Luttes sociales

« Une opacité totale » dans la fonction publique

Education nationale, police et justice

Correspondant Témoignages / 10 juin 2014

A l’occasion d’une conférence de presse, lundi 9 juin, Gilles Leperlier, président de Nou Lé Kapab (AJFER), Idriss Rangassamy, de GPX974 et Olivier Fontaine, fondateur du groupe « Les déportés de l’Education Nationale », ont exprimé les discriminations à l’embauche pour les Réunionnais.

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Conférence de presse de Nou Lé Kapab-AJFER, GPX974 et Collectif « Les déportés de l’Education Nationale ».

Une conférence de presse pour appeler à la mobilisation le 20 juin 2014, à 9h, devant la préfecture afin que dans le public et dans le privé, la priorité soit donnée aux Réunionnais. Gilles Leperlier a fait le point sur « la bataille pour la priorité à l’embauche des Réunionnais, six mois après le rendu du rapport du député-maire Patrick Lebreton », sur l’emploi des ultramarins dans leurs territoires, dans le secteur public et le secteur privé.

Une situation qualifiée par les trois hommes d’injustes, car « il faut l’emploi aux Réunionnais », a assuré un parent de professeur stagiaire, venu en soutien à la bataille menée par les organisations.

« La majorité des postes échappent aux personnes formées à La Réunion »

« Cela fait plus de six mois que le rapport Lebreton a été rendu à l’ancien ministre des Outre-mer, Victorin Lurel. Six mois que rien n’a changé et qu’aucune décisions n’a été prise », a constaté le jeune homme. Pour ce dernier, la situation est d’autant plus grave, car « pendant ces six mois, les choses se sont dégradées et des postes échappent toujours aux personnes formées à La Réunion ».

Suite à une rencontre avec le rectorat, Gilles Leperlier et Olivier Fontaine, professeur prochainement muté, ont fait état de 61 professeurs stagiaires envoyés dans des académies telles que Versailles et Créteil. Dans les secteurs de la santé et de la justice, « il y a une opacité totale », mais pour ce dernier une chose est certaine « on sait que la majorité des postes échappent aux personnes formées à La Réunion ».

Cette affirmation vient des messages reçus par « des anonymes, qui craignent leur hiérarchie. Parce que les personnes qui se sont mobilisées et exprimées ont subit des pressions diverses et variées ». Cependant, « une personne travaillant au tribunal de Saint Pierre, nous a envoyé un message pour nous dire que sur 15 personnes dans son service, une seule personne est réunionnaise ».

Revoir le système

Pour Olivier Fontaine, du groupe « Les déportés de l’Education Nationale », « il faut revoir tout le système et le réorganiser. Le recrutement doit être à la hauteur des postes disponibles à La Réunion ». Ce dernier a expliqué que pour cette année, « à l’issue de la période de stage, on a été affecté dans les académies. La quasi totalité a été mutée à Versailles, comme première affectation. Beaucoup on fait des demandes de révisions d’affectation ».

Ne souhaitant pas partir, les professeurs stagiaires ont fait une nouvelle demande d’affection, alors « le ministère a modifié le plan d’affectation pour certains des professeurs stagiaires de manière définitive ». « Le système est bizarre, il n’y a pas de clarté, ni de visibilité dans les chiffres », a expliqué Olivier Fontaine, précisant que lors de leur rencontre avec le rectorat, « les chiffres n’ont pas été fournit par matière ».

Ce dernier a dénoncé « l’académie qui recrute des contractuels en mathématiques, alors que les professeurs réunionnais ont été affecté à Versailles ». Sachant qu’il s’agit d’un concours national, Olivier Fontaine souhaite que « la situation personnelle des agents soit plus prise en compte dans le second degré ».

Revoir le Centre des Intérêts Moraux et Matériels

Concernant la police nationale, Idriss Rangassamy a expliqué que l’ancienneté administrative est toujours prise en compte et non l’ancienneté de la demande. « On se bat pour que les postes ouverts à la mutation soit ouvert aux originaires. Mais le système ne le permet pas ».

Le groupe des « Gardiens de la PaiX » (GPX) de La Réunion veut sur l’ancienneté de la demande soit prise en compte dans les affectations, et non l’ancienneté administrative, car « nous avons aujourd’hui une police vieillissante, des agents proches de la retraite qui prennent des congés et des arrêts de maladie ». Une situation aberrante pour Idriss Rangassamy qui dénonce « une police qui ne représente pas la population ».

Déçu par le député-maire Patrick Lebreton, le GPX974 attend « un texte de loi de sa part ». « Patrick Lebreton a pris toutes les revendications mot à mot de notre collectif mais on attend des réponses concrètes. Un texte de loi, une circulaire, pour légiférer sur le Centre des Intérêts Moraux et Matériels » (CIMM), a expliqué Idriss Rangassamy. Ce dernier a mis en avant « le manque de 200 postes à La Réunion. On veut une police qui connait le tissu local, qui représente la population et qui est un tremplin pour ceux qui ne travaillent pas ».

Pour l’heure, près de 400 Réunionnais attendent de revenir à La Réunion, « un chiffre derrière lequel, il y a des familles en souffrance », a ajouté Gilles Leperlier, pour qui « le système doit être le même pour tout le monde. Il ne peut pas y avoir un poids deux mesures. Il faut l’égalité des chances pour tous ».

Correspondant


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