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> Mayotte, île comorienne depuis quand ?

1er mai 2007, 03:49, par Un Mahorais aimant les Comores

C’était très plaisant de vous lire Monsieur Rombi, le résident de l’île comorienne de Maoré. Au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture de votre plaidoyer pour Mayotte française, je me surprenais à écarquiller davantage les yeux. Il faut avouer que vous avez la plume alerte. Il est dommage qu’elle soit si légère et qu’elle s’envole et se perde vite dans des inexactitudes idéologiques et historiques. J’ai même pensé, à mon grand regret, un court instant seulement je vous rassure, que le but de votre courrier était de blesser intentionnellement le patriote comorien qui allait vous lire. Puis, je me suis repris. J’ai vite compris que vous étiez sincère. Vous ne vous rendez pas compte de vos dérapages. C’est humain. Nul n’est infaillible. Encore que... Un lettré, un intellectuel comme vous peut-il réellement ignoré la réalité de la comorianité de l’île (comorienne) de Maoré. Je vous la resitue.

Dans cette île, la plus orientale de cet archipel bantouphone, arabophone et francophone, les hommes parlent la même langue (intercompréhension totale), prient majoritairement Allah, apprécient le riz au coco, s’habillent quasiment avec les même codes (djellabas et koffia pour les hommes, lambawanes, salouvas, sari na subaya ou chiromanis pour les femmes) et partagent la même nourriture (hmmm... le riz au coco, les samboussas !!!), Les Maoré seraient-ils si différents de leurs frères de sang Comoriens...

J’insiste bien sur le terme de frère quand vous, vous parlez de cousins. Je préviens mes frères pour qu’ils ne vous en veuillent pas. Ils auraient pu interpréter cousin pour une volonté délibérée de nous exclure les uns des autres de la famille, de nous diviser. Heureusement, loin de vous cette pensée, vous êtes seulement là pour nous éclairer dans ce débat qui nous dépasse. Mais grâce à Dieu nos parents ne nous ont pas oublié. Ils nous ont transmis une partie de leur mémoire, de leur tradition familiale et les arbres généalogiques constitués depuis lonnnnnnnnntemps. Une consultation des archives de Maoré, s’ils en restent quelque chose ou plutôt si la permission est donnée au quidam de pouvoir les consulter, devrait permettre de confirmer que beaucoup de Maoré ont un lien familial direct avec Anjouan-Ndzuani, Moili-Mohéli, Ngazidja-Grande-Comore. Mais chiche qu’on apprendra au petits Maoré que leurs attaches sont plus en Gaule et à Madagascar.

Les ignares-provocateurs, ce n’est pas votre cas heureusement, aiment à propager que les Maoré sont des "Bushis", des Malgaches. Pourtant vers la fin des années 70 alors que de nombreux Comoriens, dont une partie non négligeable de Maoré ont été rapatrié d’urgence aux Comores (Ndzuani, Ngazidja, Maoré, Moili). Les Malgaches, que l’on salue ici, ont donc estimé que les Maoré étaient des Comoriens comme les autres et la France n’a pas jugé bon de les rapatrier directement dans l’Hexagone. Parce que les Maoré sont tout bonnement comorien. Et l’histoire des Comores ne commence pas à partir de 1841, date à laquelle le commandant Passot et le sultan usurpateur Adrian Tsouli remet pour 1 000 piastres symboliques une île qui ne lui appartient pas. La transaction est remise en question dès les premiers instants de cet accord scélérat. Mais donner, c’est donner comme on l’apprend à l’école maternelle, où l’on apprend également que voler c’est mal, pire encore à plus petit, plus faible que soi.

Voilà encore un exemple des effets positifs de la colonisation : spoliation de territoire et négationisme. Quand le chasseur écrit l’histoire du lion qu’il a emprisonné et qu’il s’apprête à achever, il faut savoir esprit et raison garder. L’éveil des consciences. Aujourd’hui encore certaines familles aristocratiques d’Anjouan, de Mohéli, de la Grande-Comore sont peut-être en droit de réclamer des terres sur le sol de Maoré. Cela reste à vérifier. Mais je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible quand on sait que certains princes comoriens ont des ramifications familiales à Maoré etc...

L’histoire des Comores n’a pas commencé à s’écrire quand les premiers portugais, qui ont précédé les Français au 16ème siècle, et encore moins les Français durant la fin de la première moitié du 19ème siècle. Il est plus que nécessaire Monsieur que vous nous écriviez notre histoire afin que nous la confrontions à ces écrits rédigés il y a deux siècles et qui faisaient l’apologie du Code Noir, du Code de l’Indigénat, où le nègre était un meuble travaillant dans les colonies sucrières et caféières. On se s’esclafferait bien.

Dans le début de votre courrier vous vous étonné, voire vous vous sentez interpellé quand vous écrivez : " il me semble pour le moins choquant d’adresser ce courrier au futur Président de la République française émanant de « nous, les Français originaires des Comores ». En choisissant d’être Français, le moindre des respects pour votre pays est de ne pas mettre en doute son intégrité territoriale. En outre, votre identité affichée de « Français originaires des Comores » annihile totalement vos propos : qu’ils émanent de Comoriens vivant aux Comores serait presque compréhensible."

C’est tout de même étonnant qu’un héritier des Lumières, un enfant élevé dans la foi du triptyque : Liberté, Egalité, Fraternité, de la France des Droits de l’Homme et du Citoyen s’étonne que les Français d’origine comorienne s’émeuvent que Maoré soit coupée de son giron naturel. En France comme ailleurs les choses se discutent et se négocient en haut lieu avec des interlocuteurs privilégiés, pour peu que la base populaire soit importante. C’est ce qu’on appelle le lobbying. En France, il y a le CRAN pour les Noirs de France, le Collectif-DOM (qui rejettent les Afro-Français exciseurs de filles, majoritairement musulmans et polygames rapportent un de leur dirigeant et qui soi dit en passant intègre les Afro-Français musulmans de Maoré dans leur groupe (lobby)) pour les originaires de Guadeloupe/Martinique/Réunion/ Guyane, le CRIF pour la communauté juive etc...
Les personnes qui dirigent ces associations sont Françaises mais défendent les intérêts de leurs sympathisants. Ils sont loin d’être des renégats. Ils veulent tout simplement que justice, reconnaissance, liberté et égalité pour tous. La diversité française n’empêche pas les Corses, les Mosellans, les Niçois, les Occitans, les Chtis, les Bretons, les Basques, les Alsaciens, les Catalans ou encore les Provençaux de se qualifier comme tels et de défendre leurs terroirs et leurs spécificités. Pourquoi les Français d’origine comorienne, également fortement attachés au sol de leurs aïeux penseraient-ils autrement et seraient-ils décriés.

La communauté comorienne ne tient pas de double discours (ce type d’attaque est souvent utilisée pour discréditer les arabo-musulmans en général, changez de stratégie !), au contraire elle est fortement attaché au droit et au respect de la dignité humaine. Les Comores ont déclaré leur indépendance unilatérale en décembre 1974. Le peuple comorien, car peuple il en existe bien un et ce depuis plus d’un millénaire, a affirmé massivement son désir de prendre le train de l’histoire donc de rejoindre les Nations libérées. Chaque territoire qui recouvre son indépendance doit recouvrer l’intégrité de son territoire et les Comores ont toujours été constitué de quatre îles volcaniques. C’est ainsi, je suis désolé de vous le rappeler. Nous Français [d’origine comorienne] sommes épris de justice et sommes contre l’impérialisme et le colonialisme et le néo-colonialisme.

Maoré est comorienne, c’est historique et géographique. Si demain je veux aller à Mayotte, je quitte le territoire hexagonal pour me rendre aux Comores, quand bien même l’île est administré par la France. Etant donné que nous sommes frères, me le permettez-vous , luttons ensemble pour la libération de Maoré. C’est ici une véritable poignée de main !

Vous dites que des Comoriens fuient bon nombre de maux pour la France. Et vous n’est-ce pas la misère, le manque de travail qui vous amené aux Comores ? Etiez-vous un repris de justice en quête de rachat, seriez-vous un mercenaire perdu, un SDF ou alors un exilé politique ? La France accueille des immigrés et semble t-il Maoré aussi.

Vous êtes un immigré de « Farantsa (Français) » quand les Comoriens s’en allant à Maoré sont des émigrants.

Nuance, car eux sont des autochtones qui ne font que se déplacer d’une île à l’autre mais toujours dans le même ensemble. Ce qui n’est pas forcément votre cas. Vous n’êtes pas Comorien ? A moins que vous soyez un Comorien d’origine française et c’est pourquoi vous vous battez pour l’intégrité du territoire français. Mais je tiens à vous prévenir : les territoires occupés c’est dans une autre région du globe, à moins que... Et l’empire français est tombé depuis belle lurette. Les zoos humains de 1931, là aussi c’est fini.

Pour répondre à propos du terme que je récuse concernant les Comores, l’archipel aux sultans batailleurs je vais citer l’histoirien Mahmoud Ibrahime :

"L’expression a été inventée par un administrateur colonial, Urbain Faurec, qui en guerre mondiale, écrit un petit ouvrage à la gloire de la colonisation aux Comores. Le livre s’intitule d’ailleurs « L’archipel aux sultans batailleurs » et a pour objectif, entre autres de justifier la colonisation. Comme ailleurs en Afrique, il s’agit de dire : si nous n’étions pas intervenus dans l’archipel, ces sauvages seraient encore en train de s’entretuer.
Pourtant, tout semble montrer le contraire. Avant les interventions des princes malgaches et de la marine française, les historiens ne nous rapportent pas d’affrontements majeurs entre les sultans. A Anjouan, trois royaumes, trois souverains. A Ngazidja, sept sultanats (quelquefois plus quelquefois moins) et sept sultans qui s’entendent pour désigner l’un d’eux comme sultan des sultans (tibe), mais sans lui accorder de pouvoirs absolus.
Il a fallu que la colonisation remette tous les pouvoirs à Ngazidja entre les mains d’un seul sultan, Saïd Ali, pour que la guerre devienne un fait dans l’île. De même, les interventions de Ramanetaka, qui finira par s’emparer de Mohéli, puis d’Andriansouli qui prend Mayotte aux dépens des sultans d’Anjouan, enveniment les choses. C’est d’ailleurs ce qu’on retient en lisant « L’archipel au sultans batailleurs » qui n’évoque que la deuxième partie du XIXe siècle, c’est-à-dire précisément au moment où la marine française intervient dans l’archipel.

Combien de Comoriens, même parmi les historiens, ont-ils lu Urbain Faurec ? Une poignée. Pourtant, à voir comment le mot est employé dans toutes les circonstances, on se dit que si l’auteur avait déposé l’expression, ses descendants seraient aujourd’hui fortunés."

Vous évoquez les razzias malgaches et alors qu’est-ce que cela prouve ?
En France les Vikings, les Huns, les Alamans, les Romains, les Grecs, les Allemands, les Arabes, les Normands, les Anglais, les Maures, les Francs saliens et rhénans pour ne citer que ceux-là n’ont-ils pas occupé le sol hexagonal ? Est-ce pour autant que l’histoire de France débute à la Libération, après-guerre ?

Vous évoquez "des génocides inter-îles". Pourriez-vous nous en citer ne serait-ce qu’un seul durant la longue histoire des Comores (Maoré, Ndzuani, Moili et Ngazidja) ? Vous en avez pas et là je suis catégorique. Par contre des gens (je ne dis pas que vous en faites partie) vont à Ndzuani-Anjouan dire aux Comoriens d’Anjouan qu’ils ont le sang bleu et qu’ils sont des Arabes alors qu’en même temps à Maoré ces mêmes diviseurs et bonimenteurs indexent les Anjouanais en les faisant les faites passer pour des esclavagistes. Mais dans le cadre de cette île comorienne qu’est Maoré où la légalité républicaine et les beaux idéaux ne s’appliquent pas aux ressortissants comoriens ( - donc aux Maoré ?) qui esclavagise qui ? Le Mzungu, le Maoré, le Ngazidja, le Mwali et le Ndzuani…Vous tenez un discours à géométrie variables là où vous allez faire vos affaires, votre commerce de je-ne-sais-quoi. Je suis convaincu qu’à Mayotte certaines personnes, quitte à perdre cette île, voudront la perte de ses habitants s’ils advenaient à ce qu’ils changent d’avis et choisissent de récupérer leurs terres qu’ils ne possèdent plus. Vous parlez de génocides sans connaître la gravité et la profondeur du terme employé. Pour qu’un tel drame s’opère aux Comores (Maoré, Moili, Ngazidja et Ndzuani), il faudrait aux auteurs une complicité haut placée. Aux Comores (Maoré, Moili, Ngazidja et Ndzuani), les civils n’avaient pas d’armes jusqu’au conflit séparatiste, en décembre 1999 à Ndzuani. Dans un pays où il est déjà difficile de trouver quelques sous en temps courant où auraient-ils pu acheter des armes lourdes ? Ces armes leur ont été donné pour qu’ils s’entretuent afin que des gens comme vous puissent parler de génocides. Grâce à Dieu, nous ne nous sommes pas entretués. Ce n’est pas dans notre culture, c’est plus la vôtre.

La France par contre de son côté avec son visa Balladur laisse mourir des centaines de Comoriennes et Comoriens chaque années entre les 60 kilomètres séparant Ndzuani et Maoré. C’est une chose criminelle. Que faites-vous ? Pourquoi ne pas nous envoyer votre réaction indignée , Quand des paillotes habitées pare des Comoriens de Mayotte sont brûlées par une municipalité où sont les valeurs de la démocratie, de partage et de résistance à la française ?

Vous remontez les Comoriens les uns contre les autres en les armant, en les dotant de drapeaux BBR (Bleu, blanc, rouge) et d’urnes bourrées de bulletins pour que les séparatistes s’autodeterminent ainsi qu’en accueillant des militaires français putschistes. Vous tuez, vous manipulez et jouez les candides. Où est l’application des accords de défense entre les Comores et la France ? Oui, limite, vous nous préparez un Rwanda bis et vous voulez que la responsabilité en incombe aux Comoriens. C’est tout vu. On n’a rien beau voir chez nous. On n’est pas aveugles.

Le panafricaniste que je suis rêve encore d’une Afrique unie, grande et belle. C’est votre droit de penser que penser ainsi est nauséabond. Mais la vie es plein d’espoir comme croire fort et faire en sorte que nos frères Maoré nous rejoindront. Vous êtes d’ailleurs le bienvenu. Les Comores sont une réalité. Une unité territoriale est à retrouver, à reconstruire afin de contredire ceux qui disent que "l’unité comorienne n’a jamais existé".

Vous dites que :
"Les Comores n’ont d’Indépendance que le statut politique, l’économie formelle et surtout informelle dépend encore de la France, premier partenaire commercial et premier pourvoyeur de transferts de fonds venant de la communauté que vous représentez (quelques 40 millions d’euros chaque année).

- Que nous faudrait-il faire demander à la France de nous rendre l’indépendance bancaires. Le Comorien est encore obligé de payer ses emplettes en Francs français.
C’est vrai qu’une liberté bancaire permettrait certainement au citoyen franco-comorien, "premier pourvoyeur de transferts de fonds venant de la communauté" comme vous le dites, de donner un nouveau souffle au pays des quatre lune Comores (Maoré, Ndzuani, Moili et Ngazidja).

Vous dites "pour nous rassurer " être attaché aux Comores. Mais vous dissocier Maoré des Comores, donc vous ne nous rassurez pas. Vous dites :
"Pour le mot de la fin, si cela peut vous rassurer, sachez que j’aime les Comores, Mayotte et leurs populations si attachantes. Je crois qu’il faut arrêter de perdre du temps en querelles stériles. Vous oubliez dans votre “article” de signaler que l’île d’Anjouan a voulu faire sécession de l’Union des Comores en 1997 pour tendre la main à la France. En bref : ne peut-on pas imaginer une voie de développement gérée par un système de coopération entre les quatre îles : les trois comoriennes ayant déjà un statut d’autonomie, la quatrième, Mayotte française, en tant que tête de pont vers la France et surtout l’Europe ?

Maoré est la quatrième île des Comores. Ce n’est pas une île française. Décidément pour un amoureux des Comores, c’est inquiétant de penser ainsi. Les gens comme vous un retour en arrière comme du temps de la colonisation, lorsque Maoré était capitale de l’archipel. C’est pourquoi vous travaillez à affaiblir les îles sœurs (Moili, Ngazidja et Ndzuani) et renforcer Maoré. Rétrocédez Maoré et Masiwa ya Komori (Moili, Ngazidja, Ndzuani et Maoré) et prenez le pari qu’à ce moment-là la France et les Comores (Moili, Ngazidja, Ndzuani et Maoré) s’entraideront et travailleront main dans la main à égalité et dans le respect mutuel. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.

Le cas de l’île Maurice :

"Prenez l’exemple des Mauriciens : leur décolonisation en douceur s’est traduite rapidement par une coopération intelligente avec l’Angleterre et le Commonwealth : pas de rancœur, ni de révisionnisme aujourd’hui, mais des résultats qui sont cités en exemple sur la scène internationale."

Monsieur soyez l’ambassadeur de France aux Comores (Moili, Ngazidja, Ndzuani et Maoré). On vous sent motivé et impliqué. Sachez toutefois que le rapports des ex-colonies britanniques n’entretiennent pas les mêmes relations franches et équitables que la France avec ses anciennes colonies. Maurice est un exemple économique. Mais la perte et l’occupation de l’île de Diégo-Garcia par l’armée américaine au large de Maurice a rendu un peuple, les Chaogossiens, orphelin de sa terre. Ils sont quasiment apatrides.

Les Comores (Moili, Ngazidja, Ndzuani et Maoré) ne veulent pas de cette issue. C’est pourquoi Maoré ne sera jamais vendue ni bradée.

N.B : La France fait 550 000 kilomètres carrés de superficie. Les Comores à peine 2 100 kilomètres carrés. Et la France veut nous croquer. Qui c’est le village gaulois dans l’histoire ?

Un habitant d’Île-de-France, en région parisienne, éperdument amoureux des Comores (Mwali, Ngazidja, Ndzuani et Maoré) historiques et comme de nombreux Comoriens de France vigilants au sens que certains "amis mzungus et frères comoriens" veulent donner à notre histoire.

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