APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Quand ceux qui détiennent toutes les informations parlent de manque de transparence
3 octobre 2009, par

15% de taux de rentabilité : c’est l’annonce faite hier par les importateurs d’hydrocarbures à La Réunion dans une page de publicité publiée dans deux des trois quotidiens de La Réunion. C’est beaucoup plus que l’augmentation du revenu des Réunionnais sur une année. Mais ce n’est pas assez pour ces compagnies pétrolières, qui brandissent le chantage à l’emploi.
Hier, les compagnies pétrolières opérant à La Réunion ont décidé par voie de presse de contester les données de l’Inspection Générale des Finances et de l’Autorité de la concurrence. Elles ont donc décidé de se payer une page de publicité dans le "JIR" et "Le Quotidien".
Ils affirment que le taux de rentabilité estimé par l’Inspection générale des finances n’est pas de 39%, mais de 15%. « Il est très inquiétant de voir que l’État décide d’une diminution de 3 à 4 centimes/litre de la marge de gros, soit 40% de la marge distributeur, sur la base de chiffres inexacts obtenus à partir d’une formule de calcul mystérieuse », ajoutent les pétroliers. Ceci amène quelques commentaires.
Tout d’abord, si cette affirmation est vraie, cela veut donc dire que même une mission de l’Inspection des finances n’a pas pu avoir accès aux informations nécessaires à la transparence la plus totale. Si les pétroliers disent que leur taux de rentabilité est de 15% et non pas 39%, c’est qu’ils doivent avoir des informations en leur possession leur permettant de corroborer cette hypothèse. C’est donc le moment ou jamais de tout mettre sur la table, l’opinion ne peut plus désormais comprendre toute prolongation de cette rétention d’information. Nul doute que les pétroliers ont en leur possession toutes les données qui permettent de bâtir une « formule de calcul » dénuée de tout mystère, à partir de laquelle le préfet prend la décision de fixer les prix.
Ceci étant, 15% est un taux de rentabilité nettement supérieur à l’évolution des revenus de la population. 52% des Réunionnais vit en dessous du seuil de pauvreté, mais 100% des déplacements de personnes et de marchandises s’effectuent avec des véhicules qui fonctionnent avec un carburant vendu par les pétroliers. Mis à part les pétroliers, quels sont alors les Réunionnais qui peuvent prétendre affirmer que leurs revenus augmentent de 15% en une année ?
Et pour préserver ces 15%, les pétroliers sont prêts à brandir le chantage à l’emploi. Il n’est pas question qu’ils diminuent leur marge, ce qui signifie que toute baisse de la marge sera répercutée sur les gérants, ce qui poussera ces derniers à licencier. C’est ce que les pétroliers appellent « la réduction des coûts ».
Voilà la méthode décrite par ceux qui se présentent comme « de véritables partenaires de l’économie locale, prêts à formuler toute proposition allant dans le sens de l’intérêt général ».
M.M.
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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