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Les abandonnés de la retraite
23 juin 2010
Sur le parvis des Droits de l’Homme à Champ-Fleuri (Saint-Denis), des personnes ont dit ce qu’elles avaient sur leur cœur hier à la mi-matinée. La maigre retraite perçue ne leur permet pas de vivre décemment. Terrible et injuste ! 40 années de travail, voire plus, pour percevoir 200, 300 euros… On est loin du seuil de pauvreté nationale fixé à 800 euros et des poussières, s’exclame l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté.
• Un agriculteur
Travailler le « dos au soleil » …
Lui a travaillé 42 ans le « dos au soleil », se souvient cet agriculteur à la retraite, pour percevoir aujourd’hui un peu plus de « 200 à 300 euros par mois » ! Cette somme est-elle suffisante pour « s’acheter à manger » et subvenir aux dépenses quotidiennes, s’interroge-t-il. La réponse est non.
• Un syndicaliste
Le « droit syndical », la « liberté de la presse »
Il a rappelé et mené différentes luttes pour l’amélioration des conditions de vie des Réunionnais. Il y va du « droit syndical » à « la liberté de la presse », etc. Il se réjouit de voir d’autres personnes s’impliquer pour améliorer le quotidien des pauvres et futurs retraités, et des personnes sans défense.
• Jean-Yves Ananelivoua
Une « lutte importante »
Le combat mené par cette alliance est, félicite-t-il, une « lutte importante » comme celle de « la Sécurité sociale ». Bénéficier d’une bonne retraite est possible à condition de créer de l’emploi et tout particulièrement à l’adresse des jeunes. Alors, « alon mèt la min ansamb ». Élémentaire.
• Fabrice
Employé pour combien de temps encore ?
Pas encore à la retraite, il doute de l’avoir un jour. Actuellement, le Bras-panonais est employé, mais pour combien de temps encore, fait-il part ? Il compte garder le droit à ses années de cotisation afin de le transmettre à un proche.
• Alex
La retraite ?
L’intérim, il connaît bien. Ce statut, réfléchit ce salarié de 45 ans, lui permettra-t-il un jour de bénéficier de la retraite ? Dans l’immédiat, aucune réponse claire et précise ne lui a été apportée de la part d’employés compétents. Voilà qui est incompréhensible et vraiment fâcheux.
• Monique Iori
La retraite des personnes qui ont travaillé des années durant pour des employeurs, sans être déclarées, a été le point fort de la présidente d’Agir pou nou tout. Sûrement aujourd’hui, certains ont une bonne retraite tandis que d’autres, non. On vous laisse deviner qui ?
• Koupèr d’kane
Inquiet pour son fils
Ce journalier agricole vit avec « 500 euros » par mois. Il commence à travailler à l’âge de 10 ans pour ensuite passer 40 années de sa vie à valoriser les champs. L’inquiète plus que tout la situation de son fils. Âgé de 40 ans, il est au chômage. « La retraite, sa in nafèr ou dor lo soir, ou pans a li domin », dit-t-il en bref.
• Un futur bénéficiaire de la pension vieillesse
Encore 34 années à travailler
Il enregistre « 18 ans de travail ». Soustrait de 62 — le prochain âge de la retraite ? —, il lui restera 34 années d’activité. Son départ à la retraite est prévu à 74 ans. Mais entre temps, on l’orientera vers la pension vieillesse, explique-t-il avec réalisme.
Textes et photos Jean-Fabrice Nativel
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