Culture et identité

A l’OMS : Saloum, danseurs sénégalais

Festival International du Film d’Afrique et des Iles

Témoignages.re / 9 octobre 2008

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Pendant la durée du Fifai et jusqu’à la fin du mois, une exposition de photos de Jack Beng-Thi occupe l’espace culturel de l’OMS.
(photo PD)

Pendant la durée du Fifai et jusqu’à la fin du mois, une exposition de photos de Jack Beng-Thi (noir et blanc, couleurs) occupe l’espace culturel de l’OMS dédié à Françoise Mollard. « Cet espace accueille tous les mois les œuvres d’un artiste, connu ou inconnu », précise Zalhata Halima, vice-présidente de l’OMS du Port.
En ce moment, avec la fenêtre ouverte sur l’Afrique par le FIFAI, l’espace Françoise Mollard présente un aperçu de la culture du combat pratiquée par les Sérères, l’ethnie sénégalaise d’où était issu le grand Léopold Sedar Senghor, dans le pays Saloum, au sud de Dakar.
« Léopold Sedar Senghor s’est éteint un 20 décembre, une date qui nous parle beaucoup, à nous Réunionnais. Et il se trouve que j’étais au Sénégal, en 2003, pour le deuxième anniversaire de sa mort et j’ai voulu faire ce travail - qui rejoint ce que je fais depuis longtemps sur le corps humain - en hommage au peuple Sérère », a dit Jack Beng-Thi en présentant ses photos, pour l’ouverture du Festival.
On y retrouve l’œil du sculpteur, dans les mouvements des corps des lutteurs saisis par l’objectif. La lutte est un élément essentiel de la culture de ce groupe, et les hommes la pratiquent tous les jours juste avant le coucher du soleil, sur la plage.
Le sculpteur a été attentif « à une Afrique qu’on ne voit jamais ». Il en rapporte des images qui sont tout sauf des “clichés”, et d’où émane un souffle, une force et une belle vitalité. Jack Beng-Thi raconte comment il est entré progressivement en contact avec le peuple, en particulier avec une association de femmes héritières d’un rituel autour d’un baobab : ses photos raconte, entre autres, l’histoire de cette approche.
A découvrir à l’OMS, rue de Saint-Paul.

P. D 


Dans le périmètre du Festival

Regards en vis-à-vis

Dans la rue piétonne qui longe la mairie, à deux pas du cinéma Casino “réanimé” le temps du Festival, deux expositions se côtoient, deux regards sur deux “rivages” du canal du Mozambique. L’une nous parle du pays d’origine d’un étudiant des Beaux-Arts et l’autre, de l’archipel des Comores.

"Uhuru", la liberté d’un archipel

Ezidine Saïd Hassane vit à La Réunion depuis 2005. Il a déjà montré quelques-unes de ses photographies à l’Université. Dans le cadre de ce Festival, associé à Yakina Mohamed et Mohamed Saïd Ouma, il expose sa vision de l’archipel, très inspirée par l’œuvre politique, brève mais forte, d’Ali Soïhili, dont un court-métrage, diffusé en parallèle jusqu’au 12 octobre, rappelle l’action qu’il a impulsée et le germe de liberté qu’il a semé dans ce pays, avant d’être renversé et assassiné par les mercenaires de Bob Denard. “Uhuru” signifie en swahili “liberté’, “indépendance” et c’est cette atmosphère, cette aspiration que les photos de "Uhuru" transmettent.

Le boulanger de Maputo

Il n’est certainement pas le seul boulanger de Maputo, ce jeune Mozambicain à la toque bien ajustée, que Félix Mula a photographié devant son four à pain, dans le quartier qui les a vu grandir tous deux.
Elève en 3e année à l’Ecole des Beaux-Arts au Port qu’il a rejoint l’année dernière, Félix Mula expose pour la première fois les photographies de sa ville d’origine, Maputo. Des instantanés d’une grande fraîcheur, d’où émergent plusieurs portraits très attachants.
A voir jusqu’à dimanche, dans le mail piéton près de la mairie.

P. D