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Fête de Pandialé au Temple du Chaudron
3 janvier 2006

Après une période d’ascèse d’une dizaine de jours, les pénitents du Temple du Chaudron ont clôturé dimanche la traditionnelle fête de Pandialé consacrée à la déesse symbolisant la virginité, par une marche sur le feu. Les gradins installés dans la cour du temple bicentenaire de l’association Mariamin, fraîchement rénové, n’ont pas suffit à contenir un public venu nombreux assister à la cérémonie.
La signification de la fête de Pandialé ou l’importance que revêt la marche sur le feu pour la communauté tamoule échappent sûrement à nombre de personnes qui se bousculaient pourtant dimanche pour assister à la cérémonie dans la cour du Temple du Chaudron.
Une dizaine de pénitents
Appelée aussi Dolvédé ou Dlobédé, Pandialé est, avec Karli et Mariamin, une des 3 principales déesses qui rythment le cycle des grandes cérémonies des “sapèl malbar”, dont celle du Chaudron, qui étrennait dimanche ses nouveaux atours architecturaux après plus de 2 ans de travaux. Son histoire, tirée du Mahabharata (long poème épique de la lutte entre les 5 Pandava et les Kaurava), sert de support mythologique à la marche sur le feu. Pour prouver sa virginité, Pandialé doit traverser un brasier sans se brûler. À l’image de leur déesse, chaque année des dizaines de fidèles font le vœu de marcher sur le feu ou de faire le tour du brasier dans un but précis : expiation, action de grâces ou sacrifice propitiatoire.
Dévotion et tradition
La marche sur le feu est un épisode majeur et spectaculaire de la fête de Pandialé, jalonnée de cérémonies religieuses. Sur un geste du prêtre, les “marcheurs” succèdent aux joueurs de tambours sur l’aire sacrée. À gauche du brasier (par rapport à l’autel) se postent les joueurs de tambours alors que les femmes se placent aux 2 extrémités de la fosse. Les tambours battent à tout rompre quand, comme le veut la tradition, le prêtre ouvre la marche, trace un sillon de pas dans la braise pour les autres pénitents. Arrivé à l’autre extrémité de la fosse, le liquide bienfaisant du “bassin d’lé” soulage alors la plante de ses pieds. Lui succèdent alors les 3 porteurs de karlons, les porteurs de statuettes ou d’instruments cultuels et enfin les autres “marcheurs”.
La traversée du brasier se fait 3 fois sous la vigilance des statues des divinités que les pénitents ne quittent pas des yeux. Lorsque les hommes ont fini leur marche sacrée, les femmes pénitentes se rassemblent en cortège et font 3 fois le tour du brasier. Les pénitents se rassemblent alors autour du prêtre. Une fois leur dévotion exprimée à la déesse, agenouillés dans le bassin, ils reçoivent tour à tour les grâces du prêtre. Les sacrifices de cabris et de volailles annoncent la fin de la cérémonie, riche pour les sens et la pérennisation de la tradition.
Estéfani
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