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Ravine Creuse, Beaufonds, Quartier Français
13 juillet 2010
Alors que nous entrons dans une nouvelle campagne sucrière, des anciens se remémorent l’époque où les usines de Ravine Creuse à Saint-André, Beaufonds à Saint-Benoît et Quartier Français à Sainte-Suzanne étaient encore actives dans l’Est de l’île.

Classée monument historique depuis le 27 juin 2002, c’est une cheminée entourée de matériels agricoles que nous retrouvons aujourd’hui à Ravine Creuse. (photo Toniox)
Le site de l’usine de Ravine Creuse à Saint-André a complètement été réhabilité en zone industrielle.
Certains bâtiments sont reconvertis en entreprises de transports, d’autres en locaux administratifs. Seule la cheminée de l’usine et quelques vestiges en ruines sont encore visibles.
Jusqu’en 1969 (date de fermeture définitive des portes de l’usine), Ravine Creuse était le point de rencontre des travailleurs de cannes à sucre. Le travail est continu du lundi matin au dimanche matin pendant la période de manipulation des cannes. Deux équipes se relaient, l’une travaillant douze heures de jour et l’autre douze heures de nuit. Cette cadence prouve combien l’usine de Ravine Creuse est importante.
Des souvenirs pleins la tête
M. Martial, ancien planteur de cannes à sucre, a connu l’usine en pleine activité et dit se souvenir encore de la foule de travailleurs sur le site comparable aux périodes de soldes dans les grandes surfaces aujourd’hui. « Dans le temps, nous n’avions pas de tracteurs pour transporter la canne jusqu’à l’usine, mais des charrettes et tout le monde était dans le chemin ».
Une ambiance conviviale
C’est avec plaisir que M. Martial se plonge dans ses souvenirs et nous raconte combien l’ambiance était bonne à Ravine Creuse. « On ne parlait pas d’entreprise, mais d’une famille d’ouvriers qui cohabitaient ensemble ». La présence de temples hindous à proximité du site témoigne encore de la grande quantité d’Indiens qui travaillaient à l’usine. Cependant, c’est avec difficulté que l’on peut comprendre le passé du site et cela ne va pas en s’arrangeant…
Une mémoire qui tend à disparaître
La mémoire de ces usines se dissout au fur et à mesure dans un paysage d’industrie moderne. L’ancienne usine de Quartier Français est aujourd’hui cachée dans les fougères, et celle de Beaufonds, fermée en 1996, n’est plus qu’un tas de ruine. « Dans 15/20 ans, les constructions urbaines prendront la place de nos champs de cannes, il n’y aura plus d’usines… », affirme M. Martial.
Marine Martin
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