APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Coopération/Immigration
2 décembre 2004

L’Union des femmes réunionnaises dénonce la politique restrictive en matière d’immigration à l’égard des ressortissants de la zone océan Indien. Elle demande aux instances politiques locales et à la société réunionnaise de réagir.
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L’Union des femmes réunionnaises et la permanence parlementaire de la députée Huguette Bello sont débordées. Nombreux sont les cas de ressortissants de la zone océan Indien, victimes des blocages et recours hiérarchiques de l’administration face à des situations qui mériteraient une étude au cas par cas.
"Nous sommes impuissants et ne savons plus quoi faire", souligne Huguette Bello, présidente de l’UFR. Elle dénonce vivement le manque de transparence dans les dossiers d’information sur les procédures légales. "Combien de demandes sont déposées et combien sont satisfaites ? Nous n’avons aucun chiffre". Pour la députée, "il est temps de briser les tabous même si cela n’est pas politiquement correct d’en parler".
L’UFR, qui inscrit ce combat dans sa lutte pour la dignité des femmes immigrées, dénonce cette obsession de la fraude et de la clandestinité qui conduisent à des blocages administratifs "intolérables". L’instruction des dossiers est toujours plus restrictive que compréhensive, les réponses toujours plus négatives que positives, constate Huguette Bello.
"Toute personne qui demande un visa est suspecte pour la France et l’Europe qui parlent de pays à risques, mis au ban de certaines nations", réprouve fermement la députée.
Cette "discrimination", ressentie dernièrement avec les mésaventures d’Ahmed puis de Marie, pénalise selon l’UFR ceux qui ont déjà été réduits à l’esclavage, à la colonisation pendant plus d’un siècle.
"Ces personnes sont répudiées, pourchassées, mises en zone de rétention, menottes aux mains comme des bandits", dénonce Monique Couderc, de l’UFR. "Depuis les affaires de ces derniers jours, un principe malsain de délation, de suspicion, s’installe. Les Comoriens sont vus comme des fraudeurs de papiers et les femmes malgaches comme des prostituées et des voleuses d’hommes".
Nombre d’étrangères qui se marient avec des Français se retrouvent abandonnées, sans plus de recours, des malades de la zone attendent désespérément l’autorisation pour venir se faire soigner à La Réunion, des mères sont séparées de leurs enfants car eux ont la nationalité française mais pas elles...
Alors qu’on parle coopération régionale, que les hautes autorités nationales se rassemblent au Congrès de la Francophonie, Huguette Bello exhorte à mettre les actes en face des paroles. "On est dans le pays des Droits de l’Homme et si la loi est ainsi, élaborée par des Français, est-ce que le peuple a vraiment décidé qu’il fallait séparer les enfants de leurs parents ?"
On occulte un peu vite le passé. Celui du peuplement de notre île, comme la période des années 70 où les Réunionnais partaient étudier et se faire soigner à Madagascar.
"L’administration met à mal l’équilibre et le fondement de notre société multiculturelle, ainsi que les rapports avec les pays de la zone. C’est inacceptable et nous allons nous mobiliser face à cette injustice pour aider les clandestins qui sont là depuis des années, allons interpeller la société réunionnaise sur cette politique injuste, ces méthodes coloniales abusives. Ce ne sont pas les ressortissants de la zone qui aggravent la situation socio-économique de notre île", se soulève Monique Couderc.
L’UFR va demander une audience aux deux présidents des collectivités pour que les politiques réagissent. "La Réunion est une terre d’accueil, elle ne va pas refouler les derniers arrivants", explique Monique Couderc.
Et si les dernières mesures adoptées par le gouvernement en matière d’immigration ne laissent pas présager un changement de comportement, Huguette Bello estime que sur ce sujet "il y a une solidarité à faire naître à La Réunion, car la compassion, si tant est que l’on en éprouve, ne suffit pas".
Estéfany
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