Luttes sociales

Une question « d’heures ou de jours »

Menace d’actions à EDF et dans les centrales thermiques

Témoignages.re / 26 mars 2011

« Les salariés pourraient mettre en place des actions dans les prochaines heures ou les prochains jours », prévient Patrick Hoarau, secrétaire général à la CGTR EDF, lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 25 mars 2011. « Les négociations avec les directions (de la CGTR et de la Séchilienne SIDEC-NDLR) n’ont pas abouti », explique-t-il. « Les salariés sont exaspérés », ajoute-t-il.

Une nouvelle fois, des blocages d’agences et des délestages ne sont pas à exclure dans les prochains jours. En effet, même si les salariés n’ont pas encore arrêté « toutes les modalités d’actions » qui seront mises en œuvre, « on se dirige vers des actions similaires aux dernières semaines ». Les choses devraient se préciser dans les heures qui viennent. Une assemblée générale des salariés devait avoir lieu hier après-midi.

Cette décision a été prise suite à une série de réunions organisées entre la CGT et les directions d’EDF et de la Séchilienne SIDEC, en ce qui concerne La Réunion. « Les directions sont prêtes à accepter nos revendications si elles obtiennent un document juridique confirmant leur légalité », indique Patrick Hoarau. En clair, elles attendent la décision du Conseil d’État pour aligner ou non le salaire des agents EDF sur celui des fonctionnaires, soit une prime de vie chère de 53%, conformément à l’article 14 paragraphe 6 du statut national des industries électriques et gazières.

La haute juridiction administrative a été saisie par la Séchilienne SIDEC pour une interprétation de cet article. Problème, selon Patrick Hoarau, le Conseil d’État devrait déclarer « irrecevable » cette requête, confirmant ainsi une information publiée par Imaz Press Réunion le 12 mars dernier. « On se retrouve donc dans une impasse », commente le secrétaire général à la CGTR EDF.

Pourtant, le syndicaliste se dit « certain » du « bien fondé » de la revendication des salariés. « Plusieurs textes confirment que nous aurions dû bénéficier de la surrémunération de 53% depuis des dizaines d’années. Nous avons été truandés », s’emporte-t-il en brandissant un certain nombre de documents.

« Ces derniers mois, nous avons fait des efforts. Nous avons rétabli l’énergie à 100% aux centrales de Bois-Rouge et du Gol. Nous avons levé le blocage à la centrale du Port. Mais malgré notre volonté de faire avancer les négociations, les directions restent rigides », regrette Patrick Hoarau. « À un moment donné, il est clair qu’on va rentrer à notre tour dans une position rigide », dit-il en terminant.


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