Luttes sociales

Une table ronde pour rien ?

Conflit Séchilienne-Sidec/EDF

Sophie Périabe / 9 février 2011

Lundi, le Ministère de l’Industrie, la Séchilienne-Sidec, la CDE et la CGT se sont réunis autour d’une table à Paris. Au cœur des discussions, l’application intégrale de l’article 14 paragraphe 6 du Statut national réclamée par les salariés des DOM. La Direction d’EDF a, quant à elle, brillé par son absence.

« Une étape décisive a été gâchée », a annoncé la CGT Énergie à la suite de la table ronde qui s’est tenue lundi après-midi à Paris. En effet, face à la même revendication exprimée par les salariés des IEG des pays d’Outre-mer pour l’application intégrale de l’article 14 paragraphe 6 du Statut national, les employeurs refusent chacun à leur façon de négocier avec la CGT. La Direction d’EDF a boycotté les discutions, même si elle assure, par ailleurs, « s’être “associée” dans le cadre d’une intervention volontaire à la requête des filiales de la Séchilienne-Sidec au Conseil d’État », peut-on lire dans le communiqué de la CGT.
Ainsi, le syndicat constate, une fois de plus, que « tous les employeurs, y compris EDF, n’ont cessé de jouer le mépris, voire la provocation », en dépit du dialogue social et des négociations engagées.
Du côté du Ministère, « alors que le personnel et la CGT attendaient une position constructive pour la recherche d’une solution », la représentante du Ministère de l’Industrie, Mme Catherine Auffret, « est restée strictement dans le cadre fixé par courrier du 27 janvier 2011, se contentant d’exposer le point de vue juridique du Ministère sur cet article du statut ».
Rien n’est donc ressorti de cette table ronde si ce n’est l’ignorance et le mépris des employeurs. « Employeurs et ministère refusent d’entendre et jouent le pourrissement de la situation », soutient le syndicat. EDF allant même jusqu’à évoquer que si le Conseil d’État donnait un avis favorable aux salariés, il y aurait toujours une interprétation quant à la mise en œuvre.

« Chacun devra prendre ses responsabilités »

Le gouvernement et les entreprises concernées devront donc assumer le poids de leur irresponsabilité face à la population et au monde économique. « Bien consciente des problèmes économiques et de la crise, c’est l’échec de la recherche d’un consensus dans le cadre du dialogue social qui va contraindre la CGT avec le personnel à passer à l’action. Chacun devra prendre ses responsabilités, l’État devra prendre les siennes ».
La CGT a donc une nouvelle fois exprimée avec fermeté la revendication qui passe par l’application intégrale de cet article 14 paragraphe 6 du Statut national à l’ensemble des salariés des DOM de la Branche des IEG.
Des assemblées générales vont être tenues dans les jours qui viennent dans tous les DOM afin de déterminer les actions à mettre en œuvre.

Sophie Périabe


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