APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
11 juin 2008

Bertrand Delanoë l’a clairement affirmé : « Je suis socialiste et libéral. » Ou « libéral et socialiste », ce qui pour lui revient au même. Ségolène Royal n’a pas tardé pour lui répondre : « Ma conviction, c’est qu’au XXIème siècle, être libéral et socialiste, c’est totalement incompatible ». Les répliques se croisent comme des épées ! Depuis longtemps le débat méritait d’être tranché. Car il ne s’agit pas, comme beaucoup voudraient le faire entendre, d’une simple querelle de mots à l’occasion d’une éventuelle candidature à un poste de secrétaire général du Parti socialiste, mais bel et bien d’un problème de fond et qui concerne non seulement son parti mais l’ensemble de la gauche, et au-delà l’avenir de la France, de l’Europe et du monde tout entier.
Libéral au sens premier du terme, c’est-à-dire : généreux, enclin à donner facilement, Guizot ne l’était certainement pas quand il défendait sa grande idée : « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne » qui ressemble comme une sœur jumelle au « Travaillez plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy. Mais en revanche, il l’était déjà dans le sens qui a prévalu depuis : partisan de la liberté d’entreprise, du libre échange, de l’économie de marché, sens qui a fleuri au cours des siècles suivants et qui trouve aujourd’hui son épanouissement dans la mondialisation ou la globalisation.
Socialiste, Jean Jaurès l’était, avec un brin de romantisme, quand il proclamait : « aller à l’idéal et comprendre le réel ». Mais pas la plupart de ses héritiers qui ont très vite confondu le réel avec la realpolitik. Socialiste, François Mitterrand, l’était peut-être au moment où il s’écriait du haut de la tribune du Congrès d’Epinay : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ! » Il ne l’était plus du tout quand il mettait au point son fameux traité de Maastricht. Ni François Hollande qui déclarait le 15 décembre dernier : « L’économie de marché est la forme la plus efficace pour produire de la richesse ». Sans expliquer de quelle manière injuste elle se répartit, cette richesse ! Avec Bertrand Delanoë, la boucle est définitivement bouclée puisqu’il a eu l’audace de se définir lui-même à la fois libéral et socialiste.
Moins d’un siècle avant lui, le mot ‘‘socialiste’’ avait déjà perdu toute sa valeur. Dans l’Union des républiques socialistes soviétiques devenue la patrie du goulag et dans le national-socialisme où il était proprement contre-nature. Sans aller jusque-là, tout en faisant référence à l’Histoire, Ségolène Royal a eu raison de faire nettement la distinction entre ‘‘socialisme’’ et ‘‘libéralisme’’, deux mots proprement antinomiques. Mais dans cette confusion, son parti hélas, a prit et continue à prendre une large part ; confusion qui trouve sa source dans le rapport ambigu qu’il n’a cessé d’entretenir avec le monde de l’argent. Or ce n’est pas seulement le socialisme qui est incompatible avec le libéralisme. C’est la République elle-même qui est incompatible avec le tout-marché !
Georges Benne
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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