Luttes sociales

“Une personne, un mandat, une indemnité” : le débat est ouvert

Après le Festival international de la jeunesse

Manuel Marchal / 18 juillet 2011

Parmi les cinq résolutions adoptées par le Festival international de la jeunesse, une concerne la gouvernance. Le mot d’ordre "une personne, un mandat, une indemnité" ne laisse pas indifférent. Le débat est ouvert.

Le 18 juin dernier, le comité de pilotage du Festival international de la jeunesse réunionnaise organisait la première action de sensibilisation du FIJR. Des banderoles ont été déployées sur les grilles de plusieurs institutions situées à Saint-Denis, pendant que la population recevait des tracts sur lesquels figuraient les propositions des jeunes pour la gouvernance.
Sur l’une de ces banderoles, un mot d’ordre : "une personne, un mandat, une indemnité". C’est cette même banderole qui ornait le podium du Festival jeudi dernier à Saint-Louis.
Ce mot d’ordre est traduit dans une des cinq résolutions adoptées par le FIJR. Manifestement, c’est celui qui, aujourd’hui, ouvre le débat.
Dans son éditorial de samedi, le "Journal de l’île de La Réunion" a décidé d’entrer dans ce débat, à sa manière, en ciblant des élus. Citant "Témoignages" qui indique que « les jeunes veulent un changement dans la politique », le "JIR" compare cela à « un vœu pieu que ces mêmes jeunes auront bien du mal à faire passer auprès des élus réunionnais, à commencer par les invités au festival ».
Puis notre confrère met en évidence quelques situations personnelles dans différents secteurs de l’échiquier politique réunionnais. Et son propos se termine par un appel à la mise à l’écart d’Elie Hoarau et Paul Vergès. Mais pas de contribution constructive, c’est à se demander si le "JIR" ne cherche pas à tenter de fermer tout de suite le débat (voir encadré).

Cumul des mandats ?

La proposition des jeunes part d’une situation concrète. L’organisation des pouvoirs publics fait qu’il est possible pour une seule personne d’avoir plusieurs mandats électifs et de cumuler des revenus tirés de ces mandats.
C’est dans le cadre de cette loi que des élus assument des mandats aujourd’hui. À La Réunion, ils sont un certain nombre à en assumer plusieurs simultanément, à percevoir des indemnités allant jusqu’au plafond, reversant éventuellement le surplus à d’autres élus selon la règle de l’écrêtage. La semaine dernière, la majorité sénatoriale avait refusé de remettre en cause cette dernière règle, ce qui aurait limité le montant des indemnités. Ce refus de la Haute assemblée montre toute la difficulté de mettre fin à une conséquence du cumul des mandats.
C’est cette dernière citadelle que les jeunes proposent de faire tomber, en remettant en cause une loi qui permet à une personne de cumuler mandats et indemnités. Alors, pour cela, ils inscrivent cette proposition dans leurs revendications. Cela donne donc la possibilité à chacun de s’exprimer sur cette question.
Un débat s’ouvre, et gageons qu’il puisse être fructueux.

Manuel Marchal


Ne pas fuir le débat

Vendredi, le "Journal de l’île de La Réunion" a réagi au débat lancé par les jeunes dans son éditorial. Ce dernier ne permet malheureusement pas de connaître l’opinion de notre confrère sur le mot d’ordre "une personne, un mandat, une indemnité".
Que pense-t-il du mot d’ordre des jeunes dans le contexte de La Réunion ? Le "JIR" est-il d’accord, pas d’accord ?
Le débat est ouvert, il est donc essentiel de ne pas le fuir.


“L’insertion des jeunes dans les instances de décisions”

Voici la résolution sur la gouvernance adoptée par le Festival international de la jeunesse.

Considérant les jeunes comme des acteurs de la société ayant une place primordiale à prendre dans les instances de décisions, d’autant que ce sont eux, demain, qui auront à diriger le pays,
Considérant le trop peu de jeunes qui intègrent aujourd’hui les instances de décisions,
Considérant le travail de toute une population, de tous les âges, plus fructueux que la confrontation des générations,
Considérant les décisions mises en place par les responsables politiques pour les jeunes ne prenant pas en compte les opinions de ces derniers pour la mise en œuvre et l’application de celles-ci,
Considérant qu’être jeune ne trouve pas la même signification selon les générations,
Considérant la part importante que représentent les jeunes dans la population réunionnaise, soit 35%,
Considérant que les jeunes sont capables de prendre des décisions et de refléter la réalité de ce qu’ils vivent quotidiennement,
Considérant qu’il est primordial que les jeunes puissent participer aux processus de décisions,
Considérant la gouvernance comme étant l’affaire de tous et donc des jeunes qui sont l’un des piliers fondamentaux de la société,
Considérant le cumul des mandats, au-delà d’une perte d’efficacité comme une habitude qui confisque le pouvoir dans les mains de quelques-uns, au détriment d’autres,

Les jeunes, réunis le 14 juillet 2011, à Saint-Louis de La Réunion, lors du Festival international de la jeunesse réunionnaise :

- demandent à ce que l’on favorise l’insertion des jeunes âgés de 18-35 ans dans les instances de décisions ;

- rappellent leur attachement à la démocratie représentative ;

- soulignent que les jeunes ont leur voix à porter et qu’il faut des organisations connues et reconnues permettant à la jeunesse de s’exprimer ;

- recommandent avec insistance la fin du cumul des mandats.



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Messages






  • Le thème du cumul des mandats est présent dans les débats dans beaucoup de pays dont la France et la Belgique.

    Une étape importante pour favoriser les avancées politiques sur le sujet me semble de mettre en évidence les différents cumuls des politiques. Et je ne parle pas que des cumuls de fonctions politiques mais aussi les cumuls avec des fonctions dans des sociétés privées (administrateur,...).

    En Belgique une loi oblige les mandataires à déclarer annuellement l’ensemble de leurs mandats, fonctions et professions. Cela a permis de créer le site Cumuleo http://www.cumuleo.be dans lequel on retrouve pour chaque mandataire toutes ces informations.

    A quand la même chose pour la France, il y a urgence pour plus de transparence dans l’action politique.

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