Nou lé Kapab

Le manque de volonté politique pour l’emploi

Appel de l’OCDE en faveur de l’emploi :

Témoignages.re / 23 septembre 2011

Au moment où les banques américaines et européennes tentent de résoudre le dilemme de la Grèce, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a rendu son rapport sur la situation de l’emploi dans le monde. L’institution appelle les dirigeants des pays développés à prendre des mesures contre la hausse du chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans.

Au premier trimestre 2011, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans s’est élevé à 17,4% dans la zone OCDE, contre 7% pour les plus de 25 ans. Cette hausse record est due en partie à la crise qui a conduit des milliers d’entreprises à fermer leurs portes et à ne plus recruter. En 2008, le taux de chômage chez les jeunes était de 11,5% aux USA contre 18,0% en France (moyenne OCDE : 12,6%), trois ans plus tard, le comparatif est alarmant : 17,3% des jeunes Américains sont sans emploi et 23,4% en France. A La Réunion, ce sont 55,3% des jeunes âgés de 15-24 ans qui ne travaillent pas.

OCDE : « Investir dans la jeunesse reste une nécessité »

Face à ces chiffres, l’institution internationale a pointé du doigt la crise économique et financière qui a poussé des États à détruire l’emploi plutôt qu’à les inciter : « De toutes les facettes de la crise financière et économique, le chômage élevé est la manifestation la plus visible du défi que pose le rétablissement d’une croissance durable. Il s’agit là du visage humain de la crise », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría.

Un chômage obstinément élevé

« Le chômage demeure obstinément élevé dans la zone OCDE et les dernières projections économiques laissent à penser que la création d’emplois devrait rester très faible à court terme » en raison des plans d’austérité et du ralentissement de la croissance. Le nombre de chômeurs de la région OCDE, soit les 34 pays riches, est tombé à un peu plus de 44 millions à la mi-2011.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, bon nombre de pays ont pu réduire leur taux de chômage pendant la crise, c’est le cas notamment de l’Allemagne. Le pays avait un taux de chômage de 7,4% avant la crise, 7,8% pendant la crise et 6,2% en 2011.

Cela s’explique par l’utilisation massive du chômage partiel. De plus, la quasi-totalité des embauches se fait en CDD et intérim, mais l’emploi est présent et profite en grande partie aux jeunes sortants de l’école.

L’OCDE a mis en avant le manque de volonté politique de développer de nouvelles stratégies économiques visant à privilégier l’emploi, créateur de croissance. L’organisation a appelé les pouvoirs publics à réagir face à la situation : « Les défis que représente un chômage élevé et durable, l’amélioration des possibilités d’emploi et la garantie de filets de sécurité sociale adaptés devraient figurer en tête de l’agenda politique ».

Relance versus Austérité

Deux visions s’opposent aujourd’hui. Les États-Unis, par la voix de leur président Barack Obama, ont décidé de lancer un plan de relance destiné à créer des emplois et redynamiser la croissance pour, à terme, endiguer le déficit public.

Ce plan pour l’emploi de 447 milliards de dollars devrait « fournir un électrochoc à l’économie qui a calé, et redonner confiance aux entreprises pour investir et recruter ». Contrairement aux Européens, Barack Obama a décidé de taxer les plus riches, afin que ce ne soit ni les plus démunis, ni les plus taxés (classe moyenne) qui paient les erreurs des financiers et des gouvernants.

A contrario, l’Europe mise sur des plans de rigueur de plus en plus drastiques : suppression de postes dans la Fonction publique, augmentation des mutuelles, des crédits, des assurances, de la TVA, mais aussi baisse des salaires dans certains pays, notamment en Espagne et en Grèce, où les heures de travail sont augmentées, la retraite repoussée...

Bref, le peuple devra payer les extravagances de leurs dirigeants et les grossières erreurs des financiers.


Édito

Il y a de ces moments où des évènements, pas forcément les plus gros, semblent faire arrêter la Terre de tourner. Tristesse, colère, haine, peur sont autant d’éléments qui, très vite, peuvent nous faire perdre toute objectivité.

Matthieu Schiller est mort, et la mort fait partie de ces épreuves qui sont difficiles pour nos cœurs d’Hommes. Ainsi va la vie. Alors, parfois la mort arrive plus tôt que prévu, pas dans l’ordre des choses que nous nous imposons. Parfois la mort est brutale, comme un rappel soudain que nous ne sommes qu’une composante de ce monde, et pas le monde, que nous ne sommes que de passage. Parfois aussi, la mort rappelle que la Terre est à l’origine un monde hostile que l’Homme, par son intelligence, tente d’adapter pour se maintenir en vie. Mais ce système a aussi ses limites. Dans le combat Homme-Nature, c’est toujours cette dernière qui l’emporte, tôt ou tard.

Nous sommes animés par ce désir de repousser chaque jour un peu plus les lois de la Nature. Mais il y a aussi d’autres lois, humaines cette fois-ci, que nous tentons aussi d’adapter pour la possibilité d’un vivre ensemble.

Aussi, quand la Nature frappe, nous sommes comme désabusés, impuissants, laissant place à des excès de comportements, pour autant humains.

On l’a vu cette semaine, l’engouement autour de cette énième attaque de requin, enfin, quatrième depuis le début de l’année, dont les médias ont très (très, très, très) largement contribué. Le sensationnel, ça fait vendre, c’est connu, et ça n’a pas échappé à la presse locale, soit. De toute évidence, nous tendons, face à ces situations dures et brutales, à perdre une certaine clairvoyance.
Ainsi, durant quelques jours, La Réunion est devenue, au même titre que pour l’épisode du chikungunya, « l’île aux requins ». A l’exception près que l’épidémie avait touché, fin 2006, 300.000 Réunionnais. Alors oui, la mort, qu’il s’agisse de deux ou trois cent mille personnes, reste la mort, mais gardons, tout de même, l’idée d’une mesure appropriée.

La Réunion est touchée par de nombreuses problématiques qui concernent des milliers de Réunionnais : la pauvreté, le mal-logement, le chômage… Des problématiques pour lesquelles on préfèrera, aux valeurs absolues, s’exprimer en pourcentage de population. Des chiffres qui relèvent désormais de la banalité, qui laissent beaucoup de nos dirigeants honteusement insensibles.

Parmi les dirigeants qui choisissent la facilité, qui profitent de la complexité des rapports humains, qui établissent leurs actes politiques en fonction de l’affecte d’une partie de la population pour tenter de grappiller quelques voix, et surtout éviter les sujets plus brûlants, nous retrouvons la nouvelle vice-présidente autoproclamée en charge de la Mobilité des requins, Fabienne Couapel-Sauret.

A coup sûr, la mer, c’est son élément, elle y envisage même d’y construire une route. Et puis, finalement, la Région aujourd’hui entretient effectivement des liens intimes avec mer. Depuis un an, des côtes « préoccupation des Réunionnais », ils prennent le large.


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