Luttes sociales

Vers une extension sous condition de l’accord salarial régional ?

Les représentants des TPE-PME reçus à la Préfecture

Témoignages.re / 5 août 2009

Près de 80 chefs de petites et moyennes entreprises se sont rendus ce lundi 3 août 2009 devant la Préfecture afin de demander la position de l’État quant à l’extension de l’accord COSPAR–MEDEF prévoyant une augmentation des plus bas salaires de 50 euros. Reçue par le secrétaire général aux Affaires régionales, Jean Ballandras, la délégation menée par Pascal Thiaw-Kine, président de la CGPME, est ressortie sans réelles avancées.

Vacances obligent, les services de l’État fonctionnent au ralenti et donc c’est le flou total quant à l’extension ou non de l’accord. Initialement prévue pour la fin de la semaine dernière, l’extension, s’il y a, ne devrait intervenir qu’à la rentrée prochaine.
Quant aux modalités de cette extension, les petits patrons se disent « inquiets ». « Nous ne sommes pas contre le pouvoir d’achat. Mais cette extension intervient au mauvais moment pour les PME du fait de la crise », souligne Giraud Payet, président de l’Union des travailleurs indépendants (UTI).
C’est ce message qu’ont voulu faire passer les syndicats représentatifs des petites entreprises dans un courrier adressé au Premier ministre François Fillon le lundi 27 juillet 2009. Un message qui semble avoir été écouté, puisque Jean Ballandras a assuré les petits patrons de l’attention portée par l’État à leurs difficultés.
Ainsi, selon Giraud Payet, se profile la possibilité d’une application de l’extension « sous conditions ». Ces conditions, ce sont celles que les syndicats patronaux tenteront de dégager d’ici la rentrée afin de parvenir à un accord « équitable entre le salarié et le patron ».


Jean-Pierre Rivière :

« Il est hors de question de renégocier »

Suite au report de l’extension de l’accord COSPAR–MEDEF prévoyant une augmentation des plus bas salaires de 50 euros, ce lundi 3 août 2009, Jean-Pierre Rivière, secrétaire général à la CFDT, a exclu la possibilité d’un retour à la table des négociations.

Alors que l’accord signé le 25 mai dernier semble désormais avoir du plomb dans l’aile, le représentant syndical est « persuadé » que l’extension se fera. Pour lui, la porte laissée ouverte par le secrétaire général aux Affaires régionales, Jean Ballandras, lors de sa rencontre avec une délégation des petits patrons, « ne changera rien ». Et pour cause, quelle que soit l’issue de ce mouvement de protestation des chefs de petites et moyennes entreprises, « l’intersyndicale ne retournera pas à la table des négociations », prévient Jean-Pierre Rivière.
Le secrétaire général de la CFDT estime de plus que la CGPME, en tête du mouvement, est dans une « posture politique » alors que les élections à la Chambre de commerce et d’industrie se profilent. Il ajoute que les petits patrons « prennent en otages les salariés en invoquant de fausses raisons ». Pour preuve, il tient à souligner que son syndicat applique l’accord COSPAR–MEDEF depuis le mois de juillet sans rencontrer de problèmes de trésorerie.
En effet, selon Jean-Pierre Rivière, cet accord est « équitable pour le salarié et le patron », comme le demandent les chefs d’entreprises. « La loi prévoit que nous pouvons demander un bonus exceptionnel pouvant aller jusqu’à 125 euros par mois. Nous nous sommes arrêtés à 60 euros. Je pense que nous avons été responsables et pragmatiques », affirme-t-il.
C’est donc un nouveau rapport de force qui se dessine entre les syndicats patronaux et salariés. Et pour se faire entendre, le syndicaliste se dit prêt à redescendre dans la rue. À la question d’une possible reprise du mouvement du COSPAR, Jean-Pierre Rivière répond : « Le COSPAR, je ne sais pas, mais l’intersyndicale, certainement ».


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