APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Grève à la Holcim
28 avril 2007

En pleine négociation annuelle des salaires, les partenaires sociaux de la Holcim ont poursuivi le dialogue sur fond de grève des salariés, dont le mouvement s’est déclaré vendredi matin après une Assemblée générale. L’Intersyndicale CGTR-CFDT-CGC explique pourquoi.
Après une quatrième réunion de NAO terminée jeudi sans résultat, les salariés ont jugé plus efficace, pour faire entendre leurs propositions, de passer à l’action. Leurs propositions pour les salaires voudraient faire reconnaître un pourcentage d’augmentation en part fixe, là où la Direction avance « une large part variable », disent les salariés. Ces derniers veulent une augmentation de 5% pour les coefficients 100 à 173 et 300 à 550 (ETAM) et 4% pour les autres.
L’offre de la Direction est calquée sur l’échelle proposée par la FRBTP, soit 2,65% pour les salaires. D’autres mesures y sont associées : une promotion interne correspondant à 1,20% de la masse salariale, une prime d’objectif de 60 euros, un avantage retraite (0,38%) et un ticket restaurant (de 6 à 6,50 euros) représentant 0,51% de la masse salariale. L’ensemble représente 6,97% d’augmentation en variable. Ce que les salariés appellent “partie fixe” est une augmentation de salaire qui reste et qui pourrait être reconduite dans les prochaines années. L’augmentation “variable” n’est valable que pour 2007, et en fonction du résultat.
« La promotion interne n’est attribuée qu’à “la tête du client”, et la prime d’objectif, c’est du prévisionnel. La Direction elle-même dit que c’est aléatoire, c’est en fonction de l’objectif... mais comment est fixé l’objectif ? Et comment chiffrer quelque chose d’aléatoire ? Tout cela est très flou ! », expliquent ensemble Joseph Padeau (CGTR) et Dominique Brenus (CFDT).
L’augmentation “aléatoire” de 6,97% proposée par la Direction a été chiffrée à 281.000 euros. L’augmentation demandée par les salariés s’élève à 289.804 euros.
« Comment leur faire confiance ? », demande Joseph Padeau, en rappelant que selon l’accord signé l’an dernier, « dès la 36ème heure, le dépassement serait rémunéré en heure supplémentaire. Cela n’a pas été respecté ». Pas plus que ne l’a été, selon eux, la proposition de créer une commission pour actualiser la Convention collective - dont la grille des qualifications ne serait plus en adéquation avec la réalité des métiers du Bâtiment. Cette commission n’existe toujours pas.
De guerre lasse, et parce que les négociations de cette année n’avançaient pas, les salariés sont partis en grève « jusqu’à ce que les négociations intègrent leur demande d’une partie fixe », disaient-ils hier. Ce n’est pas qu’ils craignent de ne pas atteindre les objectifs. « On est toujours en progression », note Dominique Brenus, « mais il y a beaucoup de remontée en Suisse ».
« Et là, ils ne regardent pas le niveau de l’inflation pour décider d’expédier les profits ; ce sont des sommes faramineuses », ajoute Joseph Padeau.
Les grévistes étaient confiants hier. « 4% à 5% en fixe, c’est négociable », estiment-ils.
Les négociations ont repris dans l’après-midi d’hier et se sont interrompues en soirée sans avoir atteint de résultat.
P. David
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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