24 février 2010
Beaucoup de Réunionnais qui entendent actuellement l’ancien maire de Saint-André et leader de l’UMP à La Réunion causer sur les radios et télévisions ont envie de se marrer car il s’exprime souvent en créole. Or, pendant des dizaines d’années, il avait quasiment banni cette langue de ses discours politiques et il avait même violemment combattu l’usage comme la promotion du créole.
Candidat aux élections régionales, il a même appelé sa liste "La Réunion nout fierté", alors qu’il s’est toujours opposé au développement de l’identité culturelle réunionnaise. Il a systématiquement rejeté le maloya, le moringue, la célébration du 20 Désanm, l’enseignement de notre Histoire et le respect de l’égalité entre nos cultures grâce à la MCUR.
Ce responsable politique assimilé s’est constamment opposé — comme ses collègues "de Droite" et "de Gauche" — aux communistes réunionnais et autres militants culturels qui ont lutté pou fé rèspèkt nout kiltir péi. La défense et la valorisation de la créolité réunionnaise étaient toujours traitées de « séparatistes » et d’« anti-françaises ».
Il ne faut pas oublier que ce comportement anti-réunionnais de Jean-Paul Virapoullé sur le plan identitaire et culturel allait de pair avec le combat contre l’égalité sociale entre Réunionnais et Métropolitains, contre le co-développement régional, contre la préservation de notre environnement et contre la démocratie. Au point qu’il a même collaboré avec un État raciste en échange de fric.
Et aujourd’hui que constate-t-on ? Oté ! Boug-la Ii koz kréol dann radio é dann télé ! Il ose même parler de la fierté d’être Réunionnais et d’habiter un pays comme La Réunion.
Certes, on connaît l’instabilité mentale et politique de cet élu, qui se comporte davantage comme un girouette que comme une personne porteuse de convictions et de valeurs émancipatrices pour le peuple réunionnais. Mais sa conversion à la langue créole prouve qu’une cause juste finit toujours par gagner.
L. B.
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