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André Oraison
15 juin 2006
Le professeur André Oraison à qui nous avons souvent ouvert les pages de notre journal pour exposer ce combat juridique de David contre Goliath, a tenu mardi soir une conférence sur tout l’historique de cette lutte.
La question est, à la fois pour André Oraison, "un problème géostratégique américain, un contentieux anglo-mauricien et un drame humain."
Ultime colonie britannique
Le litige commence avec la création du Territoire Britannique de l’Océan Indien le 8 novembre 1965, lui-même décidé par un accord secret avec les États-Unis engageant la création d’une base militaire américaine sur un territoire anglais, avec un adage : “no people no problem”. La population est alors catholique, créole, analphabète ; ils sont 1400 personnes, 426 familles qui vivent de manière autarcique, d’agriculture, d’élevage, de pêche. Diego Garcia fait 45 km2, 25 km de long et comporte un lagon interne profond idéal pour l’armada américaine ; le 24 octobre 1972 un centre de communication naval américain s’installe et devient en 1976, le 26 janvier, une base militaire sans cesse renforcée, modernisée et qui aujourd’hui contrôle tout l’Océan Indien.
Honteuse déportation
De 1967 à 1973, ils vont être déportés vers Maurice et les Seychelles.
Le peuple chagossien, sacrifié sur l’autel de l’indépendance de Maurice, forme en 1983 un Groupe de Réfugiés et fait connaître sa revendication : l’obtention de la nationalité britannique, obtenue le 21 mai 2002, et le droit de retourner vivre dans son île natale, soit l’abrogation de l’ordonnance du 16 avril 1971. De nouveau confirmée ce 10 mai.
Départ des Américains ?
Diego Garcia reste pourtant toujours une concession aux mains des Américains. Cette base est à la source d’une militarisation croissante dans l’océan indien, zone de convoitise depuis la guerre froide. Si aujourd’hui il n’y a plus de logique Est-Ouest, reste Diego Garcia. En 2016, c’est la fin théorique de la concession accordée aux Américains.
Francky Lauret
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