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Les mille et une façons de porter le sari
4 août 2004

Cerise, violet, abricot, jaune ardent... Un mélange subtile d’étoffes et de couleurs. Avec ses ondulations, le sari parcourt le corps comme une caresse. Vêtement plusieurs fois millénaire, il se porte de mille et une façons, comme le dévoilent les membres du Centre culturel régional indien (CCRI).
Parure autrefois portée par les travailleuses engagées à La Réunion, le sari, sous l’impulsion de la culture dominante, s’est fait de plus en plus rare. "De nos jours, seule une quinzaine de femmes réunionnaises portent le sari au quotidien", affirme Lakshmi Moutounaick, directrice du CCRI.
Elle précise néanmoins que, depuis une quinzaine d’années, on assiste à La Réunion à un véritable désir de retrouver ses racines, de s’imprégner de cette culture d’autrefois, enfouie, mais jamais complètement morte.
Porter un sari relève de tout un art. Il faut du doigté et du talent.
Le CCRI propose depuis plusieurs mois au public une initiation au port du sari. L’occasion de découvrir qu’il existe mille et une façons de se parer de ce tissu oriental.
D’abord, à la manière traditionnelle des tamouls du Sud de l’Inde (où la soie et le coton sont très prisés), avec le pan (moundani), généralement doté d’un large bord qui se rabat sur l’épaule gauche.
Au Nord de l’Inde pour mieux exploiter la beauté du sari, le pan repose sur l’épaule droite et se rabat à l’avant.
Les femmes peuvent également choisir de se recouvrir l’épaule et le bras avec le pan (rabattu du côté gauche comme du côté droit), ce qui leur confère grâce et mystère.
Le sari se porte aussi court, comme le dhoti, une sorte de pantalon trois quart, drapé sur le devant.
Le sari porte souvent le nom de l’endroit où il est fabriqué, d’où les célèbres et coûteux saris Kanjivaram... Si, à La Réunion, le sari reste pour beaucoup une parure des grandes occasions, où la soie est de rigueur, c’est aussi sans doute à cause de son prix. Les saris importés d’Inde et de Maurice coûtent cher, très cher même.
Dans le but de rendre le sari plus accessible aux femmes, le CCRI souhaiterait établir des liens, voire une forme de collaboration avec des associations culturelles mauriciennes. Le centre, rappelons-le, a aussi pour mission l’enseignement des langues, de la musique et de la danse orientales.
Pour l’heure, si vous souhaitez vous initier à l’art du port du sari et vous plonger dans les profondeurs de l’Orient, appelez le 0262-53-18-25.
Par la même occasion, dans une ambiance d’effluves d’encens, il vous sera retracé l’itinéraire du sari, du simple morceau de fil - et un peu plus de cinq mètres plus tard - à l’étoffe chargée de broderie.
Photos Imaz Press Réunion
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