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Etats-généraux : contribution du Parti communiste réunionnais
19 juin 2009
Les propositions économiques, sociales et politiques du Parti communiste réunionnais, pour créer les conditions du développement endogène, ont été présentées hier à la presse par Émilie Assati, Ary Yee Chong Tchi Kan, Risham Badroudine et Julie Pontalba.
Depuis les élections européennes, le déroulement des États généraux s’accélère. Cette concertation lancée par le gouvernement a pour objectif de recueillir des propositions afin de faire évoluer un modèle à bout de souffle, dont les limites apparaissent clairement avec l’impact de la crise mondiale.
Le Parti communiste réunionnais (PCR) veut participer à la totalité des ateliers des États généraux, et hier, le Parti présentait à la presse sa contribution à l’atelier 2, "Développement endogène et productions locales".
Risham Badroudine, économiste, note que la production se conçoit sur un plan matériel et immatériel. Ces deux volets peuvent s’articuler autour de deux axes : l’autosuffisance alimentaire et l’autonomie énergétique.
Des progrès ont déjà été accomplis pour diminuer nos importations dans l’alimentation. Mais comment aller plus loin ?
Le PCR fait part de plusieurs propositions pour élargir le marché réunionnais accessible aux produits locaux. Cela peut par exemple être un accès prioritaire de la production locale à la restauration collective dans les administrations. Une proposition qui nécessiterait une dérogation au code des marchés publics.
Risham Badroudine avance également quelques pistes pour faire baisser les coûts de production : fabriquer localement l’engrais à partir de la biomasse, et favoriser l’innovation. Quant à la canne à sucre, il constate que l’OMC met la pression sur l’Europe pour qu’elle supprime les subventions après 2014. La mondialisation est libérale, et elle met à mal les protectionnismes.
Sur l’autonomie énergétique, le Parti communiste réunionnais rappelle tous les progrès accomplis depuis le lancement du mot d’ordre d’autonomie énergétique voici 10 ans par le président de la Région. Dans un contexte de fort accroissement démographique, 37% de notre consommation électrique est assurée par les énergies renouvelables, et La Réunion va vers les 100.000 chauffe-eau solaires, souligne le PCR.
Avec le tram-train, la diffusion des voitures électriques et l’objectif d’autonomie énergétique en 2025, la perspective est la fin de la facture pétrolière, part très importante de nos importations.
Autosuffisance alimentaire et autonomie énergétique sont les fondations d’une nouvelle économie s’appuyant notamment sur les TIC, c’est l’économie de la connaissance. Cette dernière s’appuie sur une jeunesse intégralement scolarisée. Pour gagner ce pari, il est essentiel de créer les conditions pour que ces jeunes puissent accéder à l’emploi à La Réunion. Or, 114.000 Réunionnais sont privés de travail, et notre île a le taux de chômage le plus important d’Europe.
Relever ce défi, c’est l’objet des propositions pour l’emploi présentées hier par Julie Pontalba, enseignante et titulaire d’une maîtrise de mathématiques.
Elle souligne que l’emploi ne peut être dissocié du développement endogène : « Qui dit développement local dit production locale, consommation de produits locaux et donc emploi ». Une condition essentielle du développement endogène est donc l’embauche locale, à compétence égale. L’administration et le secteur privé doivent faire des efforts dans ce sens, explique-t-elle. Julie Pontalba rappelle que devant la préfecture luttent des jeunes qui ont une revendication : ils veulent travailler. Les assistants d’éducation illustrent le vivier de main d’œuvre à La Réunion. Ce sont des Réunionnais qui ne demandent qu’à travailler.
Créer des emplois, c’est par exemple développer des secteurs qui valorisent nos atouts, comme la biodiversité ou les énergies renouvelables. Mais c’est également tenir compte de la pénurie d’emploi dans les recrutements dans la fonction publique. « Chaque année, l’État paie des personnes pour qu’elles déménagent à La Réunion », précise Julie Pontalba. Pourquoi pas ne pas proposer un moratoire afin d’élargir l’accès des Réunionnais à la fonction publique, poursuit-elle, soulignant que dans les États généraux, « aucune question n’est taboue ».
Changements économiques et sociaux ne peuvent se faire sans de nouvelles conditions politiques. C’est l’aspect développé par Émilie Assati, diplômée de Sciences Po et cadres du groupe Alliance au Conseil général. Ces conditions politiques, c’est « une nouvelle façon de penser la société ».
Cette nouvelle vision s’inscrit dans le co-développement avec les pays de notre région, notamment pour valoriser les immenses richesses de l’océan que nous partageons. Émilie Assati cite l’exemple de la gestion des espaces maritimes qui entourent notre île. Pourquoi leur gestion ne revient-elle pas aux Réunionnais.
La question des APE amènera forcément les Réunionnais à renforcer leurs liens avec leurs voisins immédiats. Mais comment ces accords prendront en compte notre contexte particulier, et nos relations de co-développement que nous souhaitons construire dans notre région ? Autrement dit, « le lieu de décision doit-il être Paris, Bruxelles ? Ou bien on fait confiance au Réunionnais », précise Ary Yee Chong Tchi Kan. C’est sur cet appel à la responsabilité des Réunionnais que se conclut cette présentation.
Manuel Marchal
La délégation du Parti communiste réunionnais qui a rencontré les journalistes est partie ensuite rencontrée les assistants d’éducation qui manifestent devant la préfecture. Un moment d’échange placé sous le signe de la résistance, en ce 18 juin.
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