Nou lé Kapab

L’Année internationale de la Jeunesse

Témoignages.re / 21 octobre 2011

Août 2010-août 2011, Année internationale de la Jeunesse placée sous le signe du dialogue et de la compréhension mutuelle, avec pour slogan « Notre Année, Notre Voix ». Dès son lancement, l’AJFER saisit cette opportunité qui est donnée aux jeunes de s’exprimer et de faire leurs propositions pour un monde plus sûr, plus juste.

« Les jeunes sont les moteurs du développement économique »

Au moment du lancement de cette Année internationale, au mois d’août 2010, l’Organisation internationale du Travail (OIT) sort un rapport alarmant sur la situation de l’emploi dans le monde. En effet, le rapport stipule que le nombre de personnes sans emploi a atteint des niveaux sans précédent et que ce sont les jeunes du monde entier qui en paient le prix fort. L’OIT a même parlé de « génération perdue » si rien n’est fait et n’a pas manqué de cibler la responsabilité des dirigeants politiques.

Dès le lancement de cette Année et la sortie de ce rapport, l’AJFER a alerté les pouvoirs publics. Aussi, l’organisation locale a pris contact avec l’ONU afin de pouvoir relayer cette Année internationale à La Réunion.

Le Festival mondial de la Jeunesse et des Étudiants

En décembre 2010 s’est tenue la plus grande manifestation de cette Année internationale en Afrique du Sud, à Pretoria : le Festival mondial de la Jeunesse et des Étudiants (FMJE). Une délégation de l’AJFER, composée d’une quinzaine de personnes, s’est rendue à l’évènement mondial. Cela faisait plusieurs dizaines d’années que La Réunion n’avait pas été représentée. Durant une semaine, à travers la participation de l’AJFER aux débats, séminaires, conférences sur différentes thématiques, la voix de La Réunion a pu être portée. Au terme du FMJE, une des résolutions adoptées a porté sur « la zone Océan Indien, zone de paix ». En effet, face au changement de l’ordre mondial, à la multiplication des échanges entre les pays du monde entier, l’océan Indien apparaît comme un véritable « carrefour » qu’il convient de protéger, de maintenir dans la paix.
Au retour du FMJE, qui a été pour l’ensemble des participants une expérience extrêmement enrichissante, un comité de pilotage est mis en place afin d’organiser, en écho à cette Année internationale de la jeunesse, une manifestation à La Réunion. Commence alors le Festival international de la Jeunesse réunionnaise (FIJR).

Le Festival international de la Jeunesse réunionnaise

Il s’est agi en premier lieu de travailler sur des propositions pour faire avancer les pays, de partir à la rencontre et à l’écoute des jeunes, savoir quelles sont leurs idées. C’est ainsi que commença la rédaction du projet « Nou lé kapab pou nout péi » autour de huit thèmes : l’alimentation, le logement, les déplacements, l’éducation, l’emploi, l’épanouissement, la gouvernance et les relations internationales. A chaque fois, un état des lieux de la situation a été fait, puis des propositions, ainsi qu’une dernière partie plus explicite sur les propositions. Ce projet a été présenté le 14 juillet 2011 lors du festival.

En amont du festival, afin de sensibiliser les personnes et avoir des remontées de propositions, des actions ponctuelles ont été menées : pose de banderoles sur les institutions, action tente en centre-ville du Tampon ou encore diffusion de tracts dans les transports en commun… Une grande campagne d’affichage a aussi eu lieu où l’on pouvait lire sur des bandeaux : « Nou lé kapab pou nout péi », « Arèt taz a nou », « Arèt koz des jeunes sans les jeunes » ou encore « Zenès lèv a ou, Nout lané, nout voix ! ».

Au 14 juillet, journée choisie pour tenir le FIJR, ce sont environ 400 jeunes qui se sont réunis à Saint-Louis afin de célébrer cette Année. Après la présentation du projet et les discussions, des résolutions portant entre autres sur l’emploi, la pauvreté ou encore la culture. Lors du festival, nous avons eu l’honneur d’accueillir une délégation des Seychelles avec qui un travail d’échanges d’expériences et de situations a été fait.

Une jeunesse mobilisée, des gouvernements absents

A la fin de cette Année internationale de la jeunesse, l’AJFER se félicite d’avoir permis un relai au niveau local. Cependant, on ne peut que regretter que la situation depuis un an n’ait pas évolué, pire, elle a même tendance à s’aggraver. En effet, malgré les sonnettes d’alarme tirées par les organisations internationales, pour des raisons souvent financières, les gouvernements n’ont eu de cesse de porter préjudice à l’avenir des jeunes via de véritables plans de rigueur. Aujourd’hui, le chômage touche toujours durement les jeunes et la pauvreté tend à s’installer durablement dans nos sociétés.
Mais au terme de cette Année internationale, si les gouvernements n’ont pas su prendre leurs responsabilités, il n’en demeure pas moins que les jeunes, eux, ont su montrer à travers le monde leur capacité à se mobiliser, à dire les changements qu’ils souhaitaient et leur volonté de changer ce monde. A partir de là, et ça aura été l’une des conclusions de l’AJFER, « tout commence ».


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