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Les SAP, un secteur en plein développement sur l’île

Service à la personne - Partie 4 :

Témoignages.re / 25 novembre 2011

Ce n’est que depuis peu que les services à la personne prennent leur envol à La Réunion. Ça représente quoi ? Combien d’entreprises concernées ? Et combien de personnes en bénéficient ? Zoom sur chiffres et mesures mises en places.

En effet, l’île comptabilise déjà une trentaine d’entreprises de services à la personne ! Vers fin 2007, l’administration dénombrait 39 structures agréées, dont les ¾ sont des entreprises privées. Un développement faramineux en seulement deux ans qui s’explique notamment par le volontarisme des politiques publiques. C’est un véritable boom auquel nous assistons en termes de créations d’entreprises, mais pour l’instant la majeure partie des heures de services à la personne demeure tout de même fournies par les associations.

Cependant, les évolutions de la société et les politiques publiques menées et plus particulièrement l’action sociale du Conseil général, ne pourront que doper ce secteur. De fait, plusieurs raisons concourent à cet optimisme, à commencer par le vieillissement de la population. Les populations âgées et dépendantes sont très demandeuses de services à la personne et des mesures sociales existent pour en faciliter l’accès. L’activité professionnelle des femmes ensuite, même si elle est inférieure à celle des femmes de la métropole (67,5% contre 81,5% en 2005), progresse régulièrement. Du côté de l’État, une convention a été signée fin 2007 entre l’État, le Département et la Région Réunion afin de mettre en œuvre un véritable plan de développement de ces services. L’objectif de cette convention est principalement la création de 1.500 emplois dans le secteur dans les trois ans à venir. Un pari ambitieux, mais largement réalisable.

En outre, les salariés du secteur des services à la personne combinent souvent cet emploi à un autre pour notamment « arrondir les fins de mois » en cumulant deux emplois. En ce sens, en termes d’offre et de demande, c’est également un marché à creuser car il s’agit d’un secteur prometteur en matière d’emploi, mais néanmoins fragile et peu professionnalisé. Preuve en est par exemple pour la mise en liquidation judiciaire de l’ARAST, le 27 novembre 2009. L’objectif est de ne plus arriver à une telle situation. Pour ce faire, Département, Région et Association des maires ont décidé de « structurer » le secteur des services à la personne, de la petite enfance aux personnes âgées. Un travail de 8 mois a été réalisé pour mettre en place un “GIP SAP” — Groupement d’Intérêt Public “Services À la Personne”. Une demande d’agrément a ensuite été déposée à la préfecture, et obtenue le 1er octobre 2010 dernier, permettant la mise en place du groupement. Ce GIP SAP aura 3 principales missions :
D’abord, c’est « coordonner et associer au sein d’une même structure des personnes publiques et des personnes privées ». À l’heure actuelle, il existe plus de 60 associations agréées qui peuvent prétendre intégrer le GIP. Le principe et de dire qu’elles garderont leur autonomie, mais leur présence au sein de l’organisme permettra de mieux répondre à leurs besoins.
Ensuite, le GIP doit réguler et conseiller les organismes travaillant dans ce domaine pour éviter à l’avenir des « situations de tensions organisationnelles et financières ». Le groupement mettra également en commun des moyens d’évaluation permettant de « mesurer et de garantir la qualité et la continuité de la prise en charge au meilleur coût ».
Enfin, le GIP SAP est un « laboratoire » qui ferait de l’ingénierie et de l’expertise pour accompagner les structures et les porteurs de projets dans leur domaine d’activité.
Historiquement, le projet de mise en place de ce groupement remonte au conseil interministériel de l’Outre-mer. Les conclusions mettaient en exergue la nécessité de structurer deux secteurs sur l’île. Celui de l’environnement et celui des services à la personne. Le lancement officiel du GIP SAP s’est fait les 29 et 30 novembre 2010 derniers. Aujourd’hui, les SAP se développent rapidement à La Réunion, mais aucune conséquence positive du GIP SAP ne s’est fait encore sentir sur le marché local ; le constat est de dire qu’aucune communication de masse à son sujet n’a été développée.

Aujourd’hui, dans un contexte de crise, La Réunion comme la France, subit les coups de rabots successifs de la rigueur budgétaire. Pour l’instant, le secteur des services à la personne reste épargné.

Cette approche localisée des services à la personne à La Réunion nous a permis de faire un état des lieux existant du secteur. Nous ferons état prochainement des potentialités sur l’île.

Nou ar trouve !

Remerciements à toutes et tous ceux qui ont participé à l’élaboration de ce journal, Béatrice L., Stephane M.,Emeline V., Gilles L., Hassan I., …

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