Luttes sociales

Visage des plus nécessiteux

Un quotidien précaire

Témoignages.re / 9 octobre 2012

Une journée de solidarité était orchestrée ce dimanche au Jardin de l’État (Saint-Denis). L’occasion de s’informer et de faire de plus ample connaissance avec le staff des structures qui œuvre en faveur des plus nécessiteux d’entre-nous. Ces derniers qui sont-ils ?

• Bruno

Un salaire insuffisant

Son « emploi d’animateur auprès des marmailles ne lui permet pas de vivre correctement », explique-t-il. En effet, il « bosse » à mi-temps lors et hors période scolaire. Il perçoit confie-t-il moins de « 600 euros par mois ». Présent à ce rendez-vous de la solidarité, il a retrouvé des amis. Aujourd’hui, « je me sens mieux », se réjouit-il. « Je suis abstinent depuis 5 ans », précise-t-il. Ses années douloureuses avec l’alcool sont derrières. Importe pour lui aujourd’hui d’avancer.

• Madeleine

“Roulée” au SMIC

Caissière dans une grande surface à profit, elle est payée au SMIC. Ce métier, elle l’exerce depuis une trentaine d’années pour « un maigre salaire ». Son compagnon ouvrier du bâtiment gagne autant qu’elle. Le cumul des salaires leur permet de « vivre décemment » aujourd’hui. Il est vrai « nos enfants travaillent et disposent de leur particulier ». Pour leur réussite, le couple s’est serré la ceinture. Entre les meublés, studio, billets d’avions — même remboursés — lorsqu’il fallait débourser, « nous l’avons fait ».

• Gérôme et Julien

Un hébergement temporaire

Rencontré lors de ce dimanche de la solidarité Gérôme. Jeune SDF qui vient d’un cirque, il a mangé à sa faim ce jour. Il a pu même repartir avec barquettes et baguettes. Une aubaine pour celui — Julien — qui l’héberge temporairement et lui-même. Tous deux se répartissent les tâches à effectuer dans le modeste studio. Surtout, ils s’acquittent pour moitié des factures à honorer. En ce qui concerne l’alimentation, sitôt le RMI perçu, ils achètent l’essentiel : huile, riz, grains, sardine, etc. Ils sont aussi sur la route de l’insertion professionnelle. Prochainement, un contrat de 6 mois ?

• Noël

Aider et ses conséquences

On vous a déjà parlé de lui. Il s’est adapté à sa nouvelle demeure, un studio. Grâce à la solidarité d’amis et de services adéquats, Noël SDF a pu l’aménager. Cela change de dormir dans « la forêt de la Providence (Saint-Denis) ». Sauf qu’il a connu ces derniers jours quelques mésaventures. Voulant aider des amis, il les a hébergés. Après leur départ, il a constaté amer que des objets avaient disparu. Avec ses maigres économies, il va racheter un téléphone à carte, un parasol, des casseroles… Ainsi va la vie.

• Annabelle

Avec la taxe d’habitation qui vient de tomber, les différentes factures prélevées sur son compte, il reste à Annabelle environ 180 euros pour terminer le mois qui commence. Elle touche 200 euros de plus que le SMIC. La part du loyer déduit plus la mutuelle, le crédit et les frais ci-dessus, elle se demande si elle pourra y parvenir.
Pour ses déplacements, Annabelle a opté pour le bus. Sa voiture, elle en fait usage que pour les longs trajets. Avec le prix des carburants, elle économise. Elle demande aussi que l’on agisse pour la baisse des coûts téléphoniques et des denrées alimentaires en priorité. Elle constate que le montant des dépenses reste les mêmes alors que les monopoles se targuent de sacrifices. Enfin, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !

Rendez-vous demain pour d’autres illustrations de personnes pour qui chaque jour est un défi à relever.

 JFN
Observateur de la vie réunionnaise
 

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