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Conséquence de l’appartenance à une classe sociale
27 octobre 2011
Cet extrait de la revue numéro 137 d’“Economie de La Réunion” décrit l’ampleur de l’illettrisme dans la population de notre pays. Mais tous les Réunionnais ne sont pas égaux face à cela, tout dépend de la classe sociale d’origine.
Près de 30% des personnes qui ne parlaient que créole durant l’enfance sont illettrées à l’âge adulte, parmi les natifs réunionnais âgés de 15 à 64 ans. Elles ont, certes, été scolarisées ; elles ont majoritairement appris à lire et à écrire ; mais aujourd’hui, elles éprouvent des difficultés dans les exercices quotidiens de communication écrite. C’est en compréhension d’un texte simple et en production de mots écrits qu’elles ont le plus de difficultés. Mais en lecture simple de mots, un créolophone sur vingt a toujours des difficultés fortes ou graves. Le groupe des personnes bilingues, qui parlaient français et créole durant l’enfance, a moins de difficultés. Il compte environ 10% d’illettrés, et se situe ainsi au même niveau que celui de France métropolitaine. Enfin, l’illettrisme est particulièrement faible chez les francophones exclusifs (moins de 2%). Chacun de ces groupes a des caractéristiques sociodémographiques différentes. Les créolophones sont plus âgés, or, le taux d’illettrisme augmente avec l’âge. Ils lisaient peu durant l’enfance, et les habitudes de lecture sont primordiales. Ils sont par ailleurs issus de familles moins aisées, et le taux d’illettrisme varie fortement selon le niveau de vie. Ainsi, seuls 10% des personnes qui déclarent avoir vécu dans un milieu à l’aise financièrement sont illettrées, contre près de 50% chez celles issues des milieux les plus pauvres. Les déterminants de l’illettrisme sont multiples et influent à des degrés divers.
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