Luttes sociales

Victoire des Fralib après 1336 jours de grève : la production va redémarrer

Unilever versera plus de 19 millions d’euros pour relancer la production en SCOP, les travailleurs ont sauvé leur usine

Témoignages.re / 28 mai 2014

Les Fralib ont obtenu presque 20 millions d’euros contre la signature d’un accord de sortie de crise avec Unilever. C’est la fin d’une « lutte exemplaire qui marquera l’histoire du mouvement ouvrier », estime leur avocat. Après 1.336 jours de résistance, les salariés de Fralib ont finalement obtenu d’Unilever la signature d’un accord de sortie de conflit à leur avantage : les 76 encore en lutte vont toucher un total de 19,1 millions d’euros pour monter leur projet de Scop TI (Thé et Infusion) et le soutien du groupe pour la recherche de débouchés commerciaux.

1336 jours de grève. Trois ans et demi de face à face entre les 182 salariés de l’usine à thés et tisanes Éléphants de Gémenos et la multinationale anglo-néerlandaise Unilever. « C’est une victoire de grande portée », se réjouissent les Fralib, ce 25 mai 2014, après la signature à l’unanimité d’un protocole d’accord avec le géant de l’agroalimentaire.

Les salariés encore en lutte vont en effet toucher un total de 19,1 millions d’euros pour monter leur Scop TI (thés et infusions) et bénéficieront du soutien d’Unilever pour la recherche de débouchés commerciaux.

Cet accord, qui s’inscrit dans un processus de lutte puissant et organisé par les salariés et l’ensemble de la CGT et qui a recueilli une solidarité populaire massive, permettra « d’ouvrir de réelles perspectives de construction de notre Scop », assurent les représentants CGT.

La lutte avait démarré à l’annonce, le 28 septembre 2010 par le groupe Unilever, alors en baisse de rentabilité, de fermer certains centres de production de sa filière thé et infusions, dont celui de Gémenos. Une décision refusée par les 182 salariés de Fralib qui estimaient que si la plus grande partie des consommateurs de la marque Éléphant étaient en France, il n’y avait pas de raison de délocaliser la production à l’étranger.

Dans une déclaration commune CGT-CGC-union locale CGT d’Aubagne-union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et fédération nationale agroalimentaireet forestière CGT, les syndicats saluent « la persévérance et l’opiniâtreté », « le courage » des salariés en lutte pour agir pour le maintien et le développement de l’outil industriel et de l’économie.

Alors que les conflits se multiplient, que les fermetures et les licenciements s’accélèrent, « cette lutte exemplaire est un succès pour tous les travailleurs de notre pays et démontre que rien n’est joué d’avance », se félicite la CGT.

Pour les travailleurs, « Ces acquis ont été obtenus par une lutte efficace et courageuse des Fralibs, un soutien sans faille de toute la CGT et une solidarité populaire et militante large.
Les résultats concrets de cette victoire syndicale sont des points d’appui solides et encourageants à la constitution et au développement de notre SCOP.
Une nouvelle étape de la bataille s’ouvre. Nous nous y engageons avec détermination, comme nous l’avons fait depuis le début du conflit pour gagner les moyens nécessaires au démarrage, au développement et à la pérennité de SCOP TI.
Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les structures de l’économie sociale et solidaire ont des moyens conséquents.
Les Fralibs et toute la CGT ne manqueront pas de leur rappeler leurs engagements et leurs responsabilités dans le respect des prérogatives de chacun.
Alors que les conflits se multiplient, que les fermetures et les licenciements s’accélèrent, notre lutte exemplaire est un succès pour tous les travailleurs de notre pays et démontre que rien n’est jamais joué d’avance. La lutte continue. »


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