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Henri Grondin, membre du collectif des 25 associations pour la baisse des prix des carburants et du gaz
17 novembre 2008, par

Né dans le quartier Vauban à Saint-Denis, Henri Grondin y milite quotidiennement. Il s’implique dans des actions de solidarité, menées notamment en faveur des SDF dans la capitale. Il participe à la bataille pour la baisse des prix des carburants et du gaz au sein d’un collectif de 25 associations qui tenait samedi une conférence de presse devant la préfecture. Il explique à ’Témoignages’ quelles sont les revendications qu’il souhaite voir progresser dans cette bataille.
Henri Grondin, le préfet a décidé lundi d’une baisse des prix des carburants de 10 centimes pour tout le monde, quelle est maintenant l’urgence ?
- La baisse de 20% du prix de la bouteille de gaz, et une baisse de 20% de celui des carburants. En effet, le gaz concerne tout le monde, rares sont ceux qui aujourd’hui cuisinent au feu de bois. Le prix du baril de pétrole continue de diminuer, et partout ailleurs, les prix des carburants et du gaz baissent. Mais à La Réunion, la baisse des prix des carburants est bien timide, et celle du gaz est nulle.
Pourquoi quand le prix du pétrole augmente, les prix du gaz et des carburants augmentent, alors que quand le prix du pétrole baisse, il faut attendre ?
A Mayotte, le préfet a baissé le prix du gazole de 30 centimes. Pour nous, cela doit être pareil. En juillet 2007, le baril était à 53 euros, et le litre de gazole à 0,97 euros ; aujourd’hui, le baril de pétrole est à 52 euros, et le gazole à 1,24 euros. Tout le monde sait qu’en 2007, les pétroliers n’ont pas travaillé à perte. Ils peuvent donc faire davantage d’efforts.
Que représente le gaz dans le budget des familles ?
- 52% de la population réunionnaise vit sous le seuil de pauvreté. Lorsque l’on a moins de 500 euros de revenus par mois, ce qui est le cas de nombreuses familles à La Réunion, et que l’on doit acheter deux bouteilles de gaz par mois, cela représente plus de 40 euros, soit une large part du budget.
Lorsqu’arrive le 20 de chaque mois, c’est un état de stress permanent dans les familles. Beaucoup n’ont plus rien, c’est le mal-être avec tous les risques de dérapage que cela peut entraîner.
Les chiffres montrent qu’il est possible d’agir tout de suite pour donner un peu de pouvoir d’achat à tout le monde, et surtout aux plus démunis. Ce geste, c’est baisser de 20% le prix du gaz.
Par ailleurs, l’accord du 10 novembre a permis aux transporteurs de bénéficier d’une baisse de 20 centimes par litre de carburant. Le prix du transport va donc baisser, et cela doit avoir automatiquement une répercussion sur les prix des marchandises vendues dans les magasins.
Quelles perspectives ouvrent cette bataille ?
- La bataille pour la baisse des prix du carburants et du gaz n’est que le début de la revendication de la baisse des prix de tous les produits de première nécessité. L’Etat peut agir. Depuis 20 ans, il n’y a plus d’octroi de mer sur ces produits, pourquoi l’Etat ne diminue-t-il pas la TVA ?
La venue prochaine de l’enseigne Leclerc à La Réunion va nous permettre de connaître précisément la différence de prix avec la Métropole. Là-bas, dans les centres Leclerc, une baguette coûte 35 centimes. Nous verrons quel sera le prix à La Réunion, et nous demanderons des explications.
J’ai été récemment à Madagascar. Au Score de Tamatave, le prix du pain est deux fois moins cher que dans la même enseigne à La Réunion. Va-t-on utiliser le même type d’argument que celui employé pour contester la comparaison entre Mayotte et La Réunion pour les carburants ? Va-t-on nous dire qu’à Madagascar, le pain est fait avec une farine de moins bonne qualité ?
De plus, alors qu’à Madagascar la cuisine au gaz est moins répandue qu’à La Réunion, le prix d’une bouteille de gaz est là-bas de 15 euros, et ici de 20,9 euros. Pourquoi cette différence ?
Plus que jamais, la transparence est nécessaire, et elle doit profiter en premier lieu à toutes celles et tous ceux qui souffrent quotidiennement de la précarité.
Propos recueillis par M.M.
Appel à la solidarité en faveur des SDF
« Le 2ème et le 5ème canton de Saint-Denis sont les secteurs où vit la plus forte concentration de SDF de La Réunion », constate Henri Grondin, « nous en avons dénombré 180 ».
Le militant associatif participe à des actions qui viennent en complément de celles de la Boutique Solidarité. Il s’implique dans la lutte avec l’association Centre-ville Est de Saint-Denis.
Il lance un appel à la solidarité en faveur des SDF. « Le 19 décembre, nous préparons une opération « arbre de Noël », notre objectif est de fournir au SDF un kit d’hygiène : brosse à dent, serviette... », précise-t-il. « A travers cette action, nous voulons contribuer à rendre leur dignité à ceux qui sont les plus exclus ».
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