APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Médias et politique
Opération "intox" et débalonnage à R.F.O.
7 janvier 2004

Discrets, hier soir, les confrères du Barachois, sur l’opération intox menée depuis le matin avec leur concours, au sujet de l’avant-projet de loi sur la laïcité soumis pour avis au Conseil d’État !
La radio, à 18 heures, a évoqué pudiquement « un cafouillage » dans l’information reprise sur RTL et diffusée sur les ondes de Radio-Réunion à midi, suivie d’un démenti de deux ministères (Éducation nationale et Outre-Mer).
À 19 heures 30, la télévision a été plus discrète encore, reléguant le sujet en septième position - et en brève ! Après le battage fait par cette même station à la mi-journée sur la radio, le « moment de flottement » mentionné le soir à la télé dénotait plus que de la légèreté (c’est le cas de le dire) dans le traitement de l’information.
Petit rappel, à l’attention de ceux qui n’ont pas suivi tous les épisodes :
Hier matin, RTL a diffusé en France une information erronée sur l’avant-projet de loi du gouvernement sur la laïcité, actuellement examiné par le Conseil d’État. Selon la chaîne périphérique métropolitaine, ce projet de loi - dont il a été dit et redit depuis le début qu’il ne comporterait que deux articles - en aurait intégré un troisième excluant les départements d’outre-mer de l’interdiction « du port d’insignes religieux ostensibles dans les établissements scolaires publics ».
Une "bizarrerie" dans le texte de loi qui semblait aller au-devant de l’opinion largement émise outre-mer en faveur d’une plus grande tolérance, reflet des rapports sociaux vécus dans nos différents pays (Mayotte, La Réunion, Wallis et Futuna...).
L’annonce a été reprise, apparemment sans vérification, par les responsables de l’information de RFO, qui se sont laissés aller à leur péché mignon habituel : offrir une tribune à leur bateleur-tribun préféré de l’Est. Lequel se lâche en direct dans un de ses numéros triomphalistes, vaniteux et ronflants dont il a l’habitude : « Nous sommes intervenus auprès du président et du premier ministre pour que soit respecté le melting-pot réunionnais et nous avons été entendus ! » clamait-il hier midi à la télévision. Imposture et ridicule serait-elles les deux mamelles de l’info outre-mer ?
Le bateleur favori de RFO a fait - paraît-il - des pieds et des mains pour que la loi ne s’applique pas outre-mer... Quelle efficacité !
Il faut dire qu’après tous ses discours sur les « verrouillages » pour interdire les loi-péi, le sénateur de l’Est a dû paraître peu crédible dans ses demandes de reconnaissance des spécificités réunionnaises - si tant est qu’il ait réellement tenté de les faire valoir, ce qui est loin d’être son cheval de bataille favori.
Peu importe : à ce moment de la journée, il s’agissait de faire le plus de bruit possible sur la foi d’une nouvelle non vérifiée !
Devant la pluie de démentis ministériels, relayés à La Réunion par un commentaire académique, l’évidence d’une application uniforme de la loi s’est imposée. Avec, si l’on peut dire, cette circonstance aggravante soulignée par le Recteur de La Réunion : ici, cette loi ne changera rien !
Pourquoi alors l’appliquer à La Réunion ? Pour quelle utilité sociale ?
Le 12 décembre, la Région Réunion avait été la première collectivité d’outre-mer à dire son opposition aux conclusions de la commission Stasi, comme l’a rappelé hier soir le sénateur Paul Vergès, interrogé (enfin !) par RFO-Radio dans la soirée (voir encadré).
La position exprimée par le président de la Région dans la lettre du 12 décembre au président Chirac a rencontré l’approbation tacite de la très grande majorité des opinions émises à ce sujet dans l’île et dans les autres pays ultramarins.
Il eût été sage de ne pas aller frontalement contre l’opposition unanime de l’Outre-Mer à un projet inadapté. Et plus sage encore de ne pas faire semblant de l’avoir entendue.
Le résultat de cette piteuse opération, avant même que le projet de loi soit soumis aux parlementaires, réunit toutes les conditions pour hérisser les populations d’Outre-Mer.
Déjà heurtées par le contenu d’une loi inutile, celles-ci ne peuvent être que blessées par cette pantalonnade médiatico-politicienne qui, sur le fond, bafoue leur pratique de la tolérance et de l’accueil.
| Paul Vergès : « Ne pas ajouter des problèmes là où on peut les éviter » |
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| Après le démenti du ministère de l’Éducation nationale repris hier après-midi dans une dépêche AFP précisant que « le principe de laïcité (...) s’applique à tous les départements de métropole et d’outre-mer, (...) à Mayotte et Wallis et Futuna et aux autres collectivités d’outre-mer en tenant compte des règles particulières qui leur sont applicables », l’opération politico-médiatique de RFO-Réunion avait fait long feu. Loin de certaines déclarations triomphalistes, la réalité s’avérait beaucoup plus prosaïque : le texte de l’avant-projet de loi n’hésite pas à introduire dans les sociétés ultramarines une problématique et des tensions qui ne s’y manifestent pas.
Interrogé par RFO-Radio en direct de Paris à 18 heures, le sénateur Paul Vergès a estimé qu’il est toujours « possible d’exclure La Réunion » du champ de la future loi, en tenant compte de sa situation socio-culturelle très différente dans notre île. « Ou bien, la loi s’applique en principe mais pas en fait », a-t-il dit aussi en prenant l’exemple de l’Alsace-Lorraine, qui fait figure d’exception en France dans l’application des lois sur la laïcité depuis la loi de séparation entre l’Église et l’État (1905). « Trêve d’hypocrisie », a-t-il dit aussi en rappelant que l’outre-mer a attendu plus de cinquante ans l’application des lois sociales d’égalité appliquées en France : le SMIC, les allocations familiales, le revenu minimum d’insertion... ont été longtemps maintenus sous le coup de mesures d’exception, en dépit d’une loi qui était censée être la même pour les "Domiens" et les métropolitains. Rappelant que La Réunion a été « la première à dire son opposition aux conclusions de la commission Stasi », Paul Vergès a observé que « depuis, toute l’opinion s’est rangée à ce point de vue ». « Libre au gouvernement de ne pas respecter cet avis unanime... », a-t-il ajouté, avant de conclure que « la situation est suffisamment grave à La Réunion pour ne pas ajouter des problèmes là où on peut les éviter ». |
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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