Luttes sociales

Une « organisation d’un système de type mafieux » du Port Réunion

Assemblée générale de la CGTR Ports et Docks

C.T. / 17 janvier 2014

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Preuves à l’appui, Danio Ricquebourg a démontré à l’ensemble des dockers présents la manière dont les patrons des trois compagnies sur le Port parviennent à engranger des bénéfices au détriment de la sécurité des travailleurs.

Lors d’une assemblée générale devant le Port Est hier matin, Danio Ricquebourg, secrétaire adjoint de la CGTR Port et Docks, a lu les deux audits financés par l’Etat concernant la gestion financière et organisationnelle de la SERMAT.

Un constat. Les deux audits financier (rédigé par Crowe Horwath) et organisationnel (rédigé par LALA et JuriStrategies) donnent raison à la lutte menée par la CGTR Port et Dock depuis plus d’une vingtaine d’années. De plus, les dénonciations faites à plusieurs reprises par les syndicalistes ont été avérées par ces deux rapports.

Protéger l’emploi sur le Port Réunion

Ces audits ont été financé par le préfet à hauteur de 30.000 euros, alors que « c’est l’argent du contribuable », a indiqué Danio Ricquebourg, devant un parterre de dockers, venu prendre connaissance de ces rapports, issus de l’accord signé en mai 2013 après 18 jours de mobilisation contre l’externalisation complète de la maintenance et le licenciement de 19 personnes.

Ces audits doivent servir de base aux prochaines discussions entre la CGTR et les sociétés de manutention, « donc aujourd’hui toute tentative de passage en force (du patronat, ndlr) aura une riposte immédiate de tous les camarades de La Réunion et de France », a assuré le secrétaire adjoint de la CGTR Port et Docks. Ce dernier a d’ailleurs précisé que certains des patrons présents lors de la médiation menée par M. Séry, avaient annoncé qu’ils se plieraient aux conclusions de ces deux audits, mais « aujourd’hui, c’est un silence de plomb ».

Pour les syndicalistes, l’accord signé a pour objet l’emploi durable et décent sur le Port, car l’important est que « les travailleurs réunionnais, qui assument tous les postes d’encadrement jusqu’au chef d’exécutant, continuent à faire leur travail », mais aussi « pour que l’argent dépensé, l’argent des travailleurs, ne soit pas versé dans la poche de certains messieurs ou de certaines entreprises ou des groupes ».

Le but des syndicalistes de la CGTR SERMAT, représenté par Raphaël Gossart et Didier Thomas, et CGTR Port et Docks était également de « notre outil dans le Port et sous l’autorité et la gestion des réunionnais ». « La Réunion est une île où le marché est fermé, il est évident que tous les audits commandés par les patrons sont toujours à l’avantage des patrons », a déploré Danio Ricquebourg. Cependant, ces deux audits publiés en décembre 2013 mettent en évidence des anomalies sur le Port, car selon l’expert organisationnel, il y a « sur ce Port, l’organisation d’un système de type mafieux », des propos tenus devant le préfet Jean-Luc Marx.

Une gestion douteuse du personnel

Un système révélé en partie par les expertises, qui montrent un fonctionnement d’encadrement de la SRMP douteux. En effet, les rôles de deux représentants de la SRMP n’ont pas pu être défini par l’expert, qui a dû insister pour connaitre la fiche de poste de ces derniers. En vain, eux-mêmes n’ayant pas connaissance de leur fiche de poste, il semblerait, selon la synthèse fournie par la CGTR Port et Docks, « que leur apport soit limité à la passation et au suivi des commandes de pièces détachés ».

Autre exemple fourni à la presse et expliqué par le syndicaliste, « la semaine dernière, un travailleur, chef d’équipe, reçoit la visite d’un encadrement KALMAR - je ne dis pas un technicien », qui stipule au travailleur de noter 98h au lieu de 30h réalisé par le cavalier. Refusant, l’encadrant lui répond : « je sais mieux que toi, je viens de la métropole ». Le travailleur persiste, alors l’encadrant le menace : « à partir de maintenant, je te surveille ». Un exemple récurrent, notamment en juin 2013, où une plainte a d’ailleurs été déposée pour harcèlement moral, comme cette semaine.

De plus, la sécurité dans les différents locaux des entreprises n’est pas assurée. Danio Ricquebourg, preuve à l’appui, dénonce des failles dans la sécurité à travers des câbles défectueux, des câbles électriques à terre en dépit de l’eau inondant le sol, des pressions morales et d’autres incidents. D’ailleurs, « certains salariés ont été isolés de leur communauté de travail d’origine », entrainant des risques sur la santé des salariés.

 SaiLin  


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