Luttes sociales

Une pauvreté de plus en plus intense

Baisse du niveau de vie en France

Céline Tabou / 10 septembre 2014

Une récente enquête de l’INSEE met en évidence le recul du niveau des Français en 2012 et une augmentation de « l’intensité de la pauvreté ». En 2012, 8,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire, soit sous les 987 euros par mois fixés par convention.

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Evolution de quelques niveaux de vie en France. Depuis 2011, c’est la régression, le niveau diminue même pour les plus pauvres.

En 2012 en France, 8,5 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté, à titre de comparaison, l’INSEE a indiqué que « pour une personne seule, le socle du revenu de solidarité active (RSA) s’élève à 475 euros », soit 512 euros en dessous du seuil de pauvreté. Idem pour l’allocation de solidarité pour personnes âgées (ASPA) fixée 777 euros au 1er avril 2012, soit 210 en dessous du seuil de pauvreté.
L’ensemble de ces montants fixés par les autorités sont appliqués à La Réunion, où les prix sont plus élevés qu’en France. Une des causes est l’indexation mise en place depuis plusieurs décennies. Ainsi, le seuil de pauvreté à La Réunionnais laisse présager une intensité de la pauvreté plus importante qu’en France.

Recul du niveau de vie

Dans sa note, l’institut montre qu’en 2012, le niveau de vie médian de la population s’est élève à 19.740 euros annuels, soit 1.645 euros par mois. Il s’agit d’une baisse de 1,0% en euros constants par rapport à 2011. « Toute l’échelle des niveaux de vie est en recul, mais de manière plus marquée en bas et en haut de la distribution », a indiqué l’institut.
Ainsi, les 10% des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10.610 euros par ans. Et les 10% les plus aisées disposent d’au moins 37.430 euros par an, soit 3,5 fois plus. La pauvreté concerne en 2012 8,5 millions de personnes, soit 13,9% de la population, après 8,7 millions en 2011 (14,3%). « Le taux de pauvreté se réduit un peu mais ce n’est pas le signe d’une hausse du niveau de vie des moins favorisés », a expliqué à l’Agence France Presse, Jérôme Accardo, responsable des ressources et conditions de vie des ménages à l’INSEE.
L’enquête « Revenus fiscaux et sociaux » de l’INSEE explique que le recul du taux de pauvreté au seuil 987 euros « s’inscrit dans un contexte où ce niveau de vie médian recule lui-même de 1,0% ». De fait, cette diminution n’en est pas une, car « il n’est pas le signe d’une hausse du niveau de vie des catégories les moins favorisées ».
Jérôme Accardo a indiqué qu’il « serait plus satisfaisant de voir tous les revenus augmenter », car bien qu’en 2012, « les revenus des plus riches ont certes diminué, mais ceux des plus pauvres également ».

Une pauvreté plus intense

« La moitié des personnes pauvres vivent avec moins de 784 euros par mois, soit, en euros constants, un niveau qui n’avait pas été aussi bas depuis 2006 » précise l’INSEE. L’intensité de la pauvreté augmente, le niveau de vie des personnes pauvres est relativement plus éloigné du seuil de pauvreté. L’intensité passe de 19,1% en 2011 à 20,5% en 2012. L’institut précise que « le taux de pauvreté au seuil de 50%, qui cible une population plus pauvre que le taux au seuil de 60% (seuil européen) passe d’ailleurs de 7,9% en 2011 à 8,1% en 2012 », montrant que le niveau de pauvreté est bien plus important.
"Les plus pauvres ont eu en 2012, un niveau de vie particulièrement bas », sur fond notamment de forte hausse du chômage, a précisé Jérôme Accardo. La pauvreté est plus forte au sein des familles monoparentales, en raison de la baisse des revenus d’activité, qui devrait perdurer dans un contexte où les prestations sociales sont peu revalorisées.
L’INSEE explique que les personnes les moins favorisées ne sont plus seulement des adultes pauvres, car le nombre de chômeurs augmente, passant de 8,9% à 9,7% de la population active de France métropolitaine entre les quatrièmes trimestres 2011 et 2012.
Toutefois, le taux de pauvreté des chômeurs diminue de 1,7 points (de 38,9% en 2011 à 37,2% en 2012). Ce qui s’explique par la modification du profil des chômeurs qui ne sont pas seulement en emploi précaire, mais aussi diplômés, et donc mieux indemnisés. La revalorisation des pensions de retraite qui a permit une diminution de la pauvreté chez les retraités.


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