APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Victoire des femmes en Iran
13 septembre 2008

7 septembre 2008. Un projet de loi facilitant la polygamie a finalement été annulé en Iran. Cette réforme de l’actuel Code de la famille, présentée au début de l’été par plusieurs députés ultraconservateurs, prévoyait de légaliser la possibilité pour un homme de choisir une seconde épouse (et d’autres) sans le consentement de la première.
La polygamie n’est pas interdite en Iran, explique la journaliste Delphine Minoui (1), mais elle n’est pas très répandue. Le mari a actuellement l’obligation d’obtenir le consentement de sa première femme pour en épouser une seconde.
Le projet de loi prévoyait comme seule condition pour le mari qu’il puisse prouver qu’il pouvait entretenir ses épouses et les traiter de manière équitable.
La réforme prévoyait également la possibilité pour le mari de contracter un "sighé", ou mariage temporaire, sans le consentement de sa première épouse, autrement dit de prendre une maîtresse en toute légalité. On sait qu’à l’inverse, une femme accusée d’adultère est passible de la peine de mort.
Les réactions ont été vives : pétitions sur Internet, campagnes de sensibilisation auprès des organisations internationales... Elles auraient amené les ayatollahs réformistes de la ville sainte de Qom à prendre la défense des femmes. A Téhéran, l’ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi, le chef du pouvoir judiciaire, en vint alors à émettre quelques réserves sur ce projet de réforme du Code familial, que son bureau avait pourtant initié.
Mais les députés conservateurs tenaient tête. Face à leur fermeté, plusieurs centaines de femmes ont manifesté, le 29 août, devant le Parlement iranien. Deux jours plus tard, l’avocate Shirin Ebadi, la poétesse Simin Behbahani et plusieurs militantes féministes ont été reçues par les parlementaires qui finalement ont cédé à la pression en suspendant le projet.
« Nous devons rester vigilantes », tempère néanmoins Farnaz Seyfi, actuellement en Hollande, qui y voit une « victoire en demi-teinte ». Le projet pourrait, dit-elle, ressurgir à tout moment. L’annonce de son annulation temporaire, en début de semaine, a également été ternie par une autre nouvelle, inquiétante : celle de la condamnation à six mois de prison de quatre militantes - Mariam Hossein-khah, Nahid Keshavarz, Jelveh Javaheri et Parvin Ardalan -, impliquées dans la campagne "Un million de signatures pour la parité entre hommes et femmes".
(1) Spécialisée dans l’actualité de l’Iran et de sa région depuis 1997, auteur des "Pintades à Téhéran : chroniques de la vie des Iraniennes", éditions Jacob-Duvernet, 2007.
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