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2070 : vers la fin de l’espèce humaine ?

Julie Pontalba / 17 février 2021

Ce n’est pas une question métaphysique mais bien une réalité scientifique. Depuis plusieurs années, la quantité et la qualité des spermatozoïdes diminuent de manière inquiétante, chez l’homme occidental. La communauté scientifique tire la sonnette d’alarme, mais le degré de conscience sur ce problème reste très bas. D’où la question : allons-nous vers le déclin programmé de l’Homme ?

Des chiffres qui se confirment d’année en année

Une importante étude, réalisée entre 1973 et 2011, sur des hommes des pays occidentaux (Europes, États Unis, Australie), a montré que la quantité de spermatozoïdes a diminué de plus de 50% en 40 ans ! D’environ 99 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme dans les années 70, on descend à 47 millions dans les années 2010. La qualité aussi est en cause. Cette vaste étude a été rendue publique en 2017.

En juillet 2018, Santé Publique France, sort son rapport concernant la France dans les termes suivants : « Les résultats reflètent une altération globale de la santé reproductive masculine en France, cohérente avec la littérature internationale ». Pour les français la diminution de spermatozoïdes atteint quasiment 53%. . Enfin, l’année dernière deux professionnels de santé, Brigitte-Fanny Cohen et Stéphane Droupy (urologue, chef de service, spécialiste de l’infertilité) ont publié l’ouvrage « Demain, tous infertiles ? » (First Editions, 2020.) dans lequel ils lancent l’alerte sur cette situation extrêmement grave et urgente.

Les chiffres dans les pays en voie de développement sont à l’heure actuelle peu ou pas connus, et en Occident seule la Finlande fait exception.

Le modèle occidental en cause

Aucune étude réelle n’a été réalisée sur les causes de ce phénomène, mais quelques-unes sont néanmoins citées. Au banc des accusés, on retrouve toujours les mêmes : l’alimentation, la pollution, le tabac, l’obésité, le stress, l’alcool et puis, surtout, dans le cas présent les perturbateurs endocriniens (gel douche, parfums, insecticides, ...). Pour tenter d’enrayer ce phénomène, on doit donc faire attention à l’alimentation : mieux manger, consommer du « bio » le plus souvent possible et plus d’Oméga 3 (poisson, huile de lin, huile de colza, ...). Faire du sport aussi, avoir une hygiène de vie plus en adéquation avec la santé.

Cependant, il nous sera difficile de lutter seul contre la pollution de l’air et le stress imposé par le rythme effréné de la société. Il nous sera difficile aussi de nous débarrasser de toutes ces choses qui participent à notre confort quotidien ( crème corporelle, déodorant, ...).
N’est-ce pas le modèle occidental qu’il faut remettre en cause ?

Conséquence catastrophique pour l’Humanité

Si cette tendance ne joue pas véritablement sur la composition actuelle des familles, elle inquiète sur le moyen-long terme.

D’abord en ce qui concerne la qualité des spermatozoïdes qui affecte la santé de l’enfant à venir et de sa descendance. Ensuite, concernant la quantité. Si nous restons sur la courbe d’évolution, cela signifierait qu’en 2070, soit dans 50 ans, il n’y aura plus de production de spermatozoïde avec comme conséquence directe, la fin de la reproduction chez l’Homme, du moins naturellement.

Une perspective pessimiste et inquiétante.