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"Un aller simple pour Maoré" : Le brûlot !

25 mars 2010, 15:03, par Kana Mc Artas

Je partage en grande majorité les principaux messages du film. Le droit à une égalité dans les traitements liés à la santé une fois à Mayotte, l’arrêt enfin de ce comportement "quasi coloniaste, ou mauvais colonisateur" de la France, l’arrêt donc de ces drames en mer, plus de fraternité de la part des mahorais vis à vis des autres comoriens sur leur île, arrêt du travail (au noir) pas ou mal payé (qui au passage nourrit leurs familles, et préjudiciable à la Collectivité)...

Mais, le militantisme d’Agnès Fouilleux l’a poussé à réaliser un documentaire 100% à charge. C’est son droit après tout. Mais il y a des scènes qui sont carrément aberrantes car complètement éloignées de la réalité. J’ai passé mes 19 premières années à Mayotte, et cette réalisatrice m’apprend qu’à partir des années 2000 les mahorais sont passés de "xénophobes" à "racistes". C’est carrément n’importe quoi, ce n’est pas une action isolée et d’ailleurs condamnable d’un maire qu’on peut faire des amalgames. J’ai des amis anjouanais et on s’entend très bien. La réponse est que depuis près de 15 ans, la venue des autres comoriens a été massive et comme dans toutes les autres régions du monde qui n’ont pas assez de moyens d’accueil, certains mahorais ont perdu "patience". Devant les autorités qui ne réagissent pas, ils ont "borné l’hospitalité " d’antan. Agnès Fouilleux, arrête les caricatures. On est pas racistes ! C’est trop dire d’employer de tels termes avec au passage des témoignages émouvants pour en faire un documentaire objectif. Sur ce côté, je comprends que RFO a tardé la diffusion.

Egalement, au Comores une chose reste à retenir, les faits historiques ne sont partagés et acceptés par tous. L’Histoire est écrite, racontée et arrangées selon le parti où on milite. Dans cette perspective, jusqu’à quel degré on peut prendre les témoignages orales unilatéraux (qui se contredisent) comme "source". Sur ce coté là, en voulant être émouvante tu as procédé à une démarche qu’un sociologue ou historien indépendant que saurait tolérer. Surtout si à cela le seul intervenant est Pierre Caminade (de l’association Survie qui débattait avec moi à la fin de la diffusion). J’ai acheté son livre exposé en fin de soirée, et je suis pas d’accord avec certains de ces détails.

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