Ne trouvant pas dans le compte-rendu sur la campagne de l’IRT une référence directe à l’ “appel à la consommation” qui fait votre titre, je me permets de vous envoyer les quelques réflexions qui suivent, pour vous dire à quel point je trouve malheureuse l’image de la “consommation” pour appeler les Réunionnais à un tourisme intérieur plus impliqué.
Consommer, c’est détruire, en ne laissant pour trace de ce rapport qu’un tas de déchets, recyclables ou non. Est -ce vraiment en faisant appel à ce registre que l’on va inciter les gens à protéger leur île au contraire, tout en trouvant du plaisir à sa découverte et à son partage ? Les gens n’ont déjà que trop tendance à “consommer” bêtement.
Regardons dans quel état se trouve la nature après le passage de pique-niqueurs : ils n’ont pas seulement consommé leur pique-nique, ils “consomment” le site naturel en y laissant traîner des papiers, cannettes ou bouteilles vides, etc… L’île est sale, justement à cause de cette culture de la consommation.
Vous pouvez me rétorquer qu’il est possible de consommer autrement, mais cela demanderait une campagne spécifique – tant les gens ont pris de mauvaises habitudes.
L’IRT parle de “vivre l’île”. Peut-être qu’une façon de toucher tout le monde aurait été de faire appel à un registre amoureux moins “prédateur”. Enrichir ce registre (en créole de préférence) de notions traduisant l’admiration, le respect, la mise en valeur, le partage, le service réciproque, l’écoute égalitaire, le don et le contre-don…, serait aussi faire œuvre de contrepoids salutaire aux “langèt”, “kouniss”, “bèz” et autres “gout’anou”, si directement hérités d’une période que nous voulons révolue.
L’animisme africain de la tradition orale, mais aussi dans la tradition écrite, de grands médecins chinois, des savants arabes de l’Antiquité et les poètes de la Renaissance en Occident ont montré la voie d’un autre rapport possible à la nature que celui de la “consommation” qui – bien que relativement récent – a prouvé sa nocivité.
« On ne peut commander à la nature qu’en lui obéissant » disait Francis Bacon au sortir du Moyen-Age.
Essayons de ne pas être plus “obscurs” que nos ancêtres…
J’aime mon île, je l’enrichis par ma présence
Ne trouvant pas dans le compte-rendu sur la campagne de l’IRT une référence directe à l’ “appel à la consommation” qui fait votre titre, je me permets de vous envoyer les quelques réflexions qui suivent, pour vous dire à quel point je trouve malheureuse l’image de la “consommation” pour appeler les Réunionnais à un tourisme intérieur plus impliqué.
Consommer, c’est détruire, en ne laissant pour trace de ce rapport qu’un tas de déchets, recyclables ou non. Est -ce vraiment en faisant appel à ce registre que l’on va inciter les gens à protéger leur île au contraire, tout en trouvant du plaisir à sa découverte et à son partage ? Les gens n’ont déjà que trop tendance à “consommer” bêtement.
Regardons dans quel état se trouve la nature après le passage de pique-niqueurs : ils n’ont pas seulement consommé leur pique-nique, ils “consomment” le site naturel en y laissant traîner des papiers, cannettes ou bouteilles vides, etc… L’île est sale, justement à cause de cette culture de la consommation.
Vous pouvez me rétorquer qu’il est possible de consommer autrement, mais cela demanderait une campagne spécifique – tant les gens ont pris de mauvaises habitudes.
L’IRT parle de “vivre l’île”. Peut-être qu’une façon de toucher tout le monde aurait été de faire appel à un registre amoureux moins “prédateur”. Enrichir ce registre (en créole de préférence) de notions traduisant l’admiration, le respect, la mise en valeur, le partage, le service réciproque, l’écoute égalitaire, le don et le contre-don…, serait aussi faire œuvre de contrepoids salutaire aux “langèt”, “kouniss”, “bèz” et autres “gout’anou”, si directement hérités d’une période que nous voulons révolue.
L’animisme africain de la tradition orale, mais aussi dans la tradition écrite, de grands médecins chinois, des savants arabes de l’Antiquité et les poètes de la Renaissance en Occident ont montré la voie d’un autre rapport possible à la nature que celui de la “consommation” qui – bien que relativement récent – a prouvé sa nocivité.
« On ne peut commander à la nature qu’en lui obéissant » disait Francis Bacon au sortir du Moyen-Age.
Essayons de ne pas être plus “obscurs” que nos ancêtres…
Voir en ligne : J’aime mon île, je la consomme sans modération