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La faim et la dette, les deux armes du néo capitalisme

David Gauvin / 15 décembre 2020

« Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde, à la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Deux armes de destruction massive sont à l’œuvre : la dette et la faim. Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté » Jean Ziegler dans l’empire de la honte.

La dette


Avec une année de crise ayant ébranlé toutes nos certitudes, il y a ceux qui perdent qui sont nombreux, mais ceux qui gagnent qui sont toujours les mêmes. Les gagnants sont toujours la finances mondialisées et les multinationales apatrides.

Mais, alors que l’Union Européenne décide d’un fond de relance de 750 Milliards d’euros, aucune contribution n’est décidée. C’est en fait une autorisation d’emprunter au nom de l’Union Européenne en plus des emprunt au nom des Etats. Pendant ce temps la taxe sur les transaction financières dit » taxe Tobin » dont le rendement est estimée à 200 milliards d’euros par an est toujours bloquée par le gouvernement Macron. Au lieu de relancer l’économie en taxant la finance, on se soumet encore plus à la finance par l’emprunt.

Les mécanismes sont connus, les emprunts sont fait à taux préférentiels mais soumis au cours du marché. Et une fois que les marchés ont besoins de redistribué encore plus de dividende aux actionnaires, les cours augmentent et peuvent provoquer la faillite des Etats. Le marché de la dette souveraine est un marché comme un autre. La dette s’échange et peut atterrir dans un fond vautour qui peut décider de mettre à genoux un Etat, comme l’Argentine récemment. Et pour se payer ils peuvent geler les avoirs étranger des dît Etat.
Encore une fois les Etats s’autosoumettent à la finance et se placent sous le contrôle de la dette.

La faim


La faim quant à elle est issu d’un mécanisme plus subtil. Comme tout ce qui s’échangent les matières premières sont soumises au marché. Avant d’être exploitées par les industriels sous forme de produits finis ou semi-finis, les matières premières comme les produits agricoles (blé, soja, etc.), les métaux (or, argent, etc.) et les énergies (pétrole, etc.) s’échangent sur les marchés financiers. Physiquement, le marché des matières premières est entièrement dématérialisé. Chicago Board of trade, (blé, riz brut, avoine, soja, etc.), New York Mercantile exchange (Cacao, Café, Sucre, Jus d’orange, Coton, etc.), London Bullion Exchange (or, argent) : les matières premières sont cotées sur de nombreuses places financières, dont Paris où s’échangent par exemple des contrats sur le blé, le maïs, le colza, les carcasses de porc, etc.
Dans la théorie libérale, l’offre et la demande s’autorégule par le prix. Mais quand on soumet les matières premières à la spéculation, on peut s’attendre à la création de bulle spéculative ou le profit à très court terme remplace le but premier de l’agriculture qui est de nourrir le peuple et de permettre au producteur de gagner sa vie. De plus les cultures qui rapportent des devises peuvent être privilégiées à celle nourrissant les hommes.
Ce modèle en plus de ne pas permettre de nourrir tout le monde, ne permet même pas au producteur de gagner sa vie.

La faim et la dette ne sont pas des fatalités mais des armes du néocapitalisme.
L’union Européenne se soumet au marché financier au lieu de le taxer. Ce mécanisme a comme conséquence de nationaliser les pertes et de privatiser les profits.
La terre peut nourrir 12 milliards d’humain, alors que nous sommes 6 milliards mais la faim touche 1 humain sur 3. Notons quand même que malgré la crise profonde que l’on vit, les marchés financiers ne se sont jamais si bien porté.
Aujourd’hui, il n’est plus l’heure de dire qu’un autre monde est possible. Il est temps de le construire ce monde nouveau, solidaire, multilatéral, respectant les peuples et permettant d’éradiquer la faim.

David Gauvin