17 août 2010
Vendredi dernier, face à la mosquée de la rue Maréchal-Leclerc, les policiers sortaient les tasers et répandaient le gaz lacrymogène contre la population, en pleine sortie de la grande prière du vendredi. L’évènement a déclenché les passions dans notre société : certaines réactions ont critiqué l’action des forces de police. D’autres ont franchement versé dans la haine anti-musulmane, à tel point que le forum “Clicanoo” a dû fermer, submergé par la vague islamophobe. Une décision d’ailleurs tout à l’honneur du quotidien d’Yves Mont-Rouge, car au même moment, le gérant du blog “Zinfos974.com” validait avec la complaisance habituelle les propos les plus immondes envers l’Islam et les musulmans de La Réunion.
Mais tout de même.
On a peine à comprendre les nombreuses prises de positions qui mettent systématiquement sur le même plan l’action de la police et la réaction de la population, affirmant — avec une détermination presque rageuse — que l’incident n’est qu’un banal “ralé-poussé”. Que celui-ci n’a rien à voir avec un préjugé, endémique ou importé, envers les Musulmans. Et assènent que “l’incident” auraient pu avoir lieu n’importe où, face à n’importe quel édifice religieux, impliquant n’importe quelle “communauté”.
Outre qu’il y aurait beaucoup à dire sur ce dernier mot, la lucidité minimale dément la volonté “d’égalisation” de nos faiseurs d’opinion. Tout d’abord, parce que les faits sont là : jusqu’à preuve du contraire, les lacrymos et tasers sont sortis d’un côté, et non de l’autre. Ensuite, parce que pour le patron des forces de l’ordre lui-même, « le contexte particulier du Ramadan a créé des tensions ». Ce qu’il ne dirait évidemment pas à propos d’autres fêtes religieuses.
Un deux poids deux mesure que soulignait hier avec ironie un internaute, à travers une parodie de compte-rendu journalistique : “Soulagement à Saint-Leu : les célébrations de l’Assomption et notamment celle des pêcheurs se sont déroulées sans incident notable et sans intervention nécessitant l’emploi de lacrymogènes. La foule des fidèles ont ainsi pu se recueillir en sérénité et quitter les lieux de prière sans encourir de réponse proportionné”.
On a beau aimer l’ordre et être légitimiste, il y a bien un moment où il faudra admettre que les “débats” pourris et l’idéologie bricolés par un gouvernement en pleine dérive sont en train de s’imposer à notre société. Et que face à la violence qu’ils entraînent, tout ne se vaut pas.
G.G.-L.
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