Le docker Edmond Hilarion, dit "Théo" était mutilé le 7 mars 1994, par deux gendarmes, lors d’une opération de maintien de l’ordre devant l’entrée du Port-Est. Après 13 ans de procédure, les deux gendarmes en cause sont renvoyés devant la Cour d’Assises.
Tous les Réunionnais ont été fortement impressionnés par la grandeur d'âme, la générosité et la hauteur de la dignité exprimées par Théo Hilarion (notre photo) lors du procès de deux responsables de l'agression criminelle dont il a été victime, gravement mutilé à vie, il y a 14 ans au Port. Le pardon qu'il leur a accordé est tellement généreux qu'il a permis aux responsables de la cour d'assises de faire acquitter ces deux gendarmes et de ne même pas condamner (...)
A la sortie du tribunal. (photo Imaz press Réunion) Magnifique Théo Hilarion ! Droit dans la posture de dignité et de retenue qui est la sienne depuis le début, il a plus et mieux servi la cause des deux gendarmes que leurs deux avocats réunis. Surtout au moment du double pardon final, donné avant même l'énoncé du verdict. « J'ai une santé bousillée et je sais que cela va aller de pire en pire » - a dit l'ancien docker en réponse aux « regrets » que les deux gendarmes (...)
Michel Séraphine et Théo Hilarion. (photo Imaz press Réunion) Après la plaidoirie de la partie civile et les réquisitions de l'avocat général, le matin, après les plaidoiries de la défense, le président a donné la parole aux accusés. Ces derniers se sont adressés, tous les deux, à Théo Hilarion : « Vos cauchemars, je les partage » - a commencé Alain Michelot. « Votre douleur, je la ressens. Je vous remercie pour votre dignité et j'espère que, des vérités qui ont pu être (...)
Au rythme auquel, depuis lundi, les deux gendarmes lâchent leurs parcelles de vérité sur les faits du 7 mars 1994, auront-ils dit toute la vérité avant la fin de la semaine ? Hier, c'est Théo Hilarion qui commençait à en douter et à exprimer son agacement devant les dérobades et les demi-vérités. Car si les deux gendarmes se contredisent toujours autant et se chargent mutuellement, ou chargent d'autres protagonistes pour tenter de se tirer de leur mauvais pas, ils continuent (...)
L'ex-adjudant-chef Alain Michelot a dit au deuxième jour de l'audience « avoir besoin du pardon de Théo Hilarion » pour apaiser sa conscience. La tonalité de cet appel était celle de la sincérité. La réponse de Théo est venue dans les instants qui ont suivi. Extraordinairement empreinte d'une émotion qui le prenait à la gorge, cette réponse - qui fut effectuée en deux temps, matin et après-midi - fut admirable d'authenticité : il y a longtemps que j'ai (...)
L'affaire Théo Hilarion est un drame. Pour Théo, ce drame dure depuis le 7 mars 1994 et ne s'éteindra qu'avec sa propre vie. Pour l'ensemble des acteurs, pour notre société, il s'agit d'un drame hypothéquant lourdement des vies depuis 14 ans déjà. 14 longues années de mensonges, de reniement de la parole donnée, de violations des lois de la République par ceux-là mêmes qui sont chargés d'en exiger le respect. 14 années de dégâts moraux considérables (...)
Michel Séraphine et Théo Hilarion au tribunal ce matin pour suivre la suite du procès. (Photo P.D.) Toute la journée de mardi, les deux prévenus sont revenus sur leur version des faits du 7 mars 1994, dans un jeu de questions posées tour à tour par le président du tribunal, les avocats, l'avocat général, plus rarement les jurés. Les débats ont essentiellement tourné autour des faits au moment de la confrontation entre dockers et forces de l'ordre, et du silence organisé sur (...)
Chacun des deux gendarmes a fait, devant les jurés et devant le tribunal, le récit de la façon dont il avait intériorisé la consigne de se taire. « Cette logique de silence, si elle avait été abandonnée plus vite, l'auriez-vous suivie ? » demande Me Najzstat à son client, Alain Michelot. « J'aurais obéi » se contente de répondre le gendarme, qui ne répondra pas non plus aux questions sur le rôle du colonel Guillaume qui, s'il est là aujourd'hui, sera invité à (...)
C'est désormais établi, le 7 mars 1994, lorsque les hommes placés sous le commandement du capitaine Gamet prennent position dans l'enceinte portuaire pour une mission de maintien de l'ordre, ni les cartouches Gomm'Cogne, ni les ALSETEX ALCA 12, ne font partie de la dotation officielle des forces de gendarmerie en poste à La Réunion et n'auraient jamais dû se trouver là, car : 1- leur utilisation était interdite dans le cadre d'une mission de maintien de (...)
(photo Imaz Press Réunion) Le procès qui s'est ouvert hier matin à la Cour d'Assises de la rue Juliette Dodu, à Saint-Denis, est une chose inouïe, au sens littéral. C'est la première fois en France, a souligné l'un des avocats présents, que deux gendarmes, convaincus de violences commises dans l'exercice de leur fonction - une opération de « maintien de l'ordre » - comparaissent devant une Cour d'Assises. Il a fallu douze ans de procédure, (...)
L'ancien adjudant-chef Alain Michelot, retraité de la gendarmerie depuis 1999 - depuis qu'il a fait valoir ses droits à la retraite pour échapper au “dossier disciplinaire” que lui préparaient ses supérieurs après les “fuites” et les aveux des gendarmes, entre 1995 et 1998 - est presque devenu méconnaissable. Retourné à la vie civile depuis dix ans, aujourd'hui âgé de 58 ans, il s'est laissé pousser les cheveux et un collier de barbe. Il (...)
M. Michelot explique être inspiré par la droiture enseignée par un père exemplaire. Fort bien. Expliquant le déroulement de sa carrière, il démontre être formé aux missions les plus délicates dans des contextes extrêmement périlleux - exfiltration de citoyens français expatriés et menacés par des conflits armés, par exemple - où tous les détails d'une intervention sont minutieusement pesés, soupesés, bref, des situations où l'improvisation n'est pas admissible. Et (...)
De gauche à droite : Théo Hilarion, Danio Ricquebourg et Michel Seraphine. (photo P.D.) Arrivé la veille à Gillot et accueilli par deux anciens camarades à sa descente d'avion, Théo Hilarion a retrouvé sa famille, son ancien quartier de l'Epuisement, au Port et tous ses dalons. A le voir, toujours fort, le visage ouvert, souriant, barré de lunettes noires, comment deviner que ce grand gaillard a reçu dans l'œil gauche une munition de guerre qui ne lui a pas (...)
Il sera accueilli par une délégation du syndicat CGTR Ports et Docks, constitué partie civile depuis le début d'une affaire qui a parcouru « un véritable marathon judiciaire », selon l'avocat Rémi Boniface, constitué pour la défense du docker. Au début du mois, lors de la mission de la délégation des comités d'entreprise dans des ports français, quelques dockers ont pris contact avec leur camarade aujourd'hui installé dans la région de Marseille. Ils devaient se (...)
Hier, 7 mars, les dockers et autres travailleurs portuaires présents dans la manifestation de la CGTR ont eu une pensée pour leur camarade Théo Hilarion. C'était aussi un 7 mars... 1994 : les dockers protestaient devant l'enceinte portuaire contre la mensualisation que leur imposaient les patrons de la manutention. Des troupes d'élite avaient pris position à l'entrée du port tôt le matin et, vers 11h, une brève, mais violente altercation - dénoncée par les dockers (...)
Pour l'avocat, cette décision est une victoire. « Enfin, le crime dont a été victime Théo Hilarion va être jugé devant une juridiction adaptée, et non "une juridiction au rabais" ». Théo Hilarion l'a appris par son avocat hier. Rémi Boniface lui annonçait une bonne nouvelle : l'affaire part aux Assises. Installé à Marseille, l'ancien docker nous confiait hier au téléphone sa satisfaction : « Ma la demandé si lé gendarme i pé fèr apèl. An apèl i pé pli, mé (...)
(Page 2) C'est en France que “Théo” a appris mardi soir la décision de la Cour de cassation. Le docker Edmond Hilarion se repose actuellement chez un frère, après une nouvelle série d'examens médicaux. C'est là qu'il a su que les magistrats venaient de renvoyer devant les assises le procès des deux militaires accusés de l'avoir mutilé à vie, le 7 mars 1994, dans une opération de “maintien de l'ordre” devant l'enceinte du (...)
La dernière fois que le docker Théo Hilarion et les deux gendarmes inculpés de « coups et blessures » se sont retrouvés devant un tribunal, c'était à la fin de l'année dernière, à l'audience du 25 octobre 2002. Huit ans et demi après les faits qui ont laissé le docker gravement mutilé, un tribunal spécialement composé pour juger de faits commis par des militaires se réunissait pour examiner ces faits dans les mêmes termes où ils avaient été soulevés lors d'un premier (...)
L’Az Do Fèr La Réunion : avec l’AJFER, le journal des jeunes Réunionnais dans Témoignages.
Alon filozofé
La politique, c’est pour qui et pour quoi ?
Point de vue
Une autre politique de l’art pour éviter un débat stagnant autour du financement (suite)
C’en est trope
Un nouvel eugénisme
Chronique de Raymond Mollard
Ubu roi, rue de Grenelle
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