État, établissement, collectivité).

L’école des territoires.

La FNEC FP-FO et les enseignants sont déterminés à obtenir le retrait du décret sur les rythmes scolaires et l’abandon du projet Peillon de régionalisation de l’école de la République !


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