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15 septembre 2008
Lors du séminaire sur le tourisme du 12 septembre, on a pu noter plusieurs lacunes dans le rapport d’ODIT France.
Il a manqué de consistance historique.
Il ne s’inscrit pas dans l’histoire du développement du tourisme réunionnais. Celle-ci démarre avec l’assemblée consultative d’Alger installée par De Gaulle.
Dans le projet en cinq points de développement de l’île qui lui est transmis figure “l’organisation du tourisme” et la nécessité de construire, sans retard, le minimum d’hôtels. On parle de développement touristique à La Réunion, il y a plus de 60 ans, avant même l’avènement de la départementalisation. Une réinscription dans l’histoire aurait permis de constater les avancées et les erreurs. Elle aurait rappelé que les premières tentatives de créer un label “océan Indien” datent du début des années 70 avec l’ARTOI (Agence Régionale de Tourisme de l’Océan Indien) et non en 94 comme indiqué par Margie Sudre.
Un tel rappel aurait démontré que les “stratégies de mise en tourisme” de l’île se sont succédé.
Celle d’ODIT France n’innove fondamentalement pas. Elle rappelle, par exemple, celle présentée dans “Mémento du Tourisme pour La Réunion” de 1998.
Vendredi, les présentateurs ont escamoté un point ; ils n’ont pas dit à quel moment de son cycle de vie se trouve le tourisme réunionnais. Comme tout ce qui vit, l’activité touristique connaît une phase de croissance puis une de stagnation puis une de déclin. Elle peut renouveler ce cycle. ODIT n’a pas donné à son auditoire les moyens de se situer.
La seconde lacune du rapport est qu’il s’inscrit uniquement dans la sphère du tourisme sans la corréler avec d’autres éléments comme la crise alimentaire, les APE, l’avenir de l’Octroi de nier et, plus encore, une stratégie de développement sous tous ces aspects dont celui de l’aménagement du territoire.
ODIT France ne parle pas de questions financières. On est resté à des bribes de réponses : la future loi-programme et les moyens dégagés par une loi sur le tourisme, présentée à la fin de l’année. Mais, avec les problèmes budgétaires et financiers du gouvernement, le temps est à la restriction des moyens de l’État et de la France. On pense faire appel à des financements étrangers. Il faudrait, au préalable, régler la question des visas, sésame indispensable. On connaît la réponse gouvernementale sur le sujet. On a bien parlé de gouvernance. Cela devenait nécessaire après la polémique Etat-Région. ODIT France et M. Novelli sont restés au stade de déclarations de principe. Or, le tourisme illustre un mal de la République : la multiplication des règlements et des lieux de décision, situation plus difficile dans une région monodépartementale, éloignée, de petite taille, insulaire et qui porte ses propres contraintes (comme l’existence d’un Pare national). Nous sommes en plein dans un problème connu : le complexe du mille-feuilles administratif français, mis en cause dans des rapports officiels, mais réformé souvent à la marge. En s’introduisant dans le jeu et en voulant y rester, ODIT France vient compliquer un peu plus la situation.
Sur la question du visa, des explications sont officieusement avancées pour justifier la position de l’État. Mais, on sait bien qu’au nom de ses obsessions sécuritaires, le gouvernement ne veut pas que La Réunion soit la porte d’une immigration qui pourrait devenir illégale à l’image de ce Chinois resté clandestinement dans l’île pendant 20 ans. Le rapport d’ODIT tait cet aspect, empêchant le débat et mettant implicitement en cause les capacités locales à faire face.
JMS
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