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Impact de la hausse du prix du pétrole sur le transport aérien
5 juin 2008, par

Le triplement du prix du kérosène en trois ans fait que la surcharge carburant augmente désormais de 252 euros le prix d’un aller-retour entre La Réunion et la France sur la ligne d’Air Austral. « C’est une situation extrêmement grave pour le transport aérien, c’est dramatique pour La Réunion », souligne Gérard Ethève, directeur général d’Air Austral.
300% d’augmentation en trois ans, 32% sur les trois derniers mois, 14% le mois dernier : la hausse du prix du kérosène a de nouvelles répercussions pour les usagers des transports aériens. Pour La Réunion, cet impact est encore plus fort, car des transports aériens dépend le désenclavement du pays.
Les chiffres sont implacables, résultat d’une situation à laquelle les compagnies aériennes ne peuvent rien : le carburant représente aujourd’hui 41% du coût d’un vol entre La Réunion et Paris contre 15% il y a cinq ans, lors de l’ouverture de la ligne d’Air Austral.
Dans un communiqué publié hier, la compagnie annonce les nouveaux montants de la surcharge carburant. Ils augmentent d’environ 25% en moyenne. 252 euros pour un aller-retour La Réunion-Paris ; 70 euros pour les vols à destination de Mayotte, de l’Union des Comores, des Seychelles et de l’Afrique du Sud ; 58 euros pour les vols entre La Réunion et Maurice, et entre Madagascar et l’Union des Comores, et entre Madagascar et Mayotte. La précédente hausse datait du 5 mai, mais depuis un mois, les prix du pétrole ont continué à flamber, entraînant ceux du kérosène. La compagnie doit donc faire face à une hausse de 14% en un mois de ses dépenses de carburant. Le nouveau montant de la surcharge ne couvre d’ailleurs pas l’augmentation des charges kérosène de la compagnie.
« C’est une situation extrêmement grave pour le transport aérien, c’est dramatique pour La Réunion », souligne Gérard Ethève, directeur général de la compagnie. « Vu le prix du billet, l’inquiétude est le risque d’une réduction du nombre de passagers », ajoute-t-il.
Une flotte d’avions récents, et donc plus économes en kérosène, permet néanmoins de limiter autant que possible les dégâts. Par ailleurs, les projets de desserte de l’Australie et de la Nouvelle-Calédonie, ainsi que celui d’exploiter en low-cost deux Airbus A380, ne sont pas remis en cause. Le plus gros avion de ligne dans une configuration inédite de 852 passagers est une solution pour atténuer la crise. Il offrira en effet un coût d’exploitation par siège inférieur de 30% par rapport aux autres longs courriers, ce qui permettra de faire baisser les prix.
Mais si le prix du kérosène continue d’augmenter au rythme de 14% tous les mois, « où allons-nous ? », conclut Gérard Ethève.
Manuel Marchal
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