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ARAST
15 mai 2010
Décidément, les patrons-voyous et leurs soutiens politiques trouvent à La Réunion des alliés qui doivent parfois les étonner eux-mêmes. Commentant les derniers développements du drame social de l’ARAST, Vanessa Miranville a stigmatisé l’arrêt rendu le 11 mai dernier par les prud’hommes. Pourtant, cette décision montre encore une fois la manipulation politique dont les travailleurs sont les victimes. Dans quel camp est aujourd’hui Vanessa Miranville ?

Vanessa Miranville soutient la nouvelle direction du Conseil régional, l’affaire de l’échange des numéros de téléphone avec Daniel Gonthier (Objectif Réunion) devant les caméras lors de la soirée électorale du second tour des élections régionales sur RFO n’était donc pas un simple accident de parcours. (photo Imaz Press Réunion)
Par sa décision du 11 mai dernier, le tribunal paritaire de Saint-Denis s’est déclaré incompétent pour se prononcer sur l’intégration au Conseil général des anciens salariés de l’association en faillite.
Selon la porte-parole d’Europe Ecologie Réunion, la décision des prud’hommes traduit rien moins que « la faillite de notre système politique et juridique », stigmatisant les « politiques sans cœur » et attaquant la majorité en place au Conseil général.
« Politiques sans cœur »
Pourtant, cette déclaration d’incompétence était attendue par la plupart des observateurs, qui n’ignorent pas qu’en faisant miroiter le statut de fonctionnaire aux anciens salariés, Valérie Bénard, porte-parole omniprésente, emmène délibérément ces derniers vers une impasse.
Une manœuvre qui, rappelons-le, vise un triple objectif : escamoter le rôle des anciens dirigeants de l’ARAST dans l’écroulement de l’Association, éviter à un assureur — l’AGS — de débourser les indemnités dues aux travailleurs licenciés, et déstabiliser la majorité qui dirige le Conseil général.
Les salariés de l’ARAST spoliés avec l’appui de l’UMP
Cette ligne de classe fort claire, qui couvre les intérêts de chefs d’entreprises et d’un assureur abondé par des fonds patronaux est depuis le début orchestrée par l’UMP sous étiquette Objectif Réunion… c’est-à-dire par Didier Robert.
Si elle n’était pas immédiatement apparente au départ de la crise, la collusion entre Didier Robert et Valérie Bénard est devenue évidente depuis que cette dernière, entrée directement à la 4ème place sur la liste de l’UMP lors du dernier scrutin régional, est devenue vice-présidente de la Région Réunion.
Vanessa Miranville vire à droite
De manière croissante, les anciens salariés de l’ARAST perçoivent la manipulation. Un nombre conséquent d’entre eux n’ont pas attendu le verdict des Prud’hommes pour se tourner vers l’AGS, qui refuse toujours de régler les indemnités qu’elle doit aux victimes de la faillite.
Dirigeante réunionnaise d’un mouvement qui revendique son appartenance au camp du progrès au niveau national, Vanessa Miranville a pourtant choisi un camp opposé : celui d’un assureur mauvais payeur, soutenu par le pouvoir sarkozyste pour dépouiller les employés victimes d’une faillite annoncée. En « couvrant » à son tour l’assureur, en emboîtant le pas à une vice-présidente UMP qui multiplie les diversions pour détourner les travailleurs de l’AGS, la porte-parole d’Europe Ecologie se retrouve aujourd’hui sur la même ligne que la droite de casse sociale qui est au pouvoir à la Région Réunion.
Geoffroy Géraud-Legros
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