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La persistance d’une analyse erronée des dirigeants de la fédération PS
29 mars 2010
Le 14 mars dernier, le peuple a fixé au PS les limites de sa stratégie : 13% des voix, alors que dans le même temps, l’Alliance est apparue comme la première force politique du pays avec 30%. Pourquoi le PS décide-t-il alors de persister dans la stratégie suicidaire de la désunion ? C’est tout le peuple réunionnais qui paie aujourd’hui le prix de cet entêtement dans l’analyse erronée.

L’embouteillage quotidien devant le terrain en friche qui aurait dû être le Pôle Océan. Voici une scène qui risque de se prolonger encore pendant plusieurs années à cause de la persistance de l’analyse erronée des dirigeants de la fédération PS. Cette persistance a eu pour conséquence d’offrir la Région a une UMP minoritaire en voix dont la première décision est de remettre en cause le tram-train et de supprimer la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. (photo M.M.)
Le scrutin du 21 mars a abouti à cette situation unique. Minoritaires en voix, l’UMP et ses alliés ont réussi à obtenir la majorité des sièges du Conseil régional. Ce résultat est dû à une triangulaire, provoquée par le refus de la liste du Parti socialiste de s’unir à celle de l’Alliance.
Cette situation est sans équivalent pour ces élections régionales car partout ailleurs, les listes ont fusionné afin de ne laisser aucune chance à l’UMP de l’emporter. Dans plusieurs régions au premier tour, l’UMP avait fait un bien meilleur résultat qu’à La Réunion. Alors que dans notre île, elle était arrivée en deuxième position, quatre points derrière l’Alliance, l’UMP était en tête dans plusieurs Régions de France au soir du 14 mars.
L’union des listes de sensibilités progressistes a alors inversé le résultat pour faire respecter la volonté populaire : puisque l’UMP est minoritaire en voix, alors l’UMP est minoritaire en sièges et ne peut prétendre au contrôle de la Région. En France, cette analyse s’est largement vérifiée et a permis de remporter 21 Régions sur 22. Logiquement, c’est cette analyse qui aurait dû prévaloir à La Réunion, mais le PS a refusé l’union. Résultat : les projets prévus pour construire l’avenir du pays sont menacés du fait d’une analyse erronée.
7.000 voix de moins qu’aux Européennes
La Direction du PS persiste dans l’erreur d’analyse, et cela malgré l’avertissement des dernières Européennes. En 2009, le PS arrive en troisième position à La Réunion aux élections européennes, derrière l’Alliance et l’UMP. Cela n’empêche pas Gilbert Annette de se féliciter du résultat de son parti, qui a réduit l’écart qui le séparait de l’Alliance par rapport aux Européennes de 2004. Cette analyse est aussitôt contredite par d’autres responsables de la Fédération socialiste qui constataient qu’à la différence de 2004, l’UMP a réussi à passer devant le PS.
Ces élus socialistes ne comprennent pas pourquoi leur premier secrétaire fédéral prend l’Alliance comme référence, alors que l’Alliance n’est pas un adversaire, mais un partenaire, affirment-ils.
Moins d’un an plus tard aux Régionales, c’est la même analyse qui débouche sur la même stratégie. Le PS décide de partir seul au premier tour. C’est un échec considérable. Avec à peine 30.000 voix, le PS fait 7.000 voix de moins qu’aux Européennes. Entre ces deux scrutins, le PS a donc perdu 25% de ces électeurs, alors que la participation a augmenté de plus de 10 points.
Il retrouve ce qui est son poids électoral habituel à La Réunion dans une Régionale, à savoir 13%. Le PS est donc loin derrière l’Alliance qui, avec plus de 30%, totalise 40.000 voix de plus.
PS sourd au message des électeurs
Les électeurs lui ont donc fixé sa marge de manœuvre : l’union avec l’Alliance. Au cours des discussions avec la délégation de l’Alliance, les responsables PS obtiennent un accord de principe sur la totalité de leurs demandes. Malgré ces conditions exceptionnelles, les dirigeants PS ont choisi de se maintenir en sachant que le seul résultat de cette attitude était de favoriser l’UMP. Ils montrent qu’ils sont sourds au message des électeurs et ils sont responsables de la victoire de l’UMP avec seulement 45% des voix.
Vendredi dernier, tous les Réunionnais ont pu prendre connaissance des premières conséquences de ce choix stratégique basé sur la persistance d’une analyse erronée. Ils savent désormais que le refus de l’union par les dirigeants socialistes locaux entraine la remise en cause d’un contrat de plus de 2 milliards d’euros prévoyant le tram-train et la route du Littoral.
Les Réunionnais savent également que les dirigeants de la Fédération socialiste créent les conditions pour empêcher les Réunionnais d’honorer pleinement leurs ancêtres afin de construire un avenir de développement.
Le contenu de la dernière conférence de presse de la Fédération socialiste montre que l’Alliance est toujours l’adversaire, cette analyse erronée va peser au cours des quatre années qui auraient pu être celles de la réalisation des projets du développement durable de La Réunion du million d’habitants.
Manuel Marchal
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