Les sports

La crise de confiance qui règne en France

Le révélateur de la Coupe du Monde

Céline Tabou / 29 juin 2010

Le geste de l’équipe de France est un beau geste de solidarité collective envers un coéquipier qu’ils estiment injustement traité. Des réactions en chaîne et disproportionnées ont suivi la rébellion des Bleus. Les politiques s’en sont mêlés. Cela n’est pas s’en rappeler la main de Thierry Henry et le coup de tête de Zinédine Zidane. La classe politique n’a pas eu la même attitude qu’aujourd’hui vis-à-vis de ces actes immoraux.

La France arrache la qualification à la Coupe du monde grâce à la main de Thierry Henry qui dévie le ballon sur son pied pour marquer un but, à la 102ème minute du match contre l’Irlande, en novembre 2009. Le scandale prend des allures d’affaires d’Etat. Les politiques tentent d’apaiser les tensions auprès du gouvernement irlandais qui demande à rejouer le match. En France, les politiques clament qu’il s’agit du jeu. Rama Yade avait d’ailleurs dit qu’on ne peut pas parler de triche parce que "Titi" n’a pas poussé le ballon dans les filets, et Nicolas Sarkozy disait ne pas vouloir se substituer à l’arbitre.
La gauche comme la droite fait preuve d’un chauvinisme ardent pour défendre un geste anti-jeu, contraire à la morale, et félicitent les Bleus de leur qualification. Daniel Cohn-Bendit avait expliqué que « Henry a fait son job et que le football, c’est comme ça ».
Bien avant cette main, le coup de tête de Zidane, en juillet 2006, était l’objet d’une autre polémique.
Lors de la finale de la Coupe du Monde de football opposant la France à l’Italie à Berlin, Zinedine Zidane, capitaine de l’équipe de France, assenait un coup de tête au thorax de Marco Materazzi qui l’avait insulté, selon lui. Bien que la presse internationale se demandât pourquoi un tel acte, aucune sanction n’avait été prise par la Fifa. Et le gouvernement français n’avait pas tenu à communiquer sur le geste de colère de Zidane. Mieux l’équipe reçut l’éloge du Président de La république.

Différence de traitement pour des actes équivalents

Ces deux cas montrent l’attitude équivoque des politiques. Ces deux cas d’incivilité, loin des valeurs sportives, n’auraient-ils pas dû être sanctionnés par la Fifa, la FFF et l’opinion publique, tout comme Nicolas Anelka le vit aujourd’hui.
Les propos que l’on prête à Anelka sont-ils moins vertueux que la main d’Henry et le coup de boule de Zidane. Ces deux gestes ont été vus par des millions de spectateurs, alors que les insultes présumées d’Anelka ont été rapportées, sans preuve.
Thierry Henry l’a clairement indiqué lors de son interview sur Canal +, « je pense que l’on se devait de montrer notre soutien car ces mots n’étaient pas les siens c’est dans ce sens-là qu’on voulait le soutenir ». Dans ce cas, pourquoi Anelka doit faire face à une sanction médiatique, administrative, politique et populaire contrairement à Zinédine Zidane, en 2006, et Thierry Henry, en 2009 ? Cette différence de traitement met en évidence la crise profonde qui règne en France, et dans le monde du Football français.

Crise de confiance entre sportifs et politiques

Lors de la visite du bidonville aux alentours de Knysna, en Afrique du Sud, les Bleus s’étaient arrangés pour éviter la secrétaire d’état au sport, Rama Yade, qui n’avait pas hésité à pointer du doigt leurs chambres d’hôtel, payées par la Fifa. Cette dernière a ramené une compétition internationale à un débat de politique intérieure (le plan de rigueur du gouvernement pour faire des économies et combler le déficit). Les déclarations de Rama Yade sont dues à une culture politicienne "bling bling" et alimentée par les frasques du gouvernement : cigares de Christian Blanc, les appartements de Christian Estrosi, salaires de Christine Boutin, ...
L’exaspération prend le pas, et les Bleus décident de s’unir pour défendre leur coéquipier. Après avoir essuyé des critiques avant la Coupe du Monde, les Bleus ont décidé d’agir. Leur acte de solidarité est vu maintenant par les politiques, dont Roselyne Bachelot, comme un caprice de "caïds immatures". Pourquoi un tel acharnement ?

Céline Tabou


Couac entre les institutions et les joueurs

Au lieu de convoquer tous les responsables de la débâcle française, les joueurs, le staff, la FFF, Roselyne Bachelot, pour éviter les représailles de la Fifa, décide de ne convoquer que les Bleus.
Ceux-ci devront s’expliquer, et seront interrogés par la ministre. Les problèmes relationnels entre les institutions et les responsables sportifs apparait comme inévitable. Pour éviter le retrait de la France de toutes les compétitions internationales à venir, la ministre des Sports à préféré s’adresser aux joueurs, et leur faire porter la responsabilité des évènements, plutôt que trouver les vrais responsables de la crise qui règne au sein de l’équipe de France.


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