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Hôpital public
Une première mondiale :
13 octobre 2008
C’est une double prouesse médicale et humaine que fêtaient vendredi toutes les équipes travaillant avec le service de chirurgie cardiaque de l’unité Félix Guyon à Saint-Denis, réunies autour de Michel Calmon, directeur général du Centre hospitalier régional (CHR) de La Réunion.

Natanaëlle (aux côtés de sa mère) poursuit aujourd’hui sa scolarité en 4ème, au collège de Beaulieu. « Sur le moment, je n’étais pas très consciente de ce qu’il s’est passé, mais aujourd’hui, je réalise que les greffes et le don d’organes sont très importants », dit-elle. (photos PD)
Ils célébraient, avec Natanaëlle (bientôt 14 ans) et sa famille, la première implantation, à l’île de La Réunion, d’un cœur artificiel sur une enfant et le succès d’une assistance exceptionnellement longue qui a permis à la fillette de bénéficier d’une transplantation cardiaque à la Salpêtrière, après une évacuation sanitaire sous assistance circulatoire d’une durée exceptionnelle, entre La Réunion et la France.
Lorsque Natanaëlle a été admise à Félix Guyon, en février 2007, âgée de 12 ans, son cœur ne fonctionnait plus : un arrêt cardiaque causé par une intoxication des organes suite à une chimiothérapie, de mars à décembre 2006, dans le traitement d’un cancer rare détecté en novembre 2005.

Après une première assistance en urgence, le pronostic restant très réservé, la fillette a subi en mars 2007 la première pose d’un cœur artificiel : une intervention exceptionnelle de 20 heures, effectuée par l’équipe de chirurgie cardiaque de La Réunion - docteurs Jean-François Delambre et Eric Braunberger -, assistée d’une équipe de la Salpêtrière.
Cet exploit doit aussi beaucoup à la pugnacité de la mère de la petite, Jacqueline, dont les premiers contacts avec les médecins ont été plutôt rudes. « Je me suis beaucoup bagarré. Beaucoup de choses ont été dites dans la douleur et la colère. Je ne voyais que la souffrance de ma fille et c’est cette machine qui lui a sauvé la vie », a dit Jacqueline Arginthe, en remerciant toute l’équipe, l’hôpital et tous ceux qui ont “donné la main”. Un an et demi après, elle avoue « ne pas tout réaliser ».
C’est à ce jour le seul cas de mise en place d’assistance ventriculaire externe à La Réunion et c’était la première fois que cela se faisait sur une enfant. L’évolution ultérieure étant favorable, la fillette a été transférée à la Salpêtrière sous assistance ventriculaire, neuf jours après l’opération, pour une transplantation. Elle a reçu le cœur d’un jeune de 17 ans qui restera toujours dans ses pensées et auquel la mère de Natanaëlle a aussi rendu hommage.
Le transfert a été lui aussi quelque chose de tout à fait exceptionnel, réalisé avec le soutien d’Air Austral et les techniciens de maintenance de l’hôpital. Ces derniers ont déployé des trésors d’ingéniosité pour “booster” la batterie qui devait maintenir l’assistance circulatoire pendant tout le trajet, dans un environnement non sanitaire et sur 10.000 km. C’est le deuxième exploit de cette histoire exceptionnelle. « Dans la littérature médicale, on n’a pas trouvé d’exemple d’évacuation sanitaire de cette nature sur un vol long-courrier », a souligné le docteur Arnaud Bourdé, chef du service des urgences et du SAMU.
C’est toute cette chaîne de solidarité humaine mise au service d’une double prouesse technologique qu’a tenu à souligner le directeur général du CHR. « Cela a été une histoire très difficile à vivre pour cette famille et nous sommes heureux de ce dénouement survenu dans l’hôpital public », a-t-il dit en remerciant et en félicitant toutes les équipes.
P. David
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