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La Palestine admise à l’UNESCO

International :

Témoignages.re / 4 novembre 2011

L’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) a décidé de l’admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre parmi lesquelles les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada.

Dans un discours, la directrice générale de l’organisation internationale, Irina Bokova, a rappelé le moment historique vécu par tous les représentants des Nations Unies. Une victoire diplomatique et symbolique significative pour les autorités palestiniennes, désireuses d’obtenir la reconnaissance de leur État à l’ONU.
« Nous vivons un moment historique, et nous ressentons tous, en cet instant, la portée symbolique et l’importance de cette décision, pour le peuple palestinien et pour l’UNESCO. Elle est le fruit de l’aspiration d’un peuple à rejoindre pleinement la famille des nations du monde, liées entre elles par une même ambition de paix, et le partage de valeurs communes », a-t-elle déclaré.

« C’est une victoire de la justice »

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a exprimé sa joie de la décision de l’UNESCO vis-à-vis de son pays. « L’admission de la Palestine à l’UNESCO est une victoire du droit, de la justice et de la liberté », a annoncé le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. « Nous considérons ce vote comme particulièrement important puisqu’une partie de notre combat contre l’occupation israélienne se livre contre les tentatives de l’occupant pour effacer l’histoire palestinienne et la judaïser. Le vote de l’UNESCO « nous aidera à maintenir l’héritage traditionnel palestinien », a expliqué lundi 31 octobre, Ghassan Khatib, le porte-parole de l’Autorité palestinienne à Ramallah.
« C’est vraiment un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits. La Palestine est le berceau des religions et des civilisations », s’est félicité devant les États membres, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Malki.
« L’entrée de la Palestine porte le nombre d’États membres de l’UNESCO à 195 », a annoncé l’UNESCO. L’énorme majorité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l’adhésion, de même que la France qui avait pourtant émis de sérieuses réserves sur la démarche palestinienne. L’Union européenne s’est divisée avec onze États pour et onze abstentions, dont le Royaume-Uni et l’Italie. Cinq états européens ont voté contre l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, comme l’Allemagne.

Représailles en cascades

Américains, Canadiens et Israéliens ne sont pas du même avis. Les autorités canadiennes ont annoncé la suspension de sa contribution financière à l’ONU, qui avoisine 10 millions de dollars par an. De son côté, Washington a également annoncé la suspension d’un versement de 60 millions de dollars. Coup dur pour l’UNESCO, car les États-Unis assuraient 22% de son budget, avec une contribution d’environ 80 millions de dollars par an.
Quant au gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu a annoncé l’accélération de la colonisation de Jérusalem-Est et de Cisjordanie par la construction de 2.000 logements et le gel du transfert de fonds dus à l’Autorité palestinienne.
Face à ces réactions, la Ligue Arabe s’étonne de l’action des États-Unis, d’autant plus que Barack Obama avait souhaité, lors de son investiture, voire la Palestine être reconnu par les Nations Unies. « Une telle initiative américaine influe négativement sur les efforts visant à relancer les négociations de paix » et entrave « leur succès », a estimé le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi. Dans un communiqué publié au Caire, siège de la Ligue, Nabil al-Arabi, à la tête de l’institution dont les 22 membres soutiennent la demande palestinienne d’adhésion à part entière à l’ONU, s’est dit « extrêmement étonné » de la décision de Washington, acteur important du processus de paix entre Israël et les Palestiniens.


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