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12 juillet 2006
"bien derisoire en effet le carton rouge de zizou je suis d’accord bisous simone"... Simone Biedinger m’a fait hier l’amitié de ce S.M.S..
Avec une “flopée” d’éducateurs de foot rencontrés ce mardi à l’heure du déjeuner dans un restaurant de Champ Borne, on en a aussi discuté. L’avis est quasi unanime : les terrains de foot ne doivent pas devenir le lieu où on se croirait permis de balancer à son adversaire - et un jour, pourquoi pas, à un partenaire auquel on aurait à reprocher une passe ou un tir ratés - les insultes lâches et racistes, sûr que l’on est que la personne visée et atteinte est condamnée à ne pas réagir : c’est que l’arbitre, qui peut n’avoir pas entendu, ne pourra pas dire qu’il n’a point vu.
Dans la presse, là aussi, l’écœurante provocation de l’Italien Marco Materezzi est très largement condamnée. Et comment ne pas approuver le propos de Bruno Testa qui souligne, dans son “billet doux” du “JIR” d’hier : "Que le geste (de Zinedine Zidane) soit sportivement bête, on l’admet volontiers, puisqu’il pénalise non seulement l’intéressé mais l’équipe. Est-il pour autant immoral ? C’est une autre affaire".
Et quand Testa écrit que "comme les héros de la mythologie gréco-latine, Zidane a montré dimanche qu’il n’était pas une mécanique, ni une icône, qu’il était un guerrier, avec les faiblesses du guerrier : le sens de l’honneur...", nous nous souvenons que, dans le même temps, ici même, nous l’avions dit à Zizou : "On t’avait fait Dieu. Tu n’es fait que de chair et de sentiments. On avait oublié que tu es seulement un homme, un homme qui réagit aux propos et à la lâcheté des insultes racistes..."
Voilà pourquoi, oui voilà pourquoi nous saluons Zinedine Zidane pour avoir osé, un soir de finale de Mondial à Berlin, affirmer devant le monde entier, comme il pouvait et comme il le fallait, que dans ce grand village qu’on appelle la Terre, nous sommes tous frères, tous égaux et que certaines valeurs méritent qu’on les défende, fusse au prix d’un carton rouge donné au nom de la règle du jeu, mais particulièrement dérisoire pour la circonstance.
R. Lauret
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