Nou lé Kapab

« Un Pacte global sur l’emploi »

Ban Ki-moon au G20 :

Témoignages.re / 10 novembre 2011

Il y a de ces interventions lors des grandes réunions des dirigeants de ce monde que tout le monde peut comprendre et qui, bien souvent, nous parlent bien plus que les allocutions de nos propres dirigeants. Malheureusement, ces interventions arrivent à nous beaucoup plus difficilement. Ainsi, l’intervention au G20 du secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-Moon, est quasiment passée inaperçue au profit de la crise grecque, pas faute pourtant d’avoir prévenu que « ce Sommet ne doit pas seulement consister à jouer les pompiers de la finance ».

Après avoir dressé une énième fois un état très inquiétant de la situation notamment en ce qui concerne l’emploi, Ban Ki-moon n’a pas manqué de rappeler l’importance de la croissance, mais a aussi et surtout insisté sur les effets qu’elle devait apporter, à savoir de l’emploi. Alors que le chômage augmente presque partout et que les inégalités se creusent, le secrétaire général de l’ONU a indiqué que « certains parlent de reprise, mais que trop peu la ressentent », allant même jusqu’à parler de « monde déséquilibré ».

Selon lui, « si la croissance est cruciale, nous savons aussi que la croissance ne signifie pas automatiquement des emplois », avant d’ajouter que « les responsables politiques doivent faire de l’emploi une priorité ».

Un nouveau contrat social

Pour cela, Ban Ki-moon suggère un nouveau contrat social pour le 21ème siècle. Ce nouveau contrat social doit, selon lui, inclure « un pacte global sur l’emploi » ainsi qu’« un socle de protection sociale avec des garanties solides pour les plus pauvres et les plus vulnérables ».

De toute évidence, ce ne sont que des paroles qui, après tout, ne mangent pas de pain. Mais l’intervention du secrétaire général des Nations Unies a au moins le mérite de poser une question fondamentale, à savoir : quel est notre but ?

Qu’allons-nous faire de la crise ?

En effet, si le sauvetage des banques, du marché financier est une fin en soi et qu’il n’entraîne pas de véritables changements dans notre manière de penser, en prenant par exemple plus en considération l’aspect humain au lieu de l’aspect financier, si nous ne pouvons sortir grandis de ces dures heures, si la résolution de la crise fait perpétuer les inégalités sociales, l’injustice, alors nous aurons échoué.

Finalement, notre problème n’est pas la crise, mais ce que nous en ferons. Les choix résident dans la volonté de vaincre momentanément en ne sortant pas du système, ou se remettre en cause, innover, changer notre manière de penser, changer le monde. On y revient : résister, c’est créer. Créer, c’est résister.

L’emploi à La Réunion

C’est un grand enjeu et ça devient plus qu’urgent, d’autant que personne ne sait aujourd’hui quel est le seuil de tolérance des Réunionnais face aux chiffres du chômage. L’appel des Nations Unies à faire de l’emploi une priorité devrait tous autant que nous sommes nous interpeller. C’est un but que nous devons atteindre. D’un système créateur d’injustices et de chômeurs à l’impact des projets publics sur l’emploi en passant par la force de l’entreprenariat, autant de pistes qui sont à explorer.


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