Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
De 13 à 2 usines sucrières
31 mai 2010, par

La décision de supprimer le chemin de fer allait être lourde de conséquences dans de nombreux domaines. C’est le signal de la désindustrialisation de La Réunion. Depuis la fin du train, la quasi-totalité des usines sucrière ont disparu, et ce qui reste de cette industrie n’appartient plus à des usiniers réunionnais.
Quand le chemin de fer est supprimé, c’est le début de la désindustrialisation de La Réunion. Dans le sillage de cette décision est lancée la restructuration de la filière canne. Marquée par les accords de 1969 qui permettent la séparation du capital foncier du capital industriels, ces accords accélèrent les changements. Si d’un côté le planteur est dépossédé de tous les produits de la canne sauf le sucre, l’usinier peut se diversifier dans d’autres secteurs. Il va également augmenter considérablement la productivité de l’industrie.
Les différents "Plans de modernisation" de l’industrie sucrière soutenus par des fonds publics engagés par l’État et les Accords de 1969 ont amené à la concentration de l’industrie sucrière dans deux usines. Elles étaient 13 dans les années 60. Quatre ferment entre 1967 et 1977, cinq durant la décennie suivante puis encore deux entre 1987 et 1997. Les fermeture de Grands-Bois en 1991 et Beaufonds en 1996 ont marqué la fin de ce cycle. C’est à partir de là que quelques années plus tard, le capital industriel restant a été progressivement transféré dans les mains d’intérêts extérieurs à La Réunion.
En 2001, le Groupe Bourbon vend ses dernières parts dans l’industrie sucrière à une coopérative de planteurs de betteraves. Devenue Téréos, cette coopérative rachète 9 ans plus tard le reste de l’industrie sucrière réunionnaise.
Voici comment en 40 ans, une industrie est passée sous la coupe d’une société, Téréos Internacional, dont le siège social se situe au Brésil.
- 1957, 13 usines : Le Gol, Pierrefonds, Casernes, Rivière du Mat, Ravine Creuse, Beaufonds, Quartier-Français, Vue Belle, La Mare, Grands-Bois, Savanna, Stella, Bois-Rouge.
- 1967, 13 usines : Le Gol, Pierrefonds, Casernes, Rivière du Mat, Ravine Creuse, Beaufonds, Quartier-Français, Vue Belle, La Mare, Grands-Bois, Savanna, Stella, Bois-Rouge.
- 1977, 9 usines : Le Gol, Rivière du Mat, Beaufonds, La Mare, Grands-Bois, Savanna, Stella, Quartier Français, Bois-Rouge.
- 1987, 4 usines : Le Gol, Beaufonds, Grands-Bois, Bois-Rouge.
- 1997, 2 usines : Le Gol, Bois-Rouge, détenues par des intérêts réunionnais.
- 2001, 2 usines : Le Gol (propriété d’un usinier réunionnais), Bois-Rouge (détenue majoritairement par des planteurs de betteraves).
- 2010, 2 usines : Le Gol et Bois-Rouge (détenues majoritairement par des planteurs de betteraves).
Manuel Marchal
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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